A Madrid, la récompense de meilleure équipe est comme le cadeau d'au revoir de l'équipe basque - Photo Orbea
8 novembre 2013
Par  Robin Watt 
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Euskaltel, c’était la dernière

Toute la saison, on a été dans l’attente. Continuera, continuera pas ? Finalement, c’est non, et là, c’est définitif. Il y a eu l’espoir du projet de reprise par Fernando Alonso, après le Tour de France. Mais Igor Gonzalez de Galdeano a été trop gourmand, voulant imposer ses conditions au pilote de F1. Du coup, après plus de 15 ans dans les pelotons, c’en est terminé des Basques d’Euskaltel-Euskadi. Une sacrée page qui se tourne, quand même…

Galdeano, fautif ?

Depuis son retour aux affaires, Igor Gonzalez de Galdeano ne faisait pas l’unanimité auprès des supporters, qui trouvaient sa gestion des plus calamiteuses. Et rien ne s’est arrangé lorsque l’hiver dernier, l’ancien coureur basque a bafoué la philosophie de l’équipe. Amets Txurruka, coureur emblématique, était prié de partir. Tout comme Ivan Velasco ou Pierre Cazaux, entre autres, tous ne possédant pas assez de points UCI. Dans l’autre sens, on a vu venir des coureurs de tous les horizons : Espagne non-basque (Lobato), Maroc (Chaoufi), Grèce (Tamouridis), Allemagne (Schulze et Radochla), Portugal (Mestre), Slovénie (Kocjan et Vrecer) et Russie (Serebryakov). L’identité régionale avait d’ores et déjà disparue… Et les résultats étaient compromis avec un recrutement de coureurs à points dans le but de rester dans l’élite du cyclisme mondial, mais pas du tout intelligent. Car si Txurruka, par exemple, n’avait jamais levé les bras sous le maillot orange, son apport était indéniable. Les recrues ne peuvent pas toutes en dire autant.

Durant le Tour de France, la nouvelle était donc tombée. Euskaltel n’a pas trouvé de repreneur, et les coureurs sont libres de négocier avec les autres équipes pour la saison 2014. Certains n’ont pas mis longtemps avant de trouver, comme Landa, Nieve ou les frères Izagirre, les valeurs sûres de l’équipe. Pour les autres, ce fut le début d’un long chemin de croix. Avec un regain d’espoir, finalement vain, lorsque fut annoncé le projet de reprise de Fernando Alonso. Mais les négociations se sont éternisées, et le pilote de Formule 1 n’a pas souhaité reprendre la structure entière, avec tout l’encadrement déjà présent, ce que voulait imposer Igor Gonzaler de Galdeano. Logique pour certains, car il ne suffisait pas de sauver les coureurs pour laisser le staff sur le bord de la route, mais incompréhensible pour d’autres, qui pointent du doigt le manager général, qui n’a pas arrangé sa réputation…

Une saison catastrophe

Avec tout ça, on pouvait s’y attendre, mais le bilan est famélique. Six victoires sur l’ensemble de la saison, quatre si l’on retire les titres nationaux de l’une des rares satisfactions de l’année, Tamouridis, champion de Grèce sur le chrono comme sur la course en ligne. Déjà l’an dernier, avec huit succès – dont quelques uns prestigieux malgré tout -, il était facile de descendre le bilan de l’équipe basque. Mais alors cette année… Deux étapes du Tour de Castille et Leon et une du Circuit de Getxo, il n’y a vraiment pas de quoi se vanter pour une équipe World Tour… Heureusement, si l’on peut dire, Samuel Sanchez a sauvé l’honneur sur le World Tour, avec cette victoire d’étape en juin dernier, sur les routes du Dauphiné. Mais à Superdévoluy, c’est bien la dernière fois qu’on a vu l’Asturien au niveau de son statut et de son talent.

Pour lui aussi, c’est la fin d’une histoire. D’une grande histoire. Treize saisons complètes chez les Orange, qui l’avaient accueilli, lui l’un des seuls non-basques de l’histoire d’Euskaltel. Il leur a fait honneur, depuis toutes ces années. Pas de grande victoire sur les classiques, ni sur les grands tours, la malchance lui jouant souvent de mauvais tours. Mais des podiums à revendre, sur les monuments, sur le Tour et la Vuelta. Et évidemment, ce qui restera comme le point d’orgue de sa carrière, la médaille d’or olympique conquise à Pékin, en 2008. Samu, le sauveur depuis des années, aura tenu la baraque. Jusqu’à ce que l’âge le rattrape, sans que personne ne soit réellement capable de lui succéder. Du coup, à 35 ans, il n’a pas pu offrir la fin espérée à l’équipe de sa vie. Et c’est grâce à l’ensemble d’une équipe qui y a mis tout son cœur qu’Euskaltel a décroché le titre de meilleur équipe de la Vuelta 2013, son dernier grand tour à domicile. Une fin que l’on craignait en se refusant de l’imaginer vraiment. Mais qui était en fait inévitable…

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Tommy_Angelo81 Auteurs de commentaire récent

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Tommy_Angelo81
Tommy_Angelo81

La politique de recrutement internationale laissait à désirer mais au-delà de cet aspect, n’est ce pas le système World Tour et de ses points qui a rendu la pérennisation d’une équipe pro uniquement basée sur des coureurs locaux impossible ? Dans tout les cas, les maillots oranges sur la route ( et aux bords) vont laisser un grand vide.