Si le nom de Zubeldia ferait un carton au Scrabble, c’est bien à un autre jeu auquel le basque va se prêter à partir de samedi. Un seizième Tour de France. Alors, nous aussi, aujourd’hui, nous jouons avec lui, avec ses chiffres et ses lettres. Pour prendre le pouls de la longue carrière du Basque, qui a été rappelé au dernier moment par l’équipe Trek suite à l’éviction d’André Cardoso.

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Son âge. Le Basque est le plus vieux coureur de ce Tour de France. Mathew Hayman, le vétéran australien, vainqueur de Paris-Roubaix l’an passé, perd ainsi sa place de doyen de la Grande Boucle.

Mérite

« J’ai toujours pensé que je méritais ma place parmi les neuf, quand j’ai appris la nouvelle, j’ai passé une très mauvaise semaine. » Il y a cinq jours, il avait posté neuf coeurs brisés sur son compte twitter. Il venait d’apprendre sa non sélection quelques minutes auparavant. Voilà le type de passionné qu’est Haimar Zubeldia. Dixième du dernier Tour de Californie, a toujours les jambes pour accompagner l’envie et sa non-sélection était une surprise.

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Le nombre de Tour de France qu’il aura officiellement à son compteur dans quelques jours. C’est le deuxième total derrière Sylvain Chavanel. Il égalise ainsi les légendes Joop Zoetemelk et Lucien Van Impe. Depuis ses débuts sur la Grande Boucle en 2001, il n’a manqué qu’une seule édition, en 2010 pour une fracture au poignet. Seuls Stuart O’Grady, Jens Voigt, George Hincapie et donc Sylvain Chavanel ont fait mieux, avec 17 participations.

Duo

« Le temps de Zubeldia et Mayo a été le sommet de la marée orange sur les routes du Tour. » Markel Irizar est resté cinq ans dans l’équipe Euskadi et connaît bien la folie des supporters basques sur les pentes pyrénéennes. Haimar Zubeldia, le coureur complet, et son compatriote Iban Mayo, le grimpeur, formaient effectivement un duo mémorable. La glace et le feu. En 2003, ils terminent respectivement cinquième et sixième. L’apogée de l’équipe basque.

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Son nombre de Top 10 sur le Tour de France. Le seul coureur en activité à en avoir plus à son palmarès ? Alejandro Valverde, qui a terminé six fois dans les dix premiers. Alberto Contador et Chris Froome, avec quatre apparitions chacun, l’ont à portée de fusil. Les quatre restent quand même loin de Joop Zoetemelk et ses douze top 10…

Euskaltel Euskadi

C’est dans l’équipe basque que Zubeldia a commencé sa carrière professionnelle en 1997, à 20 ans. Il y restera jusqu’en 2009, année où il rejoint Astana pour aider Alberto Contador à remporter son deuxième Tour de France. Chez les oranges, il finira deux fois cinquième du Tour.

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Son nombre de victoire en grand tour. Il a pourtant pris le départ de 28 courses de trois semaines mais le Basque n’a jamais réussi à empocher le moindre bouquet. S’il n’en a même pas été proche sur le Tour, il a perdu deux fois au sprint sur la Vuelta dans des duels face à Pablo Lastras en 2002 puis face à Nicolas Roche en 2015.

Popularité

« Je ne suis pas un coureur explosif, et j’ai souvent été critiqué parce que je n’attaque pas beaucoup. Je sais aussi que je ne suis pas un coureur flashy, et cette façon de courir n’est pas la plus populaire. Mais c’est juste moi, et je ne vais pas changer. »
Zubeldia est un coureur complet et régulier avant tout. Il ne brille ni par son panache, ni par des échappées aux long cour. Et, lorsqu’il peut l’emporter, son manque d’explosivité ne lui permet pas de lever les bras. Il est donc logique que son nom ne soit pas le plus écrit sur les routes du Tour.

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Sa meilleure place sur une étape du Tour. Il a réalisé cette performance trois fois mais il ne s’est vraiment approché de la victoire qu’en 2003, lors du prologue dans Paris. Il échoue à deux petites secondes de Bradley McGee et passe tout près du maillot jaune. La même année il remonte sur la troisième marche pour l’arrivée à Axe 3 domaines, derrière Sastre et Ulrich, mais devant Armstrong. En 2007, enfin, il termine troisième de la quinzième étape vers Loudenvielle-Le-Louron. Il sera ensuite reclassé deuxième, derrière Kim Kirchen, après le déclassement de Vinokurov.

Lieutenant

« J’ai arrêté de rêver de pouvoir gagner le Tour de France. Cette phase de ma carrière est derrière moi .Ces dernières années j’ai été dans des grandes équipes avec de très bons coureurs », disait Zubeldia à Velonews en 2012.
Après avoir aidé Alberto Contador chez Astana en 2009, il rejoint une autre armada, la RadioShack. Mais malgré des noms ronflants – Armstrong, Klöden, Leipheimer, Horner puis les frères Schleck – autour de lui, il ne réussit pas à faire gagner ses leaders. C’est même lui qui obtient le meilleur classement de son équipe à Paris en 2011 (quinzième), 2012 (sixième) et 2014 (huitième).

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Sa plus mauvaise place sur le Tour de France. C’était en 2001, pour sa première participation. Le Basque avait alors 24 ans et sortait d’une saison 2000 auréolée d’une dixième place sur la Vuelta. Son Tour fut bien décevant. Cette année, avec le poids des ans et une place assez reculée dans la hiérarchie de l’équipe Trek, il n’est pas impossible que l’Espagnol fasse pire. Mais Haimar Zubeldia n’est pas fini. Et sa carrière non plus.

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