Boasson Hagen a démarré la saison pied au plancher, avec déjà deux succès au Moyen-Orient - Photo Mathilde L'Azou
18 février 2016
Par  Robin Watt 

Boasson Hagen, au bon souvenir de son potentiel

Dix jours de course et déjà deux succès. La dernière fois qu’Edvald Boasson Hagen avait aussi bien entamé une saison, c’était en 2010. Alors bien sûr, des premiers mois en fanfare n’assurent pas de briller toute l’année. Mais en débutant la saison ainsi, le Norvégien nous rappelle tout son potentiel, et nous laisse même rêveurs.

Huit sur dix !

Le Challenge de Majorque pour reprendre, avant un détour par le Moyen-Orient, au Qatar et en Oman. C’était le programme d’Edvald Boasson Hagen il y a un an, lorsqu’il disputait ses premières courses chez MTN-Qhubeka. Aujourd’hui, l’équipe a changé de nom, mais le Scandinave a gardé le même calendrier. De quoi rendre encore plus saisissant le contraste entre 2015 et 2016. Après dix jours de course cette saison, « EBH » s’est montré d’une régularité impressionnante : huit tops 10, une onzième place et une seule journée vraiment hors du coup, la faute à une double-crevaison intervenue au pire moment. Lors de l’exercice précédent, à la même époque, il n’avait intégré les dix premiers d’une étape qu’à une seule reprise… « Je me sens plus fort que l’année dernière », a donc justement lâché le Norvégien durant le Tour du Qatar. En réalité, il semble même réaliser le meilleur début de saison de sa carrière.

Sans une mésaventure sur la quatrième étape, il aurait même sans doute remporté le Tour du Qatar. Vainqueur du chrono – avec une avance de 25 secondes sur son dauphin, soit davantage que ce qui séparait le deuxième du dixième de l’étape -, il s’était emparé de la tunique de leader avec une confortable avance. Il a fallu une double-crevaison le lendemain, à 8 kilomètres de l’arrivée, pour qu’il perde son avantage et ses espoirs de victoire finale. « Les emmerdes, ça arrive. Ca aurait été un grand succès, mais il s’est envolé. Je ne peux pas y faire grand chose », a-t-il concédé. Toutefois loin de se démobiliser, il a entamé le Tour d’Oman avec encore plus de motivation, et est allé conquérir un nouveau bouquet, ce mercredi au sommet de la montée de Quriyat. Assez costaud pour suivre Pozzovivo ou Nibali dans les plus forts pourcentages, il a ensuite profité des derniers mètres en replat pour dominer le sprint. Tactiquement, le Norvégien est au point. Mais physiquement, surtout, il semble en avance sur bon nombre de ses concurrents.

Cavendish ne le dérange finalement pas

Au général, son avance sur des grimpeurs comme Nibali ou Bardet est dérisoire : elle se compte en une poignée de secondes. Mais la Green Moutain, escaladée ce vendredi par les coureurs du Tour d’Oman, n’a pas de quoi effrayer Boasson Hagen. En 2011, il y avait terminé deuxième ! Si conserver le maillot rouge de leader apparaît donc comme utopique, s’offrir un bel accessit est dans les cordes du garçon. A 28 ans, il reste l’un des coureurs les plus polyvalents du peloton. Après avoir brillé contre-la-montre au Qatar et en moyenne montagne en Oman, il tentera au printemps de trouver l’ouverture sur les flandriennes et les ardennaises. Sans se fixer de limites. « Je vais courir presque toutes les classiques, expliquait récemment le Norvégien à Sporza. Je devrais en choisir une que je veux gagner ? Mais je veux toutes les gagner. » L’occasion de combler un palmarès qui, en dehors de Gand-Wevelgem, apparaît comme assez dégarni.

Car malgré les qualités démontrées par Boasson Hagen cette semaine quand la pente s’élève, (re)devenir un spécialiste des classiques et des sprints était son objectif affiché au moment de signer dans l’équipe sud-africaine. Conscient qu’il ne grimperait jamais comme des garçons 10 voire 15 kilos plus légers, le Norvégien a opté pour la raison. Et c’est d’ailleurs sur ces terrains pour costauds qu’on l’a toujours attendu. Reste que chez Dimension Data, le leadership se partage, et encore plus depuis cet hiver, qui a vu l’arrivée de Mark Cavendish. Cette vedette trop encombrante qui avait poussée « Eddy » à quitter HTC fin 2009 est de retour dans ses pattes. Mais paradoxalement, les deux hommes réussissent à cohabiter. Difficile, alors, de ne pas se remémorer les années où ils ont évolué ensemble : en plus de sa saison 2011, c’est dans ces années que le Norvégien a décroché ses plus beaux succès – Gand-Wevelgem, GP de Plouay, étapes du Giro, de Tirreno et du Dauphiné. Qui sait, peut-être que la nouvelle vie de Cavendish rime donc avec l’arrivée tardive de Boasson Hagen sur le devant de la scène.

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2 Commentaires sur "Boasson Hagen, au bon souvenir de son potentiel"

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gilbert5866
gilbert5866

J’ai fait parti de ceux qui le voyait en « mini » Merckx.. mais maintenant la polyvalence n’est plus rentable

thinktwice
thinktwice

EBH était un coureur très prometteur quand en 2009 il remportait Gand-Wevelgem à 21 ans. Les 5 années passées chez Sky (au service de Wiggins et Froome dans les Grands Tours) l’ont empêché d’avoir la carrière escomptée.
Sans sa chute l’année passée dans Gand-Wevelgem, il aurait probablement « refait surface » en 2015. Il a d’ailleurs remporté le Tour de Grande Bretagne en fin de saison et était excellent au championnat du monde, mais roulait au service de Kristoff.
J’espère qu’en 2016 ce coureur très polyvalent va enfin réaliser ce qu’on attendait de lui lors de ses années chez Columbia-HTC.