Péraud et Pinot ont apporté du bonheur au public français, mais ce n'est pas fini pour autant - Photo AFP
31 juillet 2014
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Deux français sur le podium, et après ?

Pendant un bon mois, l’immense majorité du public français se sera enthousiasmée autour des performances tout aussi agréables qu’inespérées des coureurs tricolores. Jean-Christophe Péraud deuxième dans la lignée de sa première partie de saison, et Thibaut Pinot troisième, cela faisait depuis 1984 et un doublé qu’il n’y avait plus eu pareil bilan pour l’Hexagone. A cela, il faut ajouter la victoire en solitaire de Blel Kadri ainsi que celle de Tony Gallopin, porteur du maillot jaune un jour de fête nationale. Mais qu’attendre d’eux désormais ? On aurait bien tort de faire la moue jusqu’à la prochaine édition.

Progresser pour aller encore plus haut

Un français sur le podium d’un Grand Tour ? Difficile à le croire si on nous aurait vendu cela il y a encore quatre années. Loin d’être insoupçonnée, la progression rapide des plus grands espoirs du cyclisme français a donné des ailes à certains. Déjà sur les classiques, les jeunes pousses à l’image de Tony Gallopin ou Romain Bardet avaient fait part de leurs aptitudes, en remportant la Clasica San Sebastian, mais encore en signant des tops 10 sur les monuments. Mais en cette année 2014, c’est un nouvel échelon supplémentaire qui a été franchi avec brio. Aussi bien au niveau individuel que collectif. AG2R première au classement par équipe du Giro et du Tour, cela ne s’improvise pas comme ça. La profonde mutation des mentalités est un succès pour la bande à Vincent Lavenu, qui représente maintenant la figure de proue de cette vague bleue-blanc-rouge. On ne court plus pour mouiller le maillot mais pour faire un résultat, et Pierre Rolland est l’exemple même de cette métamorphose sur le plan sportif. Si l’Orléanais à toutefois disputé le Tour de France, par obligation de son sponsor ou rêve personnel que l’on comprend bien, c’est lui-même qui a décidé de faire le voyage de l’autre côté des Alpes en Italie pour disputer le Giro, une course taillée pour les grimpeurs peut-être plus qu’un Tour. Un pari gagnant, et qui l’a fait grandir mentalement pour les prochaines échéances, en prenant conscience qu’il avait peut-être bien d’autres possibilités qu’il ne le croyait, et que s’acharner sur le même objectif sans rien changer dans sa préparation était vain, à moins d’un petit miracle.

L’avenir ne passe donc plus que par cette même Grande Boucle, si révélatrice mais aussi si cruelle quand elle le souhaite. Les performances de Rolland en troisième semaine derrière l’intouchable Quintana ont d’ailleurs fortement inspiré Pinot, désireux de courir le Tour d’Italie l’an prochain, et de doubler avec le Tour sans y viser un quelconque classement. La Vuelta attire également de plus en plus, et l’on se souvient du festival français en 2013, avec ce maillot de meilleur grimpeur pour Nicolas Edet, et le récital FDJ en montagne marqué par des victoires d’étape d’Alexandre Geniez et Kenny Elissonde. Bis repetita cette année ? Le Franc-Comtois est d’attaque pour doubler son deuxième Grand Tour de l’année, sans ambitions notables sur le papier, mais l’on peut désormais compter sur lui. Ces derniers résultats lui ont permis définitivement de mieux savoir appréhender les événements, et de connaître des limites qui étaient encore très floues il y a quelques mois. Tout ce programme donc avant 2015, qui fera office d’année charnière. Pour Jicé, le schéma attendu sera sans doute similaire à celui de l’année en cours, et les attentes réellement présentes.

Une fin de saison emballante

Mais avant de se projeter dans le calendrier et de produire de multiples hypothèses pour l’année prochaine, il y a déjà une saison 2014 à terminer, et on l’aurait presque oublié. La Clasica San Sebastian a lieu samedi, et c’est l’occasion de défendre un titre acquis dûment par l’électron de la Lotto-Belisol, ayant connu les honneurs du maillot jaune. Des points World Tour mis en jeu bien évidemment, et qui pourraient confirmer le retour au premier plan de la France au classement UCI par nations. Elle occupe en effet le troisième rang du tableau avec 895 points, c’est à dire trois petites unités de retard sur l’Italie, derrière le solide contingent espagnol. Mais c’est devant des pays comme l’Australie, les Pays-Bas, la Belgique ou la Grande-Bretagne qui avaient coutume de devancer assez largement nos représentants.

Pour assurer cela, ces derniers pourront compter sur un calendrier à leur avantage, donc. Le Tour de Pologne avait permis à Christophe Riblon il y a un an de s’illustrer au haut niveau dans la continuité de sa victoire à l’Alpe de l’Huez. Il sera de nouveau de la partie aux côtés de Vuillermoz ou Bouet notamment, mais sera sans doute un peu plus surveillé. Les héros du dernier Tour de France reprendront majoritairement au Tour de l’Ain, mais c’est surtout le Tour de Lombardie début octobre qui devrait clôturer une année ou les français figurent en haut des projecteurs. Thibaut Pinot en fait un objectif personnel, et les Mondiaux de Ponferrada, difficile, mais pas trop, pourraient très bien sourire aux Bleus. Alors, oui, trois semaines de spectacle se sont évaporées en un rien de temps, mais on aurait largement tord de s’en contenter !

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