Blessé en début de Vuelta, Alberto Contador s'est battu comme il a pu mais n'est pas monté sur le podium - Photo Unipublic / Graham Watson
13 septembre 2016
Par  Robin Watt 

Contador, la fin d’une époque

Jamais dans sa carrière Alberto Contador n’avait connu une telle série. Depuis un peu plus d’un an, il a disputé trois grands tours, mais n’en a remporté aucun. Une anomalie pour le Pistolero, qui à bientôt 34 ans, a sans doute atteint un point de non retour.

Un ratio qui s’inverse

Jusque fin 2012, Alberto Contador était une machine. Sur huit grands tours disputés, il en avait remporté six – même si deux lui seront ensuite retirés. Seuls les Tours de France 2005 (son premier, à 22 ans) et 2011 (enchaîné après un Giro victorieux) lui avaient échappés. Mais depuis, la belle mécanique s’est enrayée. Il est difficile de dire que la suspension de l’Espagnol a changé les choses puisque après son retour, il est encore allé remporter un Giro et deux Vuelta. Mais l’âge, lui, a été sans pitié avec le Madrilène. La course rose, en mai 2015, est pour le moment son dernier succès sur une épreuve de trois semaines, et il paraît difficile d’imaginer Contador en conquérir un nouveau. Depuis l’arrivée à Milan il y a bientôt dix-sept mois, le leader de l’équipe Tinkoff a disputé trois grands tours. Pour ne monter sur aucun podium.

On pourrait dire que l’Ibère ne fait jamais dans la demi-mesure, et que c’est lié. Il n’a de toute façon jamais décroché une deuxième ou une troisième place sur une course de trois semaines. C’est la philosophie du garçon qui veut ça : il est prêt à risquer de tout perdre pour avoir une infime chance de gagner. En 2013, sur le Tour de France, il s’était battu jusqu’au bout pour faire vaciller Froome, jusqu’à se mettre lui-même en difficulté. Résultat, il avait cédé sa troisième place à Rodriguez, et terminé au pied du podium. Mais ce temps-là semble révolu. Si Contador n’est pas monté sur la boîte du Tour l’an dernier, ni sur celle de la Vuelta dimanche soir à Madrid, ce n’est pas parce qu’il a trop attaqué. Il n’est simplement plus en mesure de tenir le rythme de Chris Froome et Nairo Quintana. Sur les routes espagnoles, ces dernières semaines, il s’est d’ailleurs ouvertement battu pour la troisième place. Mais a été vaincu par un Esteban Chaves entreprenant.

A qui le tour ?

A bientôt 34 ans – il les aura en décembre prochain -, Contador n’a pas à rougir de ses performances actuelles. Si Cadel Evans avait remporté le Tour de France à cet âge en 2011, il s’agissait justement d’un exploit qui n’a pas manqué d’être salué. Et l’Australien n’avait pas face à lui les redoutables rivaux actuels du Madrilène. Pourtant, le Pistolero rêve lui aussi de partir sur un tel succès. Lever les bras à Paris, sur l’épreuve qui l’a révélé aux yeux du grand public à l’été 2007, serait pour lui la fin idéale. Mais désormais illusoire. Le double vainqueur du Tour n’a plus connu les joies du podium parisien depuis 2010, soit une éternité. Ces six dernières années, entre suspension, abandons et échecs sur la route, il navigue de déception en déception sur les routes de l’Hexagone. Il n’est plus le maître des courses de trois semaines. Et depuis peu, il n’est même plus le patron de la Vuelta, lui qui avant cette année, y avait gagné à chacune de ses participations. Incontestablement, Alberto Contador est en train de passer la main. Reste à savoir si quelqu’un saura prendre sa relève.

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8 Commentaires sur "Contador, la fin d’une époque"

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pat
pat

C’est la fin d’une génération de coureurs qui a marqué la 1ère décennie des années 2000 tant sur les grands tours que sur les classiques . Ils tirent tous peu à peu leur révérence . Rodriguez et Cancellara quittent le peloton cette année , Boonen en avril prochain , Contador suivra un peu plus tard . Les nouveaux patrons du peloton arrivent plein de fougue et de jeunesse . Le duel Cancellara-Boonen sera remplacé par celui entre Sagan-Van Avermaet , et sur les courses à étapes pourquoi pas les Quintana-Aru . Le plus marquant chez Contador c’est son panache . Même quand il n’est pas au top il tente de faire tout exploser . Cette manière de courir à l’ancienne manquera quand il quittera le peloton . Espérons que certains jeunes coureurs suivront son exemple pour nous offrir des courses plus explosives .

charly popette
charly popette

Depuis sa suspension, il est à son vrai niveau. C’est à dire commun. C’est un maitre es tactique mais un coureur normal. Au final, je considère qu’il n’a gagné aucun tour…

rolfsorensen
rolfsorensen

Contador a été ET poursuivi par la poisse ET victime de ses choix. En 2014, il sort du Tour sur blessure (comme Froome), en 2015 il double avec le Giro, en 2016, il sort sur blessure… Il n’y a qu’en 2013 qu’il paraît un vrai ton en-dessous avec les mêmes moyens que ses adversaires directs… Entre-temps il aura tout de même gagné 2 Vuelta et 1 Giro… Alors, cette fois-ci, est-ce vraiment la saison du déclin?

gougi
gougi

un coureur commun ! qui gagne deux vuelta et un giro apres sa suspension ! donnez moi le dernier français aussi ..commun, allons soyons sérieux, et je n’apprécie pas spécialement Contador.

bullomaniak
bullomaniak

Ah, vous avez osé le jeu de mot « la fin d’une EPOque »;^^

bob
bob

remarque nulle et archi nulle.

genghis
genghis

Je trouve l’ article précipité, vous accordez trop d’ importance à sa performance sur la vuelta. Avez vous oublié qu’il s’ est blaisé sur le tour et que son médecin avait prévenu que Contador pourrait faire la vuelta, mais sans conditions, ni garantis ? De plus Cavendish montrait des signes bien plus inquiétants les dernières années et voila qu’il fait une nouvelle razzia sur le tour. Contador n’ aura plus jamais son meilleur niveau et sa domination ( comme Cavendish d’ ailleurs ) mais c’ est pas pour autant qu’ il ne sera pas capable de gagner un grand tour. Avant le tour et sa chute Contador venait de signer un contrat de deux ans et occupait la 1er place du Word tour) , cet article aura lieu d’être sans doutes dans deux ans mais pas pour l’ instant, heureusement d’ ailleurs…

Baboutox
Baboutox

Bravo, merci beaucoup pour se commentaire! Les emballements médiatiques autour des performances des coureurs. Avant Cavendish c’était Greipel l’année dernière qui était annoncé déclin vu son Giro moyen et puis bim il gagne 4 étapes du Tour et les journalistes le disent « meilleur sprinteur du monde ». Hesjedal pareil annoncé sur le déclin et qui finit le Giro 2015 avec 2 podium d’étapes et un Top 5 final.
Il ne faut pas tirer de conclusions trop vite. A l’inverse certains annoncaient quasiment un podium pour Alaphillippe et au final on a bien vu qu’il avait pas encore la régularité pour tenir 3semaine un général