La Chronique du Vélo continue de décerner ses récompenses de fin d’année, avec aujourd’hui notre titre de flandrien de l’année. Si les deux monstres que sont Boonen et Cancellara promettaient de nouveaux duels passionnants, le résultat est sans appel…

Quand le chat n’est pas la, la souris danse !

C’est presque devenu le rituel des classiques pavées de ces dernières années. Rares furent les affrontement majestueux, comme en 2009 ou en 2010, et nous avons encore une fois assisté à l’outrageuse domination du favori, Fabian Cancellara. Il avait publiquement déclaré que les chronos ne l’intéressaient désormais guère, et qu’il miserait tout sur les classiques. Le pari est réussi, et haut la main. Qui pouvait rivaliser avec Fabian Cancellara ? Ni le talentueux Sagan, ni le valeureux Vanmarcke, n’ont réussi à faire chavirer le Suisse, repoussant sans cesse ses limites. Chez certains, un petit brin de scepticisme persiste malgré tout, car on aurait aimé voir Canci se battre contre celui qui avait réalisé le même doublé un an plus tôt, Tom Boonen. Mais le roi des pavés a chuté au début du Tour des Flandres, et n’a pu que regarder le Suisse étaler sa classe.

D’abord chez Tommeke lui-même, sur le Ronde. Le métronome de Berne y a dicté sa loi dans le dernier tour du circuit et a écœuré un a un ses adversaires, jusqu’à Jürgen Roelandts et Peter Sagan, impuissants lorsqu’il pris quelques mètres d’avance dans le Paterberg… Sa marque de fabrique a encore été honorée, profitant d’un état de forme imparable. Survolant tour à tour le GP E3 et le Ronde, il fallait pour ses rivaux sonner la révolte sur Paris-Roubaix pour espérer le piéger. Mais Spartacus était vraiment trop fort, physiquement comme tactiquement. En signant son deuxième doublé Flandres–Roubaix après celui de 2010, il s’immisce encore un peu plus dans le cercle très fermé des meilleurs flandriens de l’histoire, tenant presque la comparaison avec les maîtres belges Boonen et De Vlaeminck.

Et maintenant ?

Le Bernois aura 33 ans en mars prochain, et contrairement à certains, il ne semble pas avoir été touché par le passage de la trentaine. Là où un Tom Boonen semble perdre en puissance dans les bergs, Cancellara compense avec ses grosses cuisses et ses talents de rouleur. Son seul ennemi reste une nouvelle fois sa pancarte. On se souvient de l’Enfer du Nord de 2011, lors duquel ses adversaires s’étaient allègrement ligués pour le faire perdre. Avec son doublé de 2013, la situation devrait être similaire. Reste alors deux énigmes, Boonen et Sagan. Le Belge n’est plus très régulier dans ses performances, et on ne sait pas s’il sera capable de jouer la victoire en 2014. Quant au Slovaque, sa jeunesse peut encore lui faire défaut, mais il devrait bel et bien être le principal rival du Suisse, notamment sur le Tour des Flandres où les bergs lui permettent de se mettre en évidence.

Alors ne nous mentons pas, nous sommes bien partis pour voir le pensionnaire de la future Trek truster les hauts des classements pour les prochaines années. Avant qu’enfin, la relève le mette dehors, lui et Boonen car il est impensable de dissocier les deux. A son niveau actuel, Cancellara possède probablement une ou deux longueurs d’avance sur ses rivaux, et aura à nouveau l’avantage psychologique au départ de la campagne flandrienne de 2014, à condition évidemment que les pépins physiques ne le rattrapent pas. Pour notre plus grand bonheur, car le Suisse est une forte personnalité du peloton, qui gagne ou perd avec panache, et auquel on s’attache forcément. Peut-être ne lui reste-t-il donc qu’un seul défi, celui dont on parle depuis plusieurs années déjà. Celui de perdre du poids et de gagner en vélocité pour jouer la gagne sur Liège-Bastogne-Liège. Histoire d’accrocher un quatrième monument différent à son palmarès…

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