Androni, Bardiani et Colombia, trois des quatre formations invitées sur le Tour d’Italie 2013 – Photo bardianicsf.com

Dans moins d’une semaine s’élancera de Naples tout le grand cirque du cyclisme mondial, pour trois semaines, on l’espère de folie sur les routes du Giro ! Les 19 formations World Tour seront évidemment présentes, accompagnées de quatre invitées. On les connaît depuis le mois de janvier, et il n’y pas de réelle surprise parmi les heureux élus : Androni, Bardiani et Vini Fantini, toutes de nationalité italienne, sont des habituées de la course rose, et leur invitation fut une formalité. La quatrième invitée, Colombia, était elle inscrite sur les tablettes de RCS – l’organisateur – depuis un bout de temps. Alors si le classement général ne devrait pas échapper aux ogres du circuit mondial, la présence de ces équipes fait partie du charme de la course, et on se fait un plaisir de les retrouver chaque mois de mai.

Des coureurs souvent survoltés…

Une invitation pour une course World Tour, que ce soit un grand tour ou non, est forcément une fierté pour n’importe laquelle des équipes de division inférieure. En effet, cela témoigne souvent d’une reconnaissance des organisateurs envers des performances notables. De plus, ces événements représentent un point souvent culminant de la saison d’une petite équipe. La préparation est axée pour une course en particulier et un refus d’invitation est souvent très mal vécu, l’effet boomerang pouvant même se révéler dévastateur. La défunte Acqua & Sapone de l’emblématique Stefano Garzelli a d’ailleurs coulé financièrement en partie à cause de leur non-participation à leur tour national. La faute à RCS, qui avait préféré inviter NetApp… Mais finalement, le point commun entre toutes les équipes invitées semble être ailleurs. Dans la motivation, sans aucun doute. Car lorsqu’on a la chance d’être convié à de si beaux et grands rendez-vous, il est inconcevable de se rater. Les objectifs peuvent être divers, entre une bonne place au général ou une victoire d’étape. Mais le but est le même : montrer à l’organisateur que l’invitation était méritée, et revenir l’an prochain.

Alors, sur le Giro, à part l’exception allemande NetApp de l’an passé, la priorité va très souvent aux équipes nationales ou sympathisantes, on aurait tort de contester ce choix patriotique tellement il est difficile de le remettre en question lors du podium final à Milan. Si les grosses pointures deviennent de plus en plus attentistes, on assiste en revanche fréquemment à des offensives vaillantes de coureurs n’ayant rien à perdre. Rappelons-nous un instant les faits d’armes du dernier Giro, par exemple. Qui nous a franchement fait le plus vibrer ? Étaient-ce Rabottini, De Marchi, Rubiano et Pirazzi ou les cadors Hesjedal, Scarponi et Basso ? Clairement, les coureurs invités, et généralement les locaux donneraient plusieurs fois leur cœur pour triompher sur des routes qui leur sont chères. Et cela apporte un gros plus aux spectateurs, qui ont affaire à de sacrés animateurs de route.

…et un rôle de plus en plus important

Bien qu’étant reléguées au rang d’équipes continentales, ces formations ont depuis quelques années souvent un panel élargi de coureurs dangereux. Une génération, emmenée par les Bettini, Basso ou Petacchi, a cédé sa place. Aux côtés de Vincenzo Nibali, ce sont donc surtout des jeunes qui s’exprimer. Et si certains sont déjà passés dans des équipes de l’élite, un grand nombre de jeunes pépites évoluent encore à l’échelon second. Difficile de savoir quels seront ceux qui feront prochainement le show, mais on n’oublie pas ceux des années précédentes. Gianluca Brambilla et Domenico Pozzovivo, notamment, ont fait les beaux jours de l’ancienne Colnago à coup de chevauchées exceptionnelles et régulières sur les grands rendez-vous transalpins de la saison, de Tirreno-Adriatico au Tour de Lombardie en passant inévitablement par le Giro.

Mais en plus de l’important facteur jeunesse, les équipes continentales sont aussi spécialistes de relancer des coureurs jugés “finis”. José Rujano incarne parfaitement ce phénomène, auteur de performances exceptionnelles sur la course rose à six ans d’intervalle (2005 et 2011). Cette année, Mauro Santambrogio, dans une forme olympique depuis le début de saison, représentera haut et fort les couleurs de sa nouvelle équipe Vini Fantini après un passage discret chez BMC. Stefano Garzelli et Danilo Di Luca seront eux aussi de la partie sous ces mêmes couleurs, pour ce qui sera peut-être leur jubilé.

Courir dans une équipe possédant une atmosphère favorable apparaît donc comme un avantage non-négligeable pour des coureurs ayant besoin de repères, de retrouver une confiance perdue. Une fois libérés, ils peuvent ainsi montrer l’étendue de leurs aptitudes aux yeux des spectateurs qui ne seront que bonifiés par cette présence finalement incontournable. L’équipe continentale pro, italienne dans ce cas de figure, passe donc comme la meilleure alternative pour se démarquer du reste du peloton et crever l’écran si regardé. Androni, Vini Fantini, Bardiani et la fraîchement intronisée Colombia nous feront-elle une nouvelle fois rêver pendant le mois de mai ? C’est tout ce que l’on espère.

Alexis Midol


 

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