Pendant des semaines, on a parlé des quatre fantastiques qui avaient rendez-vous sur le Tour. Finalement, Froome est largement au dessus. Quintana, même si on pouvait en attendre plus, reste le premier dauphin du Britannique. Mais en ce qui concerne Contador et surtout Nibali, c’est comme s’il y avait eu tromperie sur la marchandise. Sans que l’on sache vraiment pourquoi…

Contador a une excuse…

Son rêve était de réaliser le doublé Giro-Tour. Force est de constater qu’il ne va pas y arriver, mais à Paris, il n’aura pas forcément à rougir. Il n’a pas été aussi fort qu’il l’espérait, mais finalement, on pouvait s’en douter. Depuis presque 20 ans, décrocher la victoire sur les deux grands tours la même année est devenu illusoire. Contador aura peut-être même la satisfaction de ne pas succéder à Marco Pantani, ce qui lui aurait sans doute valu les mêmes remarques que celles subies actuellement Chris Froome. Mais le caractère impossible de ce doublé est bien la seule chose que pourra mettre en avant le Madrilène, car la forme qu’il nous survend depuis le début de saison s’est comme envolée à l’approche de l’épreuve juilletiste. Lui comme son manager, Oleg Tinkov, ont voulu nous faire croire que les années n’avaient pas encore d’emprise sur l’un des plus grands coureurs des dix dernières années. Sauf que le Pistolero est humain, et depuis la première étape de montagne, il est bien loin de la tête de course.

Depuis quelques jours, l’Espagnol nous parle de difficultés à respirer. On connaissait ses problèmes d’allergies au printemps, à cause du pollen. Mais là, c’est une nouveauté. Et il est difficile de croire que ce soit la seule chose qui empêche Contador de suivre le rythme, au moins de Quintana. Sur les pentes de La Pierre-Saint-Martin, il a très rapidement lâché prise, alors que c’était encore des équipiers de Froome et Quintana qui roulaient. Le signe indéniable que l’Espagnol n’est pas au niveau. Il l’a d’ailleurs reconnu à l’arrivée, révélant qu’il allait plus vite assis sur sa selle qu’en danseuse. Quand on connaît son style, lui qui aime se dandiner de droite à gauche tout le long des montées, c’est une sacrée surprise. Et finalement, peut-être même pour lui. Le Pistolero est un gagnant dans l’âme, qui passe actuellement pour un faire-valoir. A n’en pas douter, s’il avait pu savoir qu’il sera autant dépassé par les évènements, il n’aurait pas pris le départ du Tour. Il faut s’y faire : on est peut-être en train d’assister au déclin du Madrilène.

…pas Nibali

Pendant longtemps, l’ensemble des observateurs n’ont pas voulu s’inquiéter pour l’Italien. Il aurait fallu. Durant sa préparation, il avait beau nous bassiner en assurant qu’il était en phase de réglages, et qu’il serait au top sur le Tour, il était moins bon qu’en 2014, alors que le schéma était similaire. Cinquième en Romandie puis septième sur le Dauphiné il y a un an, juste avant sa victoire sur les routes hexagonales, il était effectivement en train de monter crescendo. Mais cette année, depuis sa dixième place en Romandie, il n’a pas vraiment progressé. Douzième du Dauphiné, il est arrivé à Utrecht sans aucune certitude. Ca n’a pas pardonné. Une bordure dans les dents à Zélande, une incapacité à lâcher ses adversaires sur les pavés et légère défaillance à Mûr-de-Bretagne, la première semaine avait déjà révélé un Nibali bien loin des attentes. Avant, bien sûr, la déchéance lors de la première arrivée au sommet de ce Tour 2015.

La suite, pour le Sicilien, c’est un chemin de croix. Lâché chaque jour ou presque dès que ses rivaux annoncés décident de croiser le fer. Partant parfois à l’abordage, avant de se faire reprendre puis rejeter par l’arrière, Nibali fait presque peine à voir. Comme Contador, ce samedi vers Mende, il a été incapable de suivre le rythme du duo Froome-Quintana. En plus d’un Tour plié, on n’aura même pas vraiment le droit à une bataille pour les places sur le podium. Oui, il y a de quoi être déçus. Mais il ne faut pas en vouloir à ces champions, tous les deux vainqueurs des trois grands tours dans leur carrière. En réalité, on a surtout envie de comprendre : pourquoi ne sont-ils pas au niveau ? L’Espagnol a l’excuse du Giro dans les pattes, mais ça aurait dû se faire sentir dans les Alpes, pas dès les Pyrénées. L’Italien, lui, a voulu faire comme en 2014, mais le dit lui-même, il n’est pas le petit-frère du Nibali de l’année passée. C’est à n’y rien comprendre.

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