Alejandro Valverde s'est adjugé ce dimanche la Roma Maxima devant le Colisée et la meute de sprinteurs - Photo gazzetta.it
10 mars 2014
Par  Robin Watt 

Valverde, presque Imbatido

En ce début de saison plus que jamais, Alejandro Valverde porte bien son surnom d’Imbatido. Le Murcian n’est pas tout à fait invaincu, mais après un Tour de Dubaï disputé en guise de reprise, il compte cinq victoires et un podium en neuf jours de course. Incroyable !

Trois semaines de folie

Depuis sa reprise, Valverde a surtout couru là où les autres n’étaient pas. Tour d’Andalousie, Tour de Murcie et Classique d’Alméria, des courses locales qui tenaient à cœur l’Ibère, et qui lui ont permis d’engranger énormément de confiance. En décrochant les trois premières étapes en Andalousie, forcément, Balaverde s’est senti pousser des ailes. Après avoir remporté l’épreuve pour la troisième consécutive – record absolu -, l’ancien champion national est allé s’adjuger à domicile son épreuve, le Tour de Murcie. Durant une dizaine de jours – puisqu’il faut ajouter la Classique d’Alméria -, Valverde a donc couru uniquement en Espagne. Comme toujours en début de saison, car le leader de la Movistar aime lancer sa saison chez lui, au milieu de ses supporters. Les grandes échéances vont vite arriver et la confiance emmagasinée sur ces épreuves de seconde zone pourrait permettre à l’Espagnol de réaliser de grandes choses.

Car la belle série ne s’arrête pas aux trois courses de la péninsule ibérique disputée par Valverde. Depuis ce week-end, le protégé d’Eusebio Unzué a en effet fait son retour en Italie – un pays qui ne l’a pas toujours soutenu -, sur les Strade Bianche samedi, et sur la Roma Maxima dimanche. Résultat ? Une troisième place derrière Kwiatkowski et Sagan sur les routes presque caillouteuses de Toscane, et une victoire acquise au panache après un numéro de près de 40 kilomètres entamé dans la dernière difficulté significative de la journée à Rome. Cela fait donc neuf jours de course, cinq victoires et un podium. Pas mal comme bilan chiffré des trois dernières semaines ! Alors le surnom de Valverde, El Imbatido (en français, l’invaincu), n’est pas tout à fait exact, car il a laissé filer quelques étapes ou épreuves en cours de route. Mais la moisson est incroyablement fructueuse et peut-être annonciatrice d’une grande saison.

Les classiques et le Tour

Les prochains objectifs de Valverde, on les connaît depuis longtemps. Mais il y aura une petite nouveauté malgré tout. Lorsqu’on dit « classiques », cela veut en 2014 dire toutes les classiques, même les flandriennes ! ASO a décidé de mettre des pavés au programme de la prochaine Grande Boucle, alors l’Espagnol va aller réviser un peu. Pas question de laisser quoi que ce soit au hasard. Le Tour de France – ou ne serait-ce que son podium – s’est toujours refusé au Murcian. Même l’an dernier, alors qu’il semblait plus fort que jamais. Alors pour 2014, Movistar va tout faire pour que son leader arrive dans les meilleures conditions au départ du Yorkshire. En plus des ardennaises sur lesquelles Valverde a souvent brillé, on retrouvera donc le coureur de 33 ans au départ de quelques courses pavées. Vraisemblablement pas sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, mais sur A Travers la Flandre et le GP E3.

Parce qu’El Bala doit s’habituer aux pavés et se rendre au départ de cette fameuse étape du Tour avec l’intention d’au moins rester dans le même temps que ses concurrents. Comme Nibali, il va donc tenter d’acquérir une légère expérience qui pourrait s’avérer cruciale dans quelques mois. Car Froome, lui, a décidé de faire l’impasse. Voici donc un point sur lequel Valverde pourrait prendre l’avantage sur le Britannique, qui arrivera dans l’inconnue la plus totale sur les pavés du Nord. Avec ce début de saison tonitruant et une préparation millimétrée, qui sait si l’Espagnol ne pourra donc pas aller chercher le sacre sur les routes hexagonales ? Evidemment, on a du mal à l’imaginer inquiéter Froome et Nibali, dominateurs sur les grands tours ces deux dernières saisons. Mais les coups du sort, Valverde connaît, Saint-Amand-Montrond en est l’un des meilleurs exemples. Et pourquoi ça n’arriverait qu’à lui ? L’heure de l’Imbatido est peut-être venue.

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