Un 0 pointé. C’est la note de l’équipe Euskaltel-Euskadi, cancre du World Tour et pire élève de la classe « Première Division ». Depuis la reprise de la saison, en janvier dernier, la formation basque n’a jamais gagné. Pas une seule victoire, pas un seul bouquet, et très peu de points UCI. Un comble pour une équipe qui durant l’hiver, a sacrifié son honneur et sa philosophie au profit du système, dans le but de rester en World Tour. Mais l’objectif n’était absolument pas de galérer une année supplémentaire. Igor Gonzalez de Galdeano, en se mettant les supporters à dos, pensait au moins pouvoir assurer un avenir pérenne à son équipe. Après plusieurs mois de compétition, force est de constater qu’il s’est trompé.

Un appel au Samu

Leader emblématique de sa formation, Samuel Sanchez n’a encore que peu couru. Sur Tirreno-Adriatico, il est resté très en retrait. Volontairement ? On n’en sait trop rien, mais à 35 ans, on peut légitimement penser que non. L’Asturien aime sa formation, et n’a jamais voulu la quitter malgré les convoitises. Mais après une saison 2012 difficile où il n’a pas été épargné par les blessures, celle en cours ne s’annonce pas forcément plus facile. Et malheureusement, Euskaltel ne semble pas pouvoir compter sur d’autres coureurs. Igor Anton ne sera jamais le leader qu’il aurait du être, on en a encore eu la preuve sur le dernier Tour d’Espagne. Pendant ce temps, Mikel Nieve ne parvient toujours pas à franchir le cap pour peser sur les courses auxquelles il participe. Concernant les jeunes frères Gorka et Jon Izagirre ainsi que Mikel Landa, ils ne sont certainement pas assez expérimentés pour supporter le poids d’un statut de leader tout au long de la saison.

Malgré tous les problèmes qu’il a pu rencontrer, Samuel Sanchez doit donc – encore une fois – se muer en sauveur. Comme lors des ses dernières épopées sur le Tour de France, conclues par un podium au classement général, une victoire d’étape et un maillot à pois. Actuellement sur le Tour du Pays Basque, le natif d’Oviedo tient à s’y montrer à son avantage. Tenant du titre, il n’est toutefois, c’est certain, pas au même niveau que les années précédentes. Mais avant ses grands objectifs, il se doit d’engranger de la confiance, et de monter en puissance physiquement. Les Ardennaises sont toutes proches mais c’est surtout le Tour d’Italie, dont le départ sera donné dans un mois, qui accapare les attentes de Sanchez et de sa formation. Faisant l’impasse sur la Grande Boucle, le champion olympique de 2008 devrait cumuler Giro et Vuelta. Un programme qui sonne comme une contrainte imposée par ses dirigeants, une nouvelle fois dans le but de ramener un maximum de points…

Une jolie leçon de morale

Le World Tour pour l’an prochain s’est clairement éloigné pour Euskaltel. En déclin depuis plusieurs saisons déjà, la formation ibérique ne pourra chaque fois sauver sa peau en fin d’année. D’autant plus qu’aujourd’hui, elle n’apporte aucune plus value : sa philosophie qui faisait son charme s’est envolée. Mais voilà, c’est terminé ; les points UCI auront même eu raison d’une structure à l’entité forte. Et cela sonne comme une jolie leçon de morale, comme un exemple à ne pas suivre pour les autres équipes. AG2R La Mondiale, il y a un an, avait adopté la même stratégie. Sans plus de succès… Cette saison, Vincent Lavenu n’a pas fait la même erreur, se réorientant dans un recrutement malin et très intéressant. Alors on espère tellement que d’ici quelques mois, les dirigeants d’Euskaltel seront capables de prendre une décision similaire, et de remettre tout ça en ordre. Le maillot orange doit rester basque, uniquement.

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