Joaquim Rodriguez et Philippe Gilbert, les deux derniers vainqueurs de la Flèche wallonne - Photo Bryn Lennon / Getty Images
16 avril 2013

Une Flèche en plein coeur de Huy

Placée entre l’Amstel Gold Race et Liège-Bastogne-Liège, la Flèche wallonne se distingue des autres classiques ardennaises par son profil tout à fait atypique. Ici, pas d’enchainement répétitif de petits bosses comme à Liège, mais une seule côte vraiment redoutable : le Mur de Huy. Légendaire de part son extrême difficulté, ce mur met chaque année dans l’embarras bon nombre de coureurs, obligés de poser pied à terre pour franchir les pourcentages vertigineux proposés par cette ascension mythique. 20, 25, et même 28% sur ses portions les plus difficiles. La Flèche wallonne et son Mur de Huy sont un totem sacré qui ne pourront être remportés que par un coureur résistant et expérimenté. Les seconds couteaux ne gagnent jamais à Huy.

– Les Favoris

***** Philippe Gilbert : Il aura mis du temps pour prendre la mesure de cette classique, mais l’attente en valait la peine. Annoncé trop lourd, trop massif pour y obtenir un très bon résultat, le Belge avait véritablement survolé l’édition 2011 de la Flèche, surmontant la deuxième des trois marches le séparant de son anthologique triplé ardennais. L’année suivante, en petite condition, écrasé par les hommes forts dans le Cauberg trois jours plus tôt, il avait retrouvé ses marques dans le Mur de Huy en y prenant la 3e place, confirmant encore que l’expérience seule était capable de compenser la « faiblesse » physique. Désormais complètement requinqué, Gilbert a démontré sa force sur l’Amstel Gold Race, sans réussite toutefois. Un contrôle un peu plus stricte de la course ne sera pas nécessaire pour triompher à Huy, ce qui le place en grand favori.

**** Michael Albasini : Il s’est dévoué pour Simon Gerrans sur l’Amstel Gold Race, mais demain, c’est avec le costume de leader qu’il partira à l’assaut de sa classique de prédilection. Année après année, le Suisse a étudié, peaufiné sa technique pour se rapprocher de l’accomplissement ultime que représenterait pour un puncheur tel que lui une victoire sur la Flèche wallonne. L’an dernier, il n’avait rien pu faire face à l’accélération éclair de son rival Purito. Mais cette fois, l’Espagnol étant fortement diminué, Albasini se retrouve en position encore plus favorable qu’à l’accoutumée. Le challenger n°1 de Philippe Gilbert est tout trouvé.

– Les Outsiders

*** Daniel Martin : Vainqueur du Tour de Catalogne, le grimpeur de poche de la Garmin progresse de façon régulière et petit à petit s’impose comme l’un des hommes forts du peloton. Son style rappelle étrangement celui de Joaquin Rodriguez à ses débuts : explosif et redoutable. Autour d’une belle campagne ardennaise l’an dernier (6e de la Flèche wallonne, 5e de Liège-Bastogne-Liège), sa dimension prise entre temps et la puissance de la formation Garmin lui offrent de belles chances d’améliorer ces résultats et pourquoi pas de signer un premier podium, en attendant mieux.

*** Jelle Vanendert : Enorme en 2012, l’ex-équipier de luxe peine à trouver la bonne carburation, même s’il a montré quelques signes de progression sur l’Amstel Gold Race avec une honorable 13e place. Son ascension progressive sur les classiques ardennaises devait lui permettre de se positionner en possible vainqueur pour le futur, aujourd’hui cette capacité est légèrement remise en question. Cependant, jamais décevant sur le Mur de Huy, il conserve de bonnes chances de rentrer parmi les dix premiers, malgré sa côte en berne.

*** Enrico Gasparotto : Encore excellent le week-end dernier sur l’Amstel, l’Italien semble s’être parfaitement remis de sa lourde chute provoquée par un véhicule à l’entrainement. Tant mieux, car il aura besoin de toutes ses capacités physique pour avoir une chance de peser sur la Flèche wallonne. Dans la forme de sa vie lors de la précédente semaine ardennaise (Vainqueur de l’Amstel, 3e derrière son coéquipier Iglinsky à Liège), il n’avait pourtant pris que la 11e place au terme de l’ascension du Mur de Huy. Son objectif sera de faire mieux.

