Sur le podium l'an passé, Vanmarcke et Terpstra pourront-ils se payer Cancellara à Roubaix ? - Photo AFP
12 avril 2014

A qui l’honneur du Vélodrome ?

Une semaine après le Tour des Flandres, c’est l’heure, déjà, du troisième monument de l’année. Et les 259 kilomètres menant le peloton de la périphérie de Compiègne à Roubaix donneront assurément, une course de titans. Le long des 28 secteurs pavés répertoriés, les spécialistes de la discipline devraient se livrer une belle bataille, même si un favori hante toutes les têtes : Fabian Cancellara. Tenant du titre et nouveau triple vainqueur du Ronde, il sera une nouvelle fois l’homme à battre ; mais il devra se méfier d’un collectif OPQS revanchard après sa déconvenue du côté d’Audenarde, et d’un Sep Vanmarcke qui s’affirme.

– Les Favoris

***** Fabian Cancellara : La machine suisse revient sur l’Enfer du Nord plus déterminé que jamais, afin d’entrer une nouvelle fois dans la légende, en égalant le record de victoires détenu par son rival de toujours Tom Boonen, et la figure Roger de Vlaeminck. Surpuissant dans ses meilleurs jours, le leader unique de l’équipe Trek devra cependant se passer du forçat Devolder, et devra une nouvelle fois composer avec une énorme pancarte difficile à lâcher. Cette fois, il ne faudra cependant pas se faire surprendre, comme ce fut le cas en 2011 dans une situation similaire. Cependant, même en difficulté – comme la semaine dernière en Flandre -, Canci a toujours plus d’une corde à son arc.

**** Sep Vanmarcke : Le héros malheureux de l’édition 2013 s’apprête à faire son retour sur le Vélodrome de Roubaix. Mais cette fois, plus question de se cacher derrière un statut d’outsider, il est bel et bien là pour la gagne. Impressionnant sur à peu près toutes les flandriennes de l’année, il a fait bien plus que tenir tête à Cancellara sur le Paterberg il y a une semaine, et ne se fera plus piéger de la même manière en cas de sprint tactique. C’est peut être le seul à pouvoir battre le Suisse à la pédale, et le soutien officiel de Lars Boom pourrait peser.

– Les Outsiders

**** Tom Boonen : Attention au réveil de Tommeke ! Perturbé dans sa préparation alors qu’elle commençait sous les meilleures auspices, le Flamand le confie volontiers, c’est bien sur le sol français qu’on le verra au maximum de ses capacités, au terme d’une campagne morose. Sans cesse remis en cause pour sa place sans doute trop dépendante au cœur d’un nœud de communication complexe à gérer pour Wilfried Peeters et Patrick Lefévère, il a l’occasion de rentrer définitivement dans la légende, en devenant le seul homme quintuple vainqueur de Roubaix. Malgré tout, pour cela, il faudra se montrer bien plus fort que dans le dernier tour de circuit du Ronde, où Boonen peinait à suivre Kristoff dans les pentes les plus rudes.

**** Niki Terpstra : Habitué au fauteuil d’équipier de luxe, le Néerlandais s’est progressivement construit un palmarès à en faire pâlir plus d’un. Et cette année, on sent que l’ancien de la Milram a passé un cap supplémentaire. Après l’erreur tactique d’envoyer Vandenbergh à l’avant la semaine dernière, OPQS devrait donner des libertés à Terpstra, qui semble taillé pour Paris-Roubaix. Sur le podium l’an passé, à lui de surfer sur la vague de son excellent printemps, marqué par une démonstration de force sur A Travers la Flandre…

*** Taylor Phinney : On parle peu de l’Américain, mais c’est bel et bien la grosse côte de ce Paris-Roubaix. Si la BMC est également fournie en nombre de coureurs pouvant revendiquer le statut de leader, il semble difficile d’attendre une performance honorable d’un Thor Hushovd sur le déclin. Véritable métronome face à la montre, on se souvient de son premier Enfer du Nord l’an passé, où il avait réalisé un travail monstrueux dans la Tranchée d’Arenberg notamment. Fasciné par ce monument, il ne faudra pas le laisser partir comme sur le dernier Tour des Flandres, où il avait bien failli donner quelques sueurs froides au peloton…

*** Zdenek Stybar : Encore un Omega ! Qui sait ce qu’aurait pu faire le Tchèque s’il n’avait pas percuté un spectateur des plus distraits dans le Carrefour de l’Arbre, en 2013 ? Le double champion du monde de cyclo-cross a progressé à vitesse grand V dans le monde de la route, et le voici paré pour jouer la gagne sur ce type de classiques, qui conviennent parfaitement à son tempérament de feu. Mais l’an dernier, avec autant d’individualité, OPQS n’avait pas réussi à battre Cancellara. Il faudra donc jouer de malice pour ne pas se louper de nouveau.

*** Peter Sagan : Malgré sa victoire sur le GP E3 d’Harelbeke, la campagne de classiques version 2014 du Slovaque de la Cannondale ne restera pas dans les annales, et l’impression donnée n’est pas des plus fulgurantes. On ressent même une certaine stagnation sur les monuments, où Sagan est pour le moment incapable de concrétiser. Cependant, le natif de Zilina est orgueilleux et s’il vient au départ de l’Enfer du Nord, ce n’est pas pour apprendre. Il veut gagner. Reste à voir s’il aura les capacités pour suivre sur les pavés, mais s’il joue la gagne sur le Vélodrome, personne ne pourra le battre.

