1 février 2013
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Entre désillusion, confirmation et obstination

Les révélations ont suscité, tant chez les observateurs que chez les simples amateurs, toutes les émotions - Photo Flickr, Paul Coster

Un champion cycliste considéré par beaucoup comme le plus grand coureur avoue s’être dopé et avoir menti au monde entier pendant des années. Le fait n’est pas anodin et a provoqué un émoi sans précédent dans le monde du cyclisme. Spécialistes aguerris, simples amateurs de la Petite Reine ou encore citoyens suivant l’actualité, tous, possédaient leur opinion tantôt tranchée, tantôt indécise sur le sujet. Afin de clarifier cet amas confus de vives réactions, nous nous sommes permis de les catégoriser en différents groupes, un rien caricaturés…

Des voyants aux plus fidèles

La première catégorie est la plus populaire, la plus peuplée aussi. Elle regroupe ceux pour qui Lance Armstrong n’est plus rien qu’un vil tricheur qui a nui trop longtemps au sport, ceux qui l’ont idolâtré, qui l’ont supporté et qui, du jour au lendemain, transforment cette passion en haine, ceux qui se sont sentis trahis, trompés. En somme, les véritables victimes de cette affaire… Ces derniers sont souvent considérés comme crédules voire même naïfs par certains privilégiés qui constituent la seconde catégorie.

Celle-ci se constitue en deux sous-catégories qui ont pour point commun l’aversion à l’égard d’Armstrong. D’une part, il y a ceux qui détestaient déjà « L.A », le haïssaient et sont maintenant satisfaits du sort qui lui est réservé. D’autre part, il y a ceux qui se permettent de considérer avec un certain mépris les malheureux membres de la première catégorie. Eux avaient vu clair depuis le début, ils n’avaient jamais été dupes et sont maintenant littéralement indignés de constater que certains croyaient en l’honnêteté d’Armstrong. « Quoi ? Tu pensais que ce type n’était pas dopé ? Tu plaisantes ? ». Cette réplique, pleine d’ironie mais aussi de dédain, revient souvent au sein de ce groupe élitiste, trié sur le volet, à l’égard de ces pauvres « benêts ignorant tout du cyclisme »…

Telle une secte lugubre aux pratiques douteuses, la troisième et dernière catégorie ne regroupe plus que quelques illuminés dépassés par les évènements tragiques de ces derniers mois. Il s’agit, vous l’aurez donc compris, de ceux qui soutiennent encore et toujours Lance Armstrong. Certains, certes de moins en moins nombreux mais de plus en plus farouches, s’acharnent à clamer la bonté de l’homme qui a survécu au cancer et qui lutte toujours contre la maladie via sa fondation. Comme pour faire renaître de ses cendres une gloire passée, ils s’obstinent à trouver de bons côtés à leur champion défunt. Et comme toute secte qui se respecte, ce groupe restreint d’individus aspire à faire adhérer de nouveaux membres mais cette tâche est de plus en plus désespérée tellement les arguments s’amenuisent au fil du temps.

Il est peut-être envisageable de considérer une quatrième catégorie comprenant ceux qui n’ont pas d’avis sur l’affaire Armstrong… Mais, je vous le demande, « comment ne pas la négliger ? ». Ce groupe, considérons-le comme marginal, ne compte pas plus de 5 ou 6 milliards d’hurluberlus indifférents à toute actualité cycliste, aussi déconcertante soit-elle…

Tom Duterme


 

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DABE Pascal
DABE Pascal

Merci Tom pour l’aspect sociologique et décalé de ta chronique. Un régal. Une troisième sous-catégories est envisageable dans la deuxième catégorie, ceux qui à priori, font confiance aux coureurs, puis s’étonnent de leurs résultats, ensuite s’informent et concluent à la supercherie mais tombent rarement dans le dédain et l’ironie ayant le plus grand respect pour qui, amateurs ou professionnels, se déhanchent sur un vélo.