Notre chroniqueur Gianni Savio évoque l’actualité cycliste sans langue de bois, comme toujours… – Photo Tim De Waele
22 mai 2014

Gianni Savio : « Pas d’ordres à recevoir, ni à accepter »

Cela fait partie du jeu

La stratégie du jour était de placer coûte que coûte un coureur dans l’échappée. En réalité, nous savions que si l’échappée partait rapidement, avec des homme assez éloignés du maillot rose au général, elle avait toutes les chances d’aller au bout, d’autant plus sur un parcours de 250 kilomètres avec des difficultés. Mais malheureusement pour nous, Jackson Rodriguez a chuté, Diego Rosa a eu des problèmes, tout comme Manuel Belletti. Nous avions tous raté l’échappée alors que nous étions présent dans chacune d’entre elles depuis le départ de l’Irlande. J’ai alors décidé d’annoncer à mes coureurs que nous devions travailler et combler l’écart. Notre philosophie se base avant tout sur une valeur qui me tient à cœur, c’est d’honorer la course. On a donc voulu être protagoniste de la journée, et ne pas être anonyme tout au long de l’étape. Nos coureurs ont vraiment fait un beau travail, et on a réduit de cinq minutes l’avantage que possédait l’échappée.

Une chute est alors survenue, et on a ralenti, tout en gardant une allure régulière en tête de peloton. Une fois qu’on s’est aperçu que personne n’était vraiment touché, on est reparti dans notre quête. Cadel Evans est venu nous parler, comme quoi il n’était pas d’accord, qu’il voulait que l’échappée aille au bout. Mais cela n’a rien changé dans ma décision, et à travers la radio, je n’ai pas changé mon discours. On fait notre course, et je n’ai pas d’ordres à accepter et à recevoir de quiconque. BMC ou d’autres équipes n’ont pas à venir nous dire de ne pas rouler. Nous voulions également faire la course et contribuer au final, et Franco Pellizotti qui se sentait bien est passé à l’attaque dans le Naso di Gatto, et est passé en troisième position au sommet. Cela fait partie du jeu, même si ils ont été repris. Selon moi, nous avons interprété avec professionnalisme la course d’aujourd’hui.

Au sujet du classement général, je ne m’étalerai pas beaucoup dessus, puisque le Giro est toujours une course très incertaine et le premier week-end montagneux n’a pas été très riche en enseignements. Toutefois, je pense qu’il est trop tôt pour émettre un jugement définitif, et pour pouvoir dire qui est le vrai favori qui se dégage. Au début, je pensais surtout à Nairo Quintana et à Joaquim Rodriguez, mais ce dernier à chuté, et abandonné. Cadel Evans est en train de démontrer progressivement que la condition que nous avons vue au Tour du Trentin était vraiment annonciatrice, et il semble très en forme. Dès jeudi soir, on pourra faire un premier point important sur le classement général, et je vois bien Evans prendre un avantage supplémentaire sur Quintana. Mais la dernière semaine est extrêmement garnie en cols de haute montagne, comme le Gavia et le Stelvio. J’espère de tout cœur que nous pourrons disputer cette étape que nous aurions déjà du réaliser l’an dernier, et les écarts seront très importants. Tout est encore à faire.

Bouhanni est très fort

En ce qui concerne les sprints de ce Tour d’Italie, Nacer Bouhanni va sans doute ramener le maillot rouge à Trieste. Je vois le coureur de la FDJ.fr comme le meilleur sprinter du peloton présent, ses sprints ont tous été parfaits. En plus d’une vitesse remarquable, il a démontré toute sa puissance et son intelligence. Nizzolo, qui n’est quand même pas n’importe qui, allait remporter l’étape de Salsomaggiore mais tactiquement, ce Bouhanni est très fort puisqu’il a réussi à le dépasser à seulement 50 mètres de la ligne. Quand aux quelques critiques concernant les finals d’étapes jugés dangereux, c’est un peu le même problème dans la plupart des pays, on essaye de réduire les risques, en concertation avec l’équipe organisatrice, mais cela fait quand même partie de l’essence pure d’un sprint.

Au niveau de mon équipe Androni Giocattoli, nous sommes toujours confiants, et je crois encore fermement à l’objectif fixé pour notre leader, Franco Pellizotti. Nous sommes bien évidemment aussi à la recherche d’une victoire d’étape, mais c’est de plus en plus difficile. Ce ne sont seulement que des équipes World Tour qui se sont imposées depuis Belfast, mais nous avons toujours la même détermination au moment de s’élancer les matins, et cela finira forcément par payer, je l’espère. Enfin, Marco Bandiera est en tête du classement des sprints intermédiaires du Tour d’Italie, c’est déjà satisfaisant !

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