Avec trois victoires d’étapes, une treizième place au général et un maillot à pois perdu pour un petit point seulement, les coureurs français ont brillé sur cette Vuelta. Le bilan n’est pas le meilleur des dernières années, mais marque un réel changement : désormais, les Bleus ne sont pas en terre hostile sur les routes espagnoles.

Le temps où David Moncoutié sauvait les meubles à lui tout seul est révolu. Avec quatre étapes et autant de victoires au classement de la montagne entre 2008 et 2011, le grimpeur de l’équipe Cofidis a longtemps été le seul rayon de soleil tricolore sur les routes de la Vuelta. Mais son départ à la retraite fin 2012 a été synonyme de changement. Depuis, les Français gagnent davantage, et les victoires viennent de partout (sept vainqueurs différents depuis 2013). Les trois succès de cette édition ne sont donc pas un record sur les vingt dernières années, mais viennent valider une progression constante. Sans oublier les deuxièmes places d’Axel Domont, Maxime Bouet et Kenny Elissonde, qui auraient pu venir s’ajouter aux bouquets décrochés par Geniez, Calmejane et Latour. Il est désormais loin le temps où les Français rentraient toujours bredouille de la Vuelta, comme entre 2000 et 2007, où pas un seul tricolore n’avait trouvé le chemin de la victoire sur le dernier grand tour de la saison.

En plus des étapes, c’est au général que les Français savent désormais répondre présents. Longtemps, les Bleus étaient loin, très loin. En 2003, il n’y avait même aucun français à Madrid, au terme des trois semaines de course. Des chiffres qui témoignaient surtout d’un manque d’intérêt pour le Tour d’Espagne de la part des coureurs de l’Hexagone. Mais là-aussi, les mentalités évoluent. Les Français voient désormais la Vuelta comme une véritable opportunité de briller. Pour le moment, les grands leaders comme Thibaut Pinot ou Jean-Christophe Péraud ne viennent sur l’épreuve que par défaut, parce que leurs autres objectifs de l’année sont tombés à l’eau. Mais il n’empêche qu’ils performent sur les routes espagnoles. Idem pour les jeunes, à l’image de Warren Barguil, qui ont saisi que la Vuelta peut leur permettre de s’aguerrir avant de viser plus haut. En quatre éditions, le plus mauvais classement d’un français reste la 15e place de Romain Sicard, l’an passé. Et chaque année, le premier français est un coureur différent. Il y a quelques années, un tel bilan paraissait bien trop illusoire…

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