*** Alberto Contador : El Pistolero est de retour et semble déterminé à frapper un grand coup ! Nous gratifiant rarement de sa présence sur les classiques, il s’y montre pourtant très convainquant dès qu’il daigne y participer. Le meilleur grimpeur du monde a d’ailleurs le profil typique d’un vainqueur de la Flèche wallonne avec sa capacité à accélérer même sur les forts pourcentages, comme lors de ses ascensions de l’Alto del Angliru sur la Vuelta. Lors de sa première et unique participation en 2010, il s’était payé le luxe de s’offrir la 3e place.

*** Joaquim Rodriguez : Dans le même style qu’Alberto Contador, Purito a les qualités parfaites pour s’imposer sur la Flèche. C’est d’ailleurs avec une extrême facilité qu’il s’était imposé à Huy il y a un an. Cependant, il y a quelques jours sur l’Amstel Gold Race, le Catalan a chuté. De quoi le réduire physiquement, et sans doute l’empêcher de jouer la gagne dans les derniers hectomètres. Et ce malgré le port du dossard n°1 et une équipe monstrueuse à ses côtés. Il n’est même pas certain que Rodriguez soit désigné leader de son équipe…

*** Bauke Mollema : Collectionnant les places d’honneur sur les grandes courses, Bauke Mollema, s’il n’a pas encore trouvé la faille pour s’imposer, s’est au moins fait une véritable place de leader au sein de l’équipe Blanco. Exit les décevants Paul Martens, Robert Gesink et Luis Léon Sanchez : le leader de l’équipe sur le terrain des classiques, ce sera bien lui. D’abord considéré comme un spécialiste des courses par étapes, il a progressivement élargi son registre pour devenir un des outsiders sérieux des classiques les plus difficiles, à savoir le Tour de Lombardie, Liège-Bastogne-Liège, et bien sur la Flèche wallonne.

– A ne pas sous-estimer

** Richie Porte : Sensationnel aussi bien sur Paris-Nice qu’au Tour du Pays-Basque, l’Australien de Tasmanie explose. Pour lui, le ciel semble être la seule limite. Le Mur de Huy sera-t-il suffisamment résistant pour stopper son essor ? Une chose est sûre, il a obtenu le dossard n°1 de la Sky, et ce malgré la présence de Sergio Henao et de Rigoberto Uran au départ. Les Colombiens sont-ils sous-cotés par leur direction ou Richie Porte est-il si fort qu’il est possible de le voir gagner la Flèche wallonne ?

** Ryder Hesjedal : Offensif sur l’Amstel Gold Race, le Canadien a prouvé que sa condition montait à l’approche du Tour d’Italie, où il défendra son titre acquis de haute lutte l’an dernier. Pas vraiment « barré » par la présence de Daniel Martin sur ce type de course, rien ne l’empêchera de faire sa montée de son coté pour aller chercher une performance de référence avant d’aller se frotter aux redoutables cols transalpins.

** Alejandro Valverde : Avec le temps, les résultats de l’Espagnol sur la Flèche wallonne se sont progressivement liquéfiés jusqu’à devenir indignes d’un coureur de son rang. 40e lors de l’édition précédente, il aura à cœur de se rattraper, surtout en présence de son rival et ami Alberto Contador. Mais n’oublions pas que Nairo Quintana est également de la partie et qu’il pourrait griller la politesse à un leader toujours fort mais dont l’explosivité décline fortement.

* Peter Sagan : Fatigué après un début de saison complet et sans doute trop chargé, Peter Sagan sera quand même au départ de Binche, pour se tester en vue des années à venir. Mais ne comptez pas trop sur lui pour repartir avec la victoire, il est bien trop entamé. Un repos bien mérité l’attendra après cette ultime course printanière disputée par le Slovaque.

Mentions : Damiano Cunego, Rigoberto Uran, Igor Anton, Sergio Henao, Maxim Iglinsky, Julien Simon, Robert Kiserlovski, Roman Kreuziger et Romain Bardet.

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