*** Greg Van Avermaet : Même configuration que Sagan pour celui ayant échoué de manière malheureuse face à l’ogre suisse en Flandre dimanche dernier. Si Paris-Roubaix n’est pas pour lui convenir sur le papier, il y a toutefois pris la quatrième place par le passé, et sera inévitablement dans la partie dans le final. Mais gardera t-il la lucidité suffisante pour s’offrir le plus beau résultat de sa carrière ? Cela paraît quelque peu compliqué.

** Damien Gaudin : L’ancien rouleur de l’équipe Europcar, désormais chez AG2R la Mondiale, compte bien rééditer le même genre de performance que celles entrevues en 2013, et devrait logiquement prendre le leadership au détriment d’un Sébastien Turgot discret. Sur la course de ses rêves, le vainqueur du prologue de Paris-Nice il y a un an voit les portes du top 5 une nouvelle fois ouvertes. En anticipant les débats, on ne sait jamais ce qu’il peut se passer…

– A ne pas sous-estimer

** Björn Leukemans : Âgé maintenant de 36 ans, Leuki n’a rien perdu de sa grande régularité sur les grandes classiques printanières, mais reste un brin limité face aux mastodontes du pavé pour viser la victoire à la régulière. Il lui faudrait anticiper pour prétendre au podium, de la même manière que la semaine dernière où il s’est montré à son avantage

** Geraint Thomas : En forme depuis le début de saison mais jusqu’alors malheureux, il devrait être leader sur ce Paris-Roubaix Si la victoire paraît difficilement envisageable, on se rappellera qu’en 2010, sur l’étape du Tour arrivant à Arenberg, Thomas avait terminé dans le groupe de tête, avec Hushovd et Cancellara.

** Alexander Kristoff : Le Norvégien n’est toujours pas redescendu de son nuage après sa victoire à Sanremo. Encore à son aise sur le Ronde, il vient sur Roubaix avec une expérience quasi nulle, mais concluante (10e l’an dernier pour sa première participation). Sa science de la course n’est plus à prouver, et en cas d’enterrement de première classe, gare aux déconvenues pour les spécialistes.

** Heinrich Haussler : Deuxième de la Primavera et du Ronde en 2009, il paraît bien loin le temps ou l’australo-allemand était au sommet de son art.. Cependant, il sera ce dimanche propulsé porte-drapeau d’IAM Cycling suite au forfait de Sylvain Chavanel. L’occasion de faire un retour fracassant parmi les meilleurs, même si son début de saison n’est pas des plus encourageants.

** Stijn Vandenbergh : Quatrième du Ronde et de l’E3, deuxième du Nieuwsblad en 2013, cinquième de Kuurne-Bruxelles-Kuurne et huitième l’an dernier de Gand-Wevelgem, le CV de l’ancien capitaine de route de la Katusha est des plus probants. Cependant, peu véloce au sprint et pas assez explosif, les éléments sont contre lui et il lui sera difficile, après son échec de dimanche dernier, d’espérer plus qu’n rôle d’équipier.

* John Degenkolb : Le Thuringien d’origine est plus qu’un sprinteur, c’est un homme de classiques désormais aguerri. Vainqueur tout en maîtrise de Gand-Wevelgem il y a deux bonnes semaines, ses progrès sur les classiques les plus difficiles sont spectaculaires, et le voici devenu comme candidat sérieux à une place parmi les dix premiers d’un tel monument. Pas loin d’accrocher le groupe de treize sur le Ronde, il faudra s’en débarrasser le plus vite possible du côté des cadors.

* Filippo Pozzato : Le fantasque italien n’a pas été très en vue depuis le début de la saison, et a même déçu les observateurs de l’autre côté des Alpes par ses piètres résultats sur les classiques qu’il affectionne tant. Cependant, Pippo était dans le coup lors du Tour des Flandres, et un pépin mécanique est survenu alors que le meneur de la Lampre était en cinquième position, tout sourire dans le Koppenberg. Dauphin de l’intouchable Boonen en 2009, il n’est pas à enterrer trop vite.

* Sebastian Langeveld : Le Néerlandais, transfuge d’Orica, sera l’homme de pointe de Jonathan Vaughters sur les routes menant à Roubaix. Toujours placé, mais rarement gagnant, c’est un collectionneur de tops 10 sur les classiques pavées, qui pourrait semer la zizanie si un petit groupe tentait d’anticiper les débats, et répéter le schéma victorieux de 2011.

* Bradley Wiggins : Sir Bradley Wiggins mérite bien une étoile, rien que pour sa récente déclaration. En effet, selon lui, Paris-Roubaix est la plus belle course au monde, largement devant un Tour de France, qu’il a pourtant remporté… Habitué aux métamorphoses en fonction de ses objectifs, Wiggo semble redevenu le rouleur d’antan, et le voici parti à la conquête de nouveaux défis. Let’s go !

Mentions : Vincent Jérôme, Yoann Offredo, Lars Bak, Borut Bozic, Kenneth Vanbilsen, Martijn Maaskant, Bernhard Eisel, Mathew Hayman, Marcus Burghardt.

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