Interview
4 mars 2013
Par  Robin Watt 

Chavanel : « Il n’y a pas que deux coureurs dans l’équipe »

En trois ans, le rôle de Sébastien Chavanel a changé chez Europcar. Mais il demeure important.
En trois ans, le rôle de Sébastien Chavanel a changé chez Europcar ; mais il demeure important – Photo On Wheels V

Après plusieurs années en tant que fer de lance du sprint français, Sébastien Chavanel s’est reconverti en poisson pilote de Bryan Coquard, le nouvel espoir de la discipline. Malheureusement, une chute ce week-end dans un sprint des Trois jours de Flandre-Occidentale vient contrarier un début de saison presque parfait pour lui et son équipe. La volonté du natif de Châtellerault devrait cependant lui permettre de revenir très vite au meilleur de sa forme, pour des objectifs ambitieux qu’il livre à la Chronique du Vélo. Entretien.

Bonjour Sébastien. Tout d’abord, après votre chute de samedi, comment allez-vous ?

Pas très bien… J’ai passé six heures à l’hôpital (ce dimanche, ndlr). J’ai pas de fracture, donc c’est plutôt une bonne nouvelle, mais je suis cassé de partout, j’ai beaucoup de douleurs au niveau des côtes.

Est-ce que vous avez déjà une idée du temps de votre indisponibilité ?

Si tout va bien, je devrais reprendre à Milan-Sanremo, qui était dans mon programme initial au départ. Mais là je vais rester au repos trois ou quatre jours, pour voir comment les douleurs évoluent. Ensuite je pourrais avoir un avis définitif.

Normalement, ça ne devrait donc pas trop influer la suite votre saison…

Je l’espère. Parce que quand on chute à 60 km/h dans un sprint, ça ne fait pas que du bien. Donc on va essayer de mettre les soins en place pour que mon corps se remette le plus vite possible, comme si de rien n’était.

Cette saison 2013 avait jusque là bien commencée, dans quel état êtes-vous en entamant votre troisième saison chez Europcar ?

Je suis serein. Je travaille bien, on voit qu’il y a une bonne dynamique et ça fonctionne bien. Les tâches sont bien réparties, il y a une bonne osmose et je trouve qu’il y a un bon groupe cette année, avec une bonne mentalité. Finalement, ce n’est que la continuité du travail fait par Jean-René (Bernaudeau) ces dernières années.

Ces dernières saisons à Europcar, c’était un peu Voeckler, Rolland et les autres. Mais cette année, on voit aussi les autres coureurs comme Coquard ou Gaudin ce dimanche. Comment avez-vous vécu cette évolution ?

C’est vrai que Thomas et Pierre sont les leaders emblématiques de l’équipe, mais l’objectif de tout coureur dans un effectif est de donner le maximum en respectant le rôle qui lui est donné. Quand Bryan est arrivé dans l’équipe, il devait être le sprinteur désigné numéro un, et il le fait très bien. Damien c’était de faire de bons prologues, et il l’a prouvé ce dimanche. Donc chacun a un rôle et quand on a une opportunité, c’est à nous de la saisir, ce qu’on réussi à faire pour l’instant. Et c’est aussi important de voir qu’il n’y a pas que deux coureurs dans l’équipe, mais une vraie stratégie de fonctionnement et des ambitions.

Vous l’ancien grand sprinteur français, avez pris Bryan Coquard sous votre aile. Quelles relations entretenez-vous avec lui ?

Mon rôle est de l’épauler dans les sprints, et on a très bien réussi dès l’Etoiles de Bessèges. Je lui donne aussi des conseils en dehors du vélo et on voit que ça marche. Maintenant il faut espérer qu’il continue comme il est parti. Me concernant c’est un rôle qui me plait, et quand il est absent je peux aussi m’exprimer.

D’ailleurs, concernant vos ambitions personnelles, on connait vos capacités sur les classiques, des courses dont Coquard n’est pas un spécialiste. Est-ce que vous y jouerez votre carte personnelle ?

Oui, sur A Travers la Flandre, Gand-Wevelgem puis les Trois jours de la Panne. Ce sont des courses que j’apprécie, qui sont dans ma tête. J’espère que ma chute ne va pas m’empêcher de revenir en forme rapidement, d’autant plus que ma condition était bonne avant de tomber. Mais on est deux semaines avant Milan – San Remo, trois avant Gand-Wevelgem donc on va essayer de régler tout ça.

Pour revenir sur le duo que vous formez avec Bryan Coquard, aurez-vous, mis à part les classiques, le même calendrier ? Et comment voyez-vous l’avenir de votre collaboration ?

En fait, Bryan va s’essayer sur les classiques, dont on y sera ensemble. Ensuite, dès le mois de décembre, on avait prévu de faire un programme ensemble, qui commençait à Bessèges. Pour le mois d’avril, on se retrouvera donc sur le GP de Denain, le Tour de Turquie, le Tour de Picardie, les Boucles de la Mayenne ou le Tour du Luxembourg, pour faire des courses a étapes avec des sprints. Ça c’est pour le court terme mais on n’a pas de visibilité pour le long terme puisqu’Europcar n’est pas sûr de repartir pour 2014. Donc on se concentre sur ce qu’on sait faire pour les prochains mois, et pour la suite on verra…

Pour terminer, si ce n’est un prompt rétablissement, qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter pour la suite de la saison ?

De prendre du plaisir déjà, d’avoir des satisfactions personnelles et collectives ensuite, et de continuer comme ça parce que je pense qu’on est bien parti. Sans oublier de saisir ma chance quand j’aurai l’opportunité de m’exprimer.

Propos recueillis par Robin Watt


 

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