La saison 2013 terminée, il est temps d’entamer les bilans. Et pour commencer, concentrons-nous sur les hommes que l’on attendait au plus haut niveau, sur les grands tours et les classiques, et qui ont tenu parole. Ils sont forcément moins nombreux que les déceptions, mais l’on recense là les valeurs sûres du peloton !

Chris Froome : Evidemment, le Britannique est le premier nom qui vient en tête pour faire partie de cette catégorie. On l’attendait dominateur partout où il s’alignait, et ce jusqu’au Tour de France. Il n’a pas déçu. Tour d’Oman, Critérium International, Tour de Romandie, Dauphiné puis Grande Boucle, entre janvier et juillet, seul un Tirreno-Adriatico terminé deuxième assombrit le tableau. En véritable patron, le leader de la Sky s’est montré être le meilleur coureur de courses à étapes du peloton, et compte bien entrer dans l’histoire ces prochaines années.

Vincenzo Nibali : Lui aussi était attendu, mais pas au même endroit. Sur la course rose, sa course, son grand tour, qu’il se devait de remporter pour la première fois. Sans concurrence, le Sicilien a bravé les conditions météorologiques pour s’imposer à Brescia, presque facilement. Avant ça, il avait déjà brillé sur Tirreno et au Tour du Trentin. Et après ça, il est passé tout proche de remporter la Vuelta (2e derrière Horner) et les Mondiaux (4e et archi-présent). Alors oui, le Squale aurait pu faire encore mieux, mais cela aurait relevé d’un véritable exploit.

Fabian Cancellara : Dans les premiers kilomètres du Tour des Flandres, Tom Boonen chute et abandonne. Ca y est, la voie est libre pour le Suisse, qui se retrouve avec l’obligation de faire le doublé Ronde puis Roubaix. Il ne se démonte pas et y parvient, après avoir déjà conquis le GP E3. Il n’y a guère que Milan-Sanremo qui lui soit passé sous le nez, malgré des jambes de feu. Alors qu’importe ses performances en chrono, il s’est imposé comme le classicman de l’année en répondant parfaitement au doublé de Boonen en 2012.

Mark Cavendish : Force est de constater qu’en 2013, l’homme de Man n’a pas été aussi dominateur qu’à son habitude. Mais avec cinq victoires et le maillot de meilleur sprinteur sur le Tour d’Italie, le Cav’ avait déjà réussi sa première partie de saison. La deuxième a été un peu plus compliquée, la faute à une rude concurrence sur le Tour qui a réduit son butin à deux bouquets « seulement ». Mais à côté, le Britannique a enlevé quelques victoires par-ci par-là, de quoi demeurer la référence (avec Marcel Kittel désormais) du sprint mondial.

Tony Martin : Il était attendu comme le maître des chronos, surtout avec un Cancellara qui avait annoncé se focaliser sur les classiques. Avec neuf succès dans l’épreuve chronométrée (en douze participations, dont le chrono Emrbun-Chorges sur le Tour, à l’opposé de ses qualités), l’Allemand a mis tout le monde d’accord. Sacré une troisième fois consécutive aux Mondiaux de Florence, il est bien la référence dans l’effort solitaire. Et à seulement 28 ans, il peut espérer glaner encore de nombreuses victoires, et ainsi devenir l’un des plus grands rouleurs de l’histoire.

Joaquim Rodriguez : Toujours pas de grand tour dans la besace, et pas non plus de nouvelle classique, on aurait pu penser que la saison de Purito est ratée. Mais son sacre – encore une fois – de numéro un mondial au classement UCI ne trompe pas : le garçon a été très régulier, placé presque partout là où il s’est aligné. Héros malheureux du Mondial florentin, il a malgré tout remporté un monument avec le Tour de Lombardie. Sans oublier deux places d’honneur sur les grands tours (3e du Tour et 4e de la Vuelta), le tout à 34 ans…

Peter Sagan : Le Slovaque, maillot vert du Tour 2012, était attendu au tournant. Serait-il capable de rééditer la performance sans les arrivées en bosses qui l’avaient favorisées l’an passé ? La réponse a été sans appel, oui. Et avec une victoire d’étape en prime. A côté de ça, il a appris à gagner sur les classiques World Tour (Gent-Wevelgem et GP de Québec) et s’est montré très bien placé sur les grosses courses d’un jour (2e de Milan-Sanremo, du GP E3 et du Tour des Flandres, 6e des Mondiaux). Très prometteur pour la saison prochaine…

Alejandro Valverde : L’Espagnol a toujours autant de mal à aller chercher les grandes victoires. Malchanceux sur le Tour malgré une forme éblouissante, il voit s’échapper le podium, et termine quelques semaines plus tard 3e de la Vuelta. Et sur les courses d’un jour, le garçon n’est pas plus chanceux : 2e de l’Amstel, 7e de la Flèche, 3e de Liège, 2e de la Clasica San Sebastian, 3e des Mondiaux et 2e du Tour de Lombardie. Une collection de places d’honneur, ce dont on le savait capable. Mais toujours pas de grande victoire depuis son retour de suspension.

Sylvain Chavanel : Il faut pour le Français regarder son début de saison, incroyable. Septième de l’Omloop Het Nieuwsblad en mars, c’était le début d’une belle campagne de classiques, qui le verra terminer 4e de Milan-Sanremo et 6e du GP E3. Avec entre temps une victoire d’étape et une cinquième place finale sur Paris-Nice. Malheureusement, on aurait aimé plus, notamment sur les deux monuments pavés (13e du Ronde, 19e de Roubaix) et sur l’ensemble des chronos de sa saison. Mais Chavanel, malgré tout, a réalisé un exercice satisfaisant.

Rigoberto Uran : La saison du Colombien a été contrastée, avec une Vuelta à l’opposé du Giro. Mais sa très belle deuxième place acquise lors des derniers jours sur le premier grand tour de l’année (et son premier disputé comme leader, suite à l’abandon de Bradley Wiggins) donne forcément satisfaction sur l’ensemble de l’année. Alors évidemment, on aurait apprécié de voir le futur pensionnaire de l’équipe Omega-Pharma Quick-Step plus à son avantage sur les classiques puis sur le Tour d’Espagne. Mais on ne peut pas tout avoir.

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