Sur l'épreuve argentine, l'an passé, Alberto Contador s'était mis en évidence face au local Daniel Diaz - Photo Steephill
7 janvier 2014
Par  Robin Watt 

Tour de San Luis ou Tour Down Under ?

Dans moins de deux semaines maintenant, les premières courses par étapes réputées vont pointer le bout de leur nez. Ainsi, juste après la Tropicale Amissa Bongo au Gabon, les coureurs devront faire un choix : Tour de San Luis ou Tour Down Under. Dans les deux cas, la chaleur sera au rendez-vous alors que l’hiver européen bat son plein. Mais les épreuves sont bien différentes l’une de l’autre, et de plus en plus, le gratin mondial se rend en Argentine, alors que la course australienne est classée en World Tour. Tout sauf un hasard…

Des efforts un peu tardifs en Australie

Depuis sa création en 1999, le Tour Down Under a la réputation d’être, comme de – trop ? – nombreuses courses de début de saison, sans relief. Du coup, si les sprinteurs y ont longtemps vu une opportunité non-négligeable d’y décrocher quelques bouquets pour engranger de la confiance, à l’instar d’un André Greipel devenu spécialiste de l’épreuve, jamais les grands grimpeurs ne se sont rendus en masse sur les très larges routes australiennes. Alors certes, il y eut quelques exceptions, mais en général, ce sont soit des locaux, soit des jeunes, ou bien des coureurs en reprise après une longue période d’inactivité. Pas de quoi faire vibrer les foules sur le bord des routes menant à la fameuse montée de Willunga Hill, la seule connue du grand public au pays de Cadel Evans durant de nombreuses années. Heureusement, depuis quelques saisons, les organisateurs ont décidé de faire bouger les lignes de leur épreuve, sentant la concurrence du Tour de San Luis arriver. Pour 2014, on compte donc deux arrivées en altitude, et une étape particulièrement vallonnée. Oui mais voilà, il semblerait que l’initiative ait été prise un tout petit peu tard.

En effet, l’épreuve argentine, qui commencera cette saison un jour avant le Tour Down Under, a déjà presque raflé le jackpot. De nombreux coureurs qui avaient pris l’habitude de ne revenir qu’à partir de février ou mars viennent désormais dès le premier mois de l’année se mesurer à leurs concurrents sur les hauteurs de l’Amérique du Sud. Une préparation utile pour les futurs courses par étapes, alors que la course australienne ne présente pas grand intérêt de ce côté là. Cela se ressent déjà sur le palmarès, alors même que le Tour de San Luis n’a été créé qu’en 2007. En face des O’Grady, Greipel et Gerrans (auxquels viennent tout de même s’ajouter Luis Leon Sanchez, Astarloza ou Rogers) comme lauréats en Australie, on retrouve Nibali, Leipheimer ou Diaz en Argentine. Certes, ce n’est pas encore comparable aux grandes épreuves d’une semaine qui peuvent se courir en Europe, et cela ne le deviendra sûrement jamais si le Tour de San Luis continue d’être disputé au mois de janvier. Mais le plateau, cette année encore, est assez époustouflant pour une course si jeune et quasiment inconnue avant qu’en 2010, Vincenzo Nibali aille y décrocher un succès probant.

Le Squale en maître de cérémonie

En 2014 comme depuis plusieurs saisons, le dernier vainqueur du Tour d’Italie, qui a désormais ses habitudes à San Luis – il n’a loupé qu’une seule édition depuis 2009 – sera l’une des têtes d’affiche au départ. Face à Quintana, Contador, Rodriguez, Betancur ou encore les locaux Diaz et Guevara, il pourra estimer son niveau de forme et retravailler en vue de ses grands objectifs de la saison. L’an dernier, l’Italien avait terminé 10e du général, bien loin des meilleurs, avant de monter en puissance. A n’en pas douter, cette semaine de course très corsée lui aura permis d’ajuster son entrainement. Car au cœur des terres argentines, le relief ne fera pas de cadeau aux protagonistes. Trois arrivées en altitude, un contre-la-montre loin d’être plat et une étape assez casse-pattes permettront de se faire véritablement une idée des forces en présence. Pas de quoi, malgré tout, effrayer les non-grimpeurs, puisque Boonen, Cavendish, Sagan ou encore Phinney seront au départ pour tenter de se mettre en évidence chacun sur leur terrain de prédilection. Un plateau qui contraste avec celui du Tour Down Under, qui, à l’exception des sprinteurs de renoms, ne pourra compter que sur Gerrans, Porte, Frank Schleck, Evans et Voeckler pour le spectacle.

Bien sûr, d’un côté comme de l’autre, il est impossible de citer tout ceux qui feront la course, mais les plus grands noms sont là, et l’avantage va clairement à l’épreuve sud-américaine. Digne d’un mini grand tour comme peuvent l’être le Tour de Suisse ou le Dauphiné de l’autre côté de l’Atlantique, le Tour de San Luis propose un intérêt grandissant d’année en année, alors que le Tour Down Under donne surtout l’impression d’être là pour montrer que le cyclisme se mondialise. Amener les coureurs en Australie faisait bien, alors les instances l’ont fait, mais en début de saison, histoire que cela n’ait pas trop d’impact non plus. Au final, on se retrouve avec une épreuve classée World Tour et l’autre « seulement » 2.1, alors que la hiérarchie du terrain aurait plutôt suggérée l’inverse.  Qu’importe, la majorité des coureurs – notamment les leaders, qui ne font pas vraiment la quête aux points UCI – ont compris où était l’intérêt réel du début de saison. En 2014 encore plus que les saisons passées, on retrouvera un certain nombre de leaders à San Luis pour un premier affrontement qui servira de base à ces garçons que l’on retrouvera ensuite sur les plus grandes épreuves du calendrier.

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