En jaune, Daryl Impey se voit même félicité par Hinault, qui lui a connu près de 80 fois la tunique de leader - Photo ASO
En jaune, Daryl Impey se voit même félicité par Hinault, qui lui a connu près de 80 fois la tunique de leader – Photo ASO

Alors qu’il occupait la deuxième position du classement général de ce Tour de France 2013 depuis le chrono niçois, Daryl Impey se voit offrir la chance de sa vie en ayant le droit de porter le maillot jaune sur la course de ses rêves. En devenant le premier Sud-africain en jaune de l’Histoire, il continue la parenthèse dorée de son équipe Orica-Green Edge qui devrait s’achever samedi.

Un maillot jaune historique

Dauphin de son plus illustre coéquipier Simon Gerrans au général, il fallait une affaire de places au classement de l’étape pour que le paletot jaune change d’épaules. Et c’est arrivé, peut-être même volontairement. Certes il y a eu quelques cassures dans le final qui font perdre à la majorité du peloton cinq secondes sur les sprinteurs s’étant joué la victoire, mais difficile d’imaginer que l’Australien alors en jaune en a été victime. Après deux jours en jaune, il est bien plus logique que l’ancien du Crédit Agricole ait décidé de laisser à celui qui l’avait lancé vers la victoire à Calvi le droit de porter lui aussi la Toison d’Or. Car clairement, l’équipe Orica avait les moyens de protéger son leader jusqu’au bout si elle le souhaitait, et Impey aurait d’ailleurs pu, comme il y a quelques jours, lancé le sprint de Gerrans. Mais il n’en n’a rien été et, treizième de l’étape, le Sud-africain a réussi son coup. Le maillot jaune est à lui pour quelques jours. L’occasion de se replonger dans le parcours d’un coureur qui entre dans la légende du Tour. Tous les continents à l’exception de l’Afrique et l’Asie avaient jusque là eu au moins un maillot jaune. L’anomalie est réparée, du moins pour le continent africain.

Issu de la formation Barloworld d’Alberto Volpi, le natif de Johannesburg découvre donc le circuit mondial en aidant son regretté compère Juan Mauricio Soler. Ne participant pas au Tour de France dans un premier temps, le Tour de Turquie 2009 est le théâtre de ses premiers succès : une étape et le général. Entre temps passé chez Radioshack, c’est véritablement en 2011, dans la nouvelle équipe Orica-Green Edge que le Sud-africain va s’épanouir. Prenant de plus en plus d’importance dans le dispositif vert et bleu de Matthew White, il devient progressivement une pièce maîtresse du train réservé à Matthew Goss ou à ses seconds pour d’autres occasions. Ces seconds justement, il n’est pas loin d’en devenir un et le deviendra suite à sa révélation sur le World Tour. Auteur du kilomètre sur l’arrivée de la deuxième étape du Tour du Pays-basque 2012 à Vitoria-Gasteiz, il eut sa part de gâteau lors du très bon début de saison collectif. Et rebelote cette année puisque sur cette même course qui lui réussit visiblement bien, il s’impose à nouveau dans la même localité de Vitoria. Poisson-pilote, possédant logiquement une bonne pointe de vitesse, il a aussi en lui la faculté de passer décemment les bosses, ce qui ouvre un large champ de travail. C’est tout naturellement qu’il a gravit les échelons du gratin mondial, au point de monter sur le podium protocolaire à Montpellier. Une joie pour tout un peuple, actuellement dans la souffrance avec l’état de santé de Nelson Mandela…

La consécration d’une équipe décriée

Cependant, si Impey se voit auréolé du privilège du maillot jaune, c’est bien à son équipe qu’il le doit. Parce qu’elle a décidé de faire passer le maillot de Gerrans à lui, surtout. Mais pas que ! Actrice involontaire du final de la première étape suite à son bus devenu célèbre, elle a conclu son aventure corse par une victoire de prestige pour son chef de file Simon Gerrans. Une victoire d’étape est toujours excellente pour le moral des troupes et aura une nouvelle fois lancé une dynamique. En effet, rien ne semble les arrêter ! Pas favoris face aux armadas Sky et OPQS à Nice ? Que nenni, l’esprit d’équipe a triomphé et voilà Gerro en jaune. Si le lendemain, Matthew Goss n’a pu concrétiser les attentes de ses partenaires, c’est ce jeudi Daryl Impey qui a poursuivi la fête pour ces derniers, souvent décriés pour leur présence inutiles dans les derniers kilomètres. Ils manquaient le coche ? Les voilà en train de faire taire leurs détracteurs, d’autant plus qu’on risque de continuer de les voir sur nos écrans jusqu’aux premières étapes pyrénéennes ce samedi. Michael Albasini aurait pu être le troisième larron mais sa perte de temps sur la cassure du jour vient de compromettre ses chances et les probabilités de faire « tourner le maillot ». On en vient donc à l’après-montagne pour la formation australienne, qui peut légitiment espérer une nouvelle victoire d’étape sur un sprint pur, mais qui doit surtout avoir dans son viseur les quelques étapes accidentées comme celles de Lyon ou de Gap, qui pourraient de nouveau convenir au héros Gerrans. Mais de toute manière, en quelques jours, Orica a réussi son Tour de France comme peu d’équipes, et tout le reste ne sera que bonus.

Alexis Midol


 

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