Même s'il a perdu le maillot jaune sur la dernière étape du Dauphiné, Richie Porte est l'un des favoris en vue du Tour - Photo ASO / A. Broadway
Favori TDF #3
28 juin 2017

Porte, de l’eau au vélo

L’ensemble de la rédaction de Chronique du Vélo a fait ses pronostics en vue du Tour. Nous avons chacun livré notre top 10, notre maillot vert et notre maillot à pois pour finalement établir notre propre classement. Jusqu’à la veille du départ, nous allons donc vous présenter ces protagonistes via des portraits décalés. Le but : vous faire redécouvrir ces champions dont on parle déjà tout au long de l’année. Voici donc Richie Porte, que nous avons classé troisième.

Il est surnommé « The Fish » : le poisson. Parce que c’est bien dans l’eau que Richie Porte a découvert le goût de la compétition. Une compétition qui l’a mené des bassins australiens, où il a très jeune excellé, aux routes du Tour de France, où il espère triompher.

La natation avant le vélo

Richie Porte n’est venu aux compétitions cyclistes que très tard, en 2006, alors qu’il avait déjà 21 ans. Le sport, par contre, le leader de la BMC l’a dans la peau depuis bien plus longtemps. Mais l’Australien est avant tout un nageur. « J’ai grandi en Australie et nager là-bas, c’est un peu le style de vie, confiait-il à Global Cycling il y a quelques mois. En plus, mon père gérait plusieurs piscines à l’époque et les premiers moments dont je me souviens, ce sont ceux que j’ai partagé avec ma famille dans un bassin. » Richie Porte se met vite aux compétitions de natation et à huit ans, il martyrise les bassins de Tasmanie, cette île où il a vu le jour il y a trente-deux ans.

Après la natation, c’est alors le triathlon qui prend de passion l’Australien. À partir de ses 18 ans, il commence à enchaîner les courses à un très haut niveau. Richie Porte nage vite pour démarrer et fini ses triathlons en courant dix kilomètres en moins de trente minutes. Monstrueux. Pourtant, là où l’Australien s’éclate le plus, c’est en vélo. Alors, en 2006, il saute le pas et se lance complètement dans le cyclisme. Il passe professionnel en 2008 et obtient vite des résultats probants en Australie, remportant les Tours de Perth et de Tasmanie mais surtout en battant le record de l’ascension du Mont Wellington de plus d’une minute. Un record qui appartenait jusque là à… Cadel Evans.

L’année suivante, il fait ses premiers pas en Europe avec l’équipe australienne Praties. Sa belle victoire sur l’étape chronométrée du Baby Giro lui permet d’attirer l’attention d’équipes World Tour, intriguées par son profil. Et c’est Saxo Bank qui emporte la mise à l’intersaison. Durant le camp d’entraînement d’hiver, les coureurs de la formation danoise sont testés sur leur capacité de résistance sous l’eau. Le but est de parcourir la plus grande distance en apnée. Quand l’Australien prend le départ, le record est de 50 mètres, et peu sont ceux qui l’ont approché. Porte plonge donc mais n’émerge pas. Les membres du staff sont pris de panique, ils ne connaissent pas le phénomène. Mais l’enfant de Tasmanie ressort à 72 mètres, ou comment faire une bonne première impression. C’est de cet épisode passé à la postérité que l’Australien reçoit son surnom de « Fish ».

Comme un poisson dans l’eau

L’anecdote passée, son année 2010 est sensationnelle. Pour sa première saison dans l’équipe de Bjarne Riis, il s’offre en avril un top 10 en Romandie agrémenté d’une victoire sur le contre-la-montre, puis en mai, il vit un premier Giro hors norme. Trois jours en rose, un maillot de meilleur jeune et septième à Milan pour une première, ça vous classe le bonhomme. Après ça, Porte s’épanouit dans un rôle d’équipier de luxe pour Contador puis de lieutenant pour son ami Froome lorsqu’il rejoint Sky en 2012. Il se manque néanmoins lorsque le rôle de leader lui incombe dans l’équipe britannique, que ce soit sur le Tour 2014 ou sur le Giro 2015. Mais sur la Grande Boucle l’an passé avec BMC, Porte a – enfin – rassuré en terminant cinquième d’un Tour mouvementé.

Pas de quoi, en revanche, lui faire tirer un trait sur ses heures passées à la piscine. Quelques soient ses équipes ou ses rôles, la natation reste un rituel essentiel dans sa préparation. Et même plus, pour son bien être. Nager, Porte y trouve toujours un intérêt : « L’hiver, je fais de bonnes sessions de quatre kilomètres pour brûler les quelques kilos que j’ai en trop, explique-il à Global Cycling. Et pendant la saison, je m’en sers aussi comme outil de récupération car ça détend les muscles, c’est presque comme un massage. » Alors certes, la natation ne fait pas travailler les mêmes muscles que le vélo, et cela peut sembler contradictoire avec le physique espéré pour un grimpeur. Mais le garçon balaye cette réflexion d’un revers de main : « Souvent on dit que la piscine est déconseillée pour les cyclistes car ça développerait trop le haut du corps. C’est une sorte de mythe. En réalité, la natation est une bonne façon de récupérer et de prendre soin de son corps. »

Porte, qui s’entraîne souvent avec le médaillé mondial Mark Foster, loue aussi les bienfaits mentaux que ces séances lui apportent : « Ça fait du bien, parfois, de changer de type d’effort. » Homme en forme de la saison, pas très loin d’être le grand favori du Tour, Richie Porte devra néanmoins être aussi à l’aise dans son costume de leader sur trois semaines que dans l’eau. Faute de quoi il pourrait couler, comme ça lui est déjà trop souvent arrivé.

Qui voyez-vous remporter ce Tour de France 2017 ?

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