Le marché des transferts à peine ouvert, le Français a officialisé son changement d’équipe. Exit la FDJ.fr, le maillot rouge du dernier Tour d’Italie a signé en faveur de la formation Cofidis. On s’en doutait depuis quelques semaines, mais maintenant que c’est acté, le scepticisme nous parcourt forcément. Voici trois raisons pour lesquelles l’ancien champion de France n’aurait pas dû s’engager avec l’équipe nordiste.

Un programme bridé

En signant chez Cofidis, Nacer Bouhanni va surtout connaître l’échelon inférieur et une équipe continentale pro. Pour disputer les grandes épreuves du calendrier, il faudra donc compter sur les invitations des organisateurs, ce qui pourrait brider le natif d’Epinal dans son programme de courses. Car certes, Bouhanni a pour habitude de courir surtout en France, et sa présence sera un gros atout pour décrocher les wild-card tant attendues. Cependant, au niveau des grands tours chers à l’ancien champion de France, l’incertitude plane. Le Giro, il peut déjà oublier, et le Tour de France qui vient de s’achever a mis en avant une très faible formation Cofidis, loin d’être assurée de revenir dans un an. Il reste donc la Vuelta, où l’équipe d’Yvon Sanquer disposent d’un crédit presque démesuré depuis les maillots à pois de David Moncoutié. Enfin, pour les classiques qu’il aime tant, parmi lesquelles Milan-Sanremo, une participation paraît très compromise. Bouhanni va donc définir son programme sans savoir véritablement à quelles courses il participera. Il n’était pas habitué à la FDJ, en World Tour depuis trois ans.

Une équipe plus faible pour l’accompagner

Chez Cofidis, le Lorrain aura un statut de leader unique – ce qu’il semblait rechercher avant tout -, mais aussi une équipe à sa disposition sans doute plus faible que ce qu’il a pu connaître sous la houlette de Marc Madiot. Si Geoffrey Soupe ou Dominique Rollin seront là pour l’entourer dans les sprints, il n’aura pas tellement l’embarras du choix. Alors finalement, beaucoup de sprinteurs ont pris cette habitude, mais après le luxe de la FDJ, pas sûr que Bouhanni prenne ses repères très rapidement. Cofidis fait le maximum, c’est vrai. L’équipe s’est séparée notamment de Jérôme Coppel et Rein Taaramae, des coureurs aux salaires conséquents et qui nécessitaient de mettre à leur disposition quelques équipiers en montagne. Désormais, c’est une certitude, ce sera tout pour Bouhanni. Mais dans quelles conditions ? Quoi qu’on en dise, on imagine assez mal les hommes en rouge venir s’imposer à l’avant d’un peloton composé du gratin mondial pour placer leur sprinteur. Ce n’est pas dans leurs habitudes, et ça ne s’apprend pas en un hiver.

Une stagnation inévitable

Même leader et avec une équipe – dont la force de frappe rester à prouver – à ses côtés, Nacer Bouhanni semble avoir fait un pas en arrière avec ce transfert. En effet, que va lui apporter de plus que ce qu’il a connu cette nouvelle expérience ? Il ne disputera pas de plus grandes épreuves, n’apprendra pas aux côtés d’un grand sprinteur comme cela aurait été possible au sein d’une grande écurie mondiale. Il ne découvrira pas non plus l’étranger, qui nécessite plus d’intégration encore. Au contraire, il aura juste plus de pression de par l’obligation de résultats qui déterminera les invitations de sa formation. Durant deux années, la durée de son contrat, Bouhanni va donc découvrir autre chose, mais sans doute pas ce qui l’aurait aidé à progresser et à franchir un cap pour devenir l’un des cadors du sprint mondial.

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