Alors que d’habitude, il faut choisir entre Dauphiné et Tour de Suisse pour se préparer à la Grande Boucle, Contador et Quintana ont pris le contre-pied en s’alignant au départ de la Route du Sud. L’épreuve, dont l’organisation a changé il y a un peu moins de deux ans, est en pleine mutation, avec un plateau chaque année plus impressionnant.

Un fort relationnel

Depuis novembre 2013, c’est Pierre Caubin qui dirige bénévolement la Route du Sud, et on a rapidement vu le changement. Déjà l’été dernier, on comptait quelques grands noms au départ de la course, avant de passer dans une autre dimension cette année. Avec Contador, Quintana mais aussi Basso et Hesjedal, il y aura quatre vainqueurs de grands tours au départ de Lourdes ce jeudi. Lorsqu’on y ajoute Rogers, Coquard, Voeckler, Formolo, Riblon ou encore Gadret, il n’est pas démesuré de dire que le plateau n’a rien à envier à celui du Tour de Suisse. « Avec les formations Tinkoff et Movistar, on a une relation depuis quelques années. Mais elle a pris une autre dimension », reconnaît Pierre Caubin. Pour lui, il y a toutefois une explication logique au fait que de plus en plus de coureurs choisissent son épreuve à cette période de la saison :  « On est idéalement placés pour des coureurs qui ont participé au Giro et qui veulent ensuite aller sur le Tour. Il y a un peu plus de repos que s’ils participent au Dauphiné ou au Tour de Suisse, et puis quatre jours, c’est moins intense qu’une course d’une semaine. »

Une reprise un peu plus tranquille, avec généralement une seule étape de montagne et une médiatisation moindre, ce serait donc ce qui a poussé Contador et Quintana à coché l’épreuve pyrénéenne. Il faut dire que l’Espagnol, après le Giro, ne sera sans doute pas au top. Le Colombien, après des semaines à s’entraîner seul en Amérique du Sud, pourrait aussi avoir besoin d’un temps d’adaptation. Et s’ils avaient fait le choix d’une course World Tour pour préparer le rendez-vous de juillet, ils auraient dû composer avec des attentes auxquelles ils ne pourront sans doute pas répondre. « Avoir ces deux champions au départ, c’est une grande reconnaissance pour le travail bénévole de notre équipe. On se dit qu’on ne bosse pas toute l’année pour rien », se réjouit Caubin, qui ambitionne de faire de la Route du Sud une véritable alternative aux grosses courses du calendrier. « J’aimerais que l’épreuve dure six jours, et qu’on se positionne face au Tour de Suisse », complète-t-il.

Des ambitions pour la suite

Cette année, il y a donc quatre étapes au programme, dont une en haute montagne, avec une arrivée à Bagnères-de-Luchon après l’ascension du Port de Balès. « La seule chose qu’il manque, c’est un contre-la-montre individuel, beaucoup de coureurs nous le demandent. On pourrait pourquoi pas le faire sur une demi-étape, on essaiera peut-être l’an prochain », avoue l’organisateur. Mais faire le lien entre les départements, les régions et le sportif n’est pas toujours facile, d’où l’envie d’allonger l’épreuve pour avoir un peu plus de libertés au niveau du parcours. « Dans ma tête, il pourrait y avoir une première étape pour les sprinteurs, une de montagne et un chrono par équipes. Mais ça ne sera pas pour l’année prochaine, on va attendre la mise en place des nouvelles régions. Ce qui serait intéressant, c’est l’association des régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, pour essayer d’aller faire promener la Route du Sud vers Montpellier », note Pierre Caubin.

Mais pour l’instant, c’est l’édition 2015 qui focalise les attentions. Parce que quoi qu’il en soit, deux des quatre fantastiques doivent y peaufiner leur préparation avant le Tour, et que même si Contador a avancé qu’il était encore loin d’être au top physiquement, on a hâte de les voir à l’œuvre. D’autant que pour la première fois, la course sera diffusée par Eurosport dans 110 pays, jusqu’en Colombie et aux Etats-Unis. « Notre épreuve s’endormait un peu depuis une dizaine d’années, conçoit Caubin. Donc avec une nouvelle équipe rajeunie à sa tête, on essaie de la booster. Le direct sur Eurosport va beaucoup nous aider. » Après le Dauphiné et en même temps que les grosses étapes du Tour de Suisse, la Route du Sud va donc profiter d’un plateau inattendu en début de saison pour attirer l’attention. Mais surtout, en tenant compte depuis plusieurs années des demandes des coureurs et des directeurs sportifs, l’épreuve a les cartes en main pour faire un peu plus son trou dans un calendrier très chargé. Et ce ne serait pas volé.

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