Franco Pellizotti a été l'une des seules satisfactions de la saison pour Androni - Photo Gian Mattia d'Alberto
2 novembre 2014

Androni s’est fait voler la vedette

Fidèle habituée de la Continentale Pro, l’équipe Androni Giocattoli – Venezuela de Gianni Savio n’a pas connu la même réussite en cette année 2014 que les saisons précédentes. Un problème de finition symbolisé par l’absence d’une victoire significative. Conséquence logique, ses rivales Neri et Bardiani se sont partagées le festin sur la Coupe d’Italie, donnant accès au premier sésame pour le Giro 2015.

Deux raisons d’être satisfaits

Toujours le même état d’esprit. Une fois de plus, l’équipe transalpine s’est distinguée par ses velléités offensives. marquée N’hésitant pas à aller de l’avant, à faire la course, quitte à reculer dans les derniers kilomètres après avoir fait le spectacle. Une philosophie de groupe qui tient à cœur à son manager, et représentée par des jeunes s’adaptant aux exigences. Ainsi, les Rosa, Zilioli et Zordan, pour ne citer qu’eux, ont encore brillé par leur abnégation. Un record est donc à mettre au profit du groupe, celui du kilomètrage parcouru en échappée sur un grand tour. Déjà détenu par Androni l’an dernier, il a été amélioré au mois de mai, avec un total de 2430 kilomètres…La seule récompense ? La montée de Marco Bandiera sur le podium à Trieste, pour le classement des Meta Volante – les sprints intermédiaires. On rêvait sûrement de mieux.

L’expérience toujours précieuse de Franco Pellizotti. Comme bon nombre d’équipes italiennes, on cherche davantage à former des jeunes chez Androni, bien que l’une de leurs particularités est d’engager des coureurs expérimentés non conservés dans la division reine, voire repentis. Champion national l’an passé, Franco Pellizotti a encore fait le boulot sur les courses les plus importantes. Douzième du Giro en étant passé tout près d’une victoire de prestige au Zoncolan, neuvième du Trentin, sixième de la Semaine Coppi et Bartali, et placé sur les dernières classiques d’octobre, le gaillard de 36 ans est encore indispensable, et la garantie de résultats honorables.

Quatre raisons d’être déçus

Un zéro pointé sur le Tour d’Italie. Certes, il y a cet impressionnante débauche d’énergie dans les échappées, et ce classement des Meta Volante à l’actif de Bandiera, mais sinon ? En claquant systématiquement au moins une étape depuis 2008 – on se souvient des dernières années de Simoni, du retour gagnant de Scarponi ou encore du phénomène Rujano -, elle était lancée sur une dynamique fructueuse, brisée en 2014. Pellizotti n’a plus ses jambes de vingt ans, Jackson Rodriguez a loupé le coche à Rivarolo Canavese – sur les terres de ses dirigeants -, et Emmanuele Sella s’est fait très discret… Le petit poucet devenu star, c’était clairement Bardiani et ses trois victoires au culot.

La déception apportée par les recrues néerlandaises. En décrochant les services de Johnny Hoogerland et de Kenny Van Hummel, la structure italo-vénézuélienne avait tout à gagner. Un marché intéressant dans le nord de l’Europe, qui découlait logiquement sur de nouvelles invitations comme au Ronde, et deux coureurs confirmés, respectivement capables de renforcer pour le premier, l’ADN collectif, et pour le second, le compteur de victoires. Bilan ? L’ancien héros malheureux du Tour 2011 n’a pas pu s’exprimer, tandis que le véloce batave a levé les bras trois fois sur des courses de seconde zone. C’est bien pour le sponsor de se distinguer en Amérique du Sud, mais le prestige en est tout autre. Un coup d’épée dans l’eau, et une aventure qui a tourné court pour « Hoogie » , déjà repartie vers d’autres cieux.

Six victoires, c’est bien trop peu. Avec six petits succès, on est bien loin du total de 2012, où l’on en comptabilisait dix-huit, sans oublier 2013, couronnée de treize victoires. Plus inquiétant encore, quand on les regarde dans le détail, on s’aperçoit qu’une seule fut décrochée sur le continent européen, celle de Manuel Belletti à l’occasion de la première étape du Tour du Limousin. Car gagner au Langkawi ou sur le circuit sud-américain, ce n’est pas tout à fait pareil… Et c’est pour ce point précis l’efficacité des sprinteurs qui est à mettre en cause. Mattia Gavazzi était une valeur sûre, mais il n’est plus à la maison. Van Hummel a déçu, Belletti n’est pas un killer, et le jeune Bertazzo a réalisé une saison blanche. C’est bien dans cette optique qu’Oscar Gatto et Davide Appollonio ont été débauchés pour la saison prochaine.

La non-reconduction de contrat d’Antonino Parrinello. Dernier point qui nous laisse en suspens, certains choix du mercato qui ne se sont pas révélés très judicieux. Pourtant l’un des meilleurs hommes de 2014, Parrinello n’a pas vu son contrat prolongé. Plus globalement, les départs de Fabio Felline, Mattia Gavazzi ou Miguel Rubiano n’ont pas été compensés l’hiver dernier. La première réunion officielle de préparation s’est faite en fin de semaine, et les recrues ont été présentées. Avec les renforts d’Appollonio, Benfatto, Ebsen, Gatto, Gimenez, Nardin, Stortoni et le roumain Tvetcov, l’équipe Androni n’aura pas le droit à l’erreur en 2015.

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