Il y a trois semaines, on aurait eu du mal à les imaginer tenir un rôle aussi important dans ce Tour de France. Finalement, au général, en montagne ou dans les sprints, ces quelques coureurs ont réalisé un Tour de France qui dépasse leurs espérances initiales.

Vincenzo Nibali / Astana

Certes, le sacre de l’Italien pouvait être pronostiqué au grand départ de Leeds. Et après les abandons de Froome et Contador, autre chose qu’une victoire aurait été un échec. Mais qu’il gagne d’une telle façon, on ne s’y attendait pas ! Quatre victoires d’étapes, du panache à revendre et un écart conséquent sur son dauphin, le Squale a écrasé le Tour sans lui retirer de son attrait. Pas toujours accompagné comme il le souhaitait en haute montagne, il a souvent dû prendre ses responsabilités très tôt dans les cols, accroissant ainsi son avance sur ses rivaux au fil des jours. Après des années à assister à une course cadenassée, on n’a pas caché notre étonnement et surtout notre enthousiasme. Des pavés au Pyrénées, jamais le natif de Messine n’a tremblé. Maître de l’épreuve, il a porté le maillot jaune 19 jours : une première depuis Bernard Hinault. Ca vous classe un coureur, incontestablement.

Thibaut Pinot / FDJ.fr

Au même titre que Jean-Christophe Péraud, le Franc-Comtois a décroché un résultat auquel il n’aurait même pas osé penser avant le départ. Profitant d’un classement plus ouvert que jamais, il a su saisir l’opportunité, battre Valverde sur le chrono et conserver un podium durement acquis en montagne. Après sa dixième place de 2012, il était passé totalement à côté de son Tour 2013, et on attendait une réaction. Mais cette fois, sans doute aidé par l’abondance de Français sous le feu des projecteurs, il est parvenu à beaucoup mieux gérer la pression qui pesait sur ses épaules. Avec la confiance de son équipe, qui avait mis plusieurs hommes à son service, il est donc allé chercher le maillot blanc et un podium que la France attendait tant. A 24 ans, il nous permet de rêver, de voir le futur avec un peu plus de gaieté en ce qui concerne les coureurs de l’Hexagone. Et rien que ça, c’est quasiment un exploit.

Rafal Majka / Tinkoff-Saxo

Il ne devait pas être au départ du Tour et finalement, il a décroché un maillot à pois et deux étapes de prestige à Risoul et au Pla d’Adet : de quoi être satisfait de ses trois semaines de course. Pourtant, après un Giro éprouvant terminé à la sixième place, on avait du mal à imaginer le grimpeur polonais se montrer réellement à son avantage. Il y est cependant parvenu, grâce à une parfaite gestion de course qui l’a vu s’économiser durant la première semaine et à des libertés récupérées suite à l’abandon de Contador. Seulement battu par Nibali à Chamrousse et dans la roue de Pinot jusqu’au bout dans Hautacam, le protégé d’Oleg Tinkov a rendu son patron très heureux malgré un objectif principal envolé après moins de dix jours de course. Quand on connaît le lunatique magnat russe, c’est là une sacré performance pour le coureur de 24 ans, qui n’avait pourtant pas hésité à critiquer son équipe lorsqu’elle l’avait aligné pour la Grande Boucle.

Alexander Kristoff / Katusha Team

Malgré une victoire sur Milan-Sanremo au printemps dernier, on était encore loin de considérer le sprinteur norvégien comme l’égal des Kittel, Cavendish, Greipel ou même Sagan. Pourtant, par deux fois, Kristoff est allé décrocher un bouquet à la régulière. D’abord à Saint-Etienne, sur un parcours difficile qui avait exclu du sprint final les purs sprinteurs, puis à Nîmes, cette fois-ci au terme d’une étape toute plate, où il devança le nouveau maître mondial de la discipline, Marcel Kittel. Une performance en soit qui prend encore plus d’ampleur lorsqu’on voit se rend compte que Luca Paolini était durant ce Tour le seul coureur désigné pour aider et emmener le Norvégien dans les derniers hectomètres. Sur cette Grande Boucle, Alexander Kristoff est donc passé d’un coureur davantage à l’aise sur les classiques et capable de places d’honneur à un véritable cador des emballages finals.

Tony Gallopin / Lotto-Belisol

Le polyvalent tricolore venait sur le Tour sans objectif très clair. La première semaine semblait lui convenir, et pourtant, c’est après plus de dix jours de course qu’il a levé les bras, à Oyonnax. Ce qui ne l’avait pas empêché, entre Leeds et la Planche des Belles Filles, de se mettre en avant. Alors que son équipe devait travailler pour emmener André Greipel au sprint, lui semblait plus ou moins exempté. Cinquième à Sheffield, placé sur les pavés, troisième à Nancy et dans l’échappée vers Mulhouse, Gallopin s’est retrouvé à reprendre, le temps d’une journée, le maillot jaune à Vincenzo Nibali. Il est le seul à avoir eu ce privilège, avec Kittel porteur du paletot suite à la première étape. De son propre aveu, le Tour de France du neveu d’Alain est donc une très grande réussite. Exporté en Belgique chez Lotto depuis deux saisons, le Français semble être devenu un autre coureur : l’un de ceux qui comptent, sur les classiques et désormais sur les grands tours.

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