Si Tony Martin a fait un détour par Paris-Roubaix au printemps, c'est bien sur le contre-la-montre qu'il reste le patron - Photo Mathilde L'Azou
12 octobre 2016
Par  Robin Watt 
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Martin reprend le cours de l’histoire

Deux ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Tony Martin pour redevenir officiellement le meilleur rouleur du monde. Après son triplé entre 2011 et 2013, il avait cédé son trône. Il l’a récupéré ce mercredi, en profitant de l’absence de ses plus grands bourreaux.

En reconquête

Tony Martin voulait soigner sa sortie. Cet hiver, il va quitter l’équipe Etixx pour rejoindre Katusha. Mais entre lui et l’écurie belge, l’histoire a été aussi belle que longue – cinq ans : ça valait bien un dernier coup d’éclat. Après avoir remporté avec ses coéquipiers le chrono par équipes, l’Allemand parlait d’une « occasion de partir sur un souvenir fantastique ». Deux jours plus tard, il a finalement faire encore mieux en s’imposant dans l’épreuve individuelle. Mais plus qu’un cadeau d’au revoir, la victoire de Martin