Depuis son arrivée chez les pros, l'équipe Orica n'a cessé de faire confiance à Ewan, aujourd'hui son meilleur sprinteur - Photo ASO / B. Bade
22 janvier 2017
Par  Robin Watt 

Ewan, incarnation de la précocité

C’est comme si le garçon ne cessait jamais d’impressionner. Passé pro à 20 ans, vainqueur d’une étape de la Vuelta à 21, le voilà désormais chef de file de l’équipe Orica sur les sprints. A 22 ans. Parce que le talent n’attend pas. Cette semaine sur le Tour Down Under, le jeune australien a remporté quatre étapes. Une performance que seuls Robbie McEwen et André Greipel ont déjà réalisé. Ça vous classe un coureur.

Maître des lieux

Sagan n’a qu’à bien se tenir. Le Slovaque a cumulé sur les routes australiennes trois deuxièmes places. Toujours devancé par le prodige local Caleb Ewan. Il faut dire que le garçon avait les dents qui rayaient le parquet cette semaine. A la question de savoir si quelqu’un réussirait à le battre, il a lâché un « Je n’espère pas » accompagné d’un grand sourire. Une réponse de gamin modeste, qui ne veut pas faire le beau en annonçant qu’il sera intouchable. Mais une réponse de gamin ambitieux, qui imagine malgré tout pouvoir passer la semaine dans la peau du patron. Résultat ? Il a réussi son pari. Sur les quatre sprints au programme, il est resté invaincu. Le sprinteur avec la position aérodynamique la plus originale du peloton continue donc son ascension. Certes, il était dans une bonne forme au Tour Down Under, quand tous les autres reprenaient très tranquillement. Mais l’an dernier, c’était déjà le cas. Et il avait décroché deux fois moins de bouquets.

A force de surprendre et de se montrer presque au niveau des meilleurs, Ewan pose donc question. Jusqu’où peut-il aller ? Quand atteindra-t-il son potentiel maximum ? Nul ne le sait. Mais ses premières performances de la saison devraient rassurer son équipe, et permettre au jeune australien de disputer les courses qu’il souhaite. A savoir Milan-Sanremo et le Tour d’Italie. Joli programme, mais rien d’insurmontable pour celui qui à 22 ans, a déjà pris le départ de deux grands tours – mais n’en a terminé aucun. Reste à voir s’il parviendra à remplacer son ancien coéquipier Michael Matthews et à titiller les habituels patrons de ces grandes épreuves. Les Cavendish, Greipel, Kittel ou Sagan souhaitent conserver leur chasse gardée. Que Caleb Ewan pourrait rapidement venir contester. Parce qu’au même âge, parmi ces quatre sprinteurs confirmés, un seul faisait mieux : Sagan.


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