Daryl Impey avait fait sensation lors du dernier Tour de France - Photo Marcel Sanel
2 juillet 2014
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Et maintenant, Daryl Impey !

Les passionnés de la petite reine ont l’habitude d’évoquer la période de transition entre les deux premiers grands tours de la saison comme propice aux retournements de situation et aux affaires d’après compétition, dont les toujours redoutés scandales de dopage. Et une fois de plus, on peut dire que l’on a été servi en cette année 2014. Après le Dauphiné et le Tour de Suisse, c’est Diego Ulissi qui fut sous le feu des projecteurs, rapidement imité par le Tchèque Kreuziger, et désormais par l’un des porteurs du maillot jaune sur la dernière Grande Boucle, Daryl Impey. Mais pourquoi maintenant ?

Des affaires floues

A travers ces trois cas survenus en moins de deux semaines d’intervalle, et pour le dernier à seulement trois jours du départ du Tour de France, les points communs existent bel et bien. Deux produits masquants mis en cause, à savoir le salbutamol et le probénécide, et peu d’éléments supplémentaires à leurs dossiers respectifs, notamment autour du cas Kreuziger, victime quand à lui de données suspectes sur son passeport biologique. Mais quelles données ? La date et le processus de traitement de ces présumés phénomènes de dopage suscitent également plusieurs interrogations. Concernant le lieutenant de luxe d’Alberto Contador au sein de l’équipe Tinkoff-Saxo, les révélations dateraient même des derniers mois du vainqueur de l’Amstel Gold Race 2013 dans son ancienne équipe Astana, où il n’a jamais fait mieux que cinquième du Tour d’Italie. Sauf que les nouvelles apportées interviennent deux années après la détection officieuse. Idem pour le Sud-Africain Impey, dont le contrôle positif remonte à ses championnats nationaux, là où il avait décroché l’or dans le contre-la-montre, au tout début du mois de février. Notons tout de même que les deux échantillons ont été analysés et cela dans un certain anonymat, puisque l’unique communiqué officiel provient de la voix du coureur, ayant décidé de prendre les choses en main. Mais cinq mois plus tard… En janvier, sur le Tour de Tachira, Jimmy Briceno avait été pris la main dans le sac avec un taux d’hématocrite à 63%, et l’affaire avait été révélée très rapidement.

Voila donc ce qui nous laisse perplexe, en tant qu’observateurs ayant un rapport particulier avec le dopage dans ce sport. La différence de temps pour les enquêtes est arrivée à un stade pour le moins troublant, et certaines semblent se contredire elles-même. Prenons l’exemple de Diego Ulissi, double vainqueur d’étape sur le Giro, dont la notification de l’UCI est survenue comme un coup de tonnerre de l’autre côté des Alpes. Tout en gardant un certain recul, si l’excuse du coureur de la Lampre, invoquant une prise de ventoline, est jugée recevable et démontrée par la contre-analyse demandée dans son clan, cela ne nous montrera qu’une fois de plus, les affaires de dopage se règlent au cas par cas, et à la libre appréciation des enquêteurs de l’UCI ou des fédérations en question. On se souvient du cas Kolobnev, blanchi et médaillé par la suite par une fédération russe qui n’avait pas manqué d’alimenter les critiques.

Est-ce vraiment le meilleur moyen de lutter contre la triche ?

A travers tout cela, l’idée qui ressort et continuellement reprise est celle de lutter contre toute sorte de dopage et de triche dans un sport qui a été suffisamment sali ces dernières années par des affaires marquantes et inquiétantes pour sa crédibilité. Mais une fois de plus, les moyens et les tactiques adoptées sont-elles vraiment les bonnes ? L’affaire de l’AUT – autorisation d’usage d’un produit à des fins thérapeutiques – de Chris Froome sur le dernier Tour de Romandie. Considéré par certains comme du dopage en direct toléré, la défense expliquée précédemment du clan de Diego Ulissi se rapproche de celle du Britannique, et il n’est pas illégitime de se demander pourquoi les deux affaires n’ont pas été traitées de la même manière. Pour certains produits, l’UCI fixe une limite de dose inhalée dans son règlement, alors que pour d’autres semblables, elle interdit tout court. Une remise en cause afin de favoriser une application stricte et cohérente de règles loin d’être universelles serait sans aucun doute préférable pour une meilleure compréhension…

Enfin, tout le monde a encore en tête le fameux rapport du Sénat sur le dopage et les tricheurs des éditions 1998 et 1999 du Tour de France. Le grand déballage donc, qui ne cesse d’avoir lieu au moment où le monde du sport est braqué sur la course jaune. De quoi alimenter la mauvaise image que peuvent avoir du cyclisme certains spectateurs à l’écoute de ces scandales, et de quoi, surtout, aller dans la direction contraire d’une transparence à l’honneur dans tout les milieux. Puis, les coureurs sont aussi les premiers à se plaindre face à ces prises de position pouvant tout autant être tardives qu’expresses. Deux poids, deux mesures ? Evidemment, le raccourci paraît un peu rapide, mais la pertinence des mesures n’a jamais été aussi mal ressentie par la communauté cycliste.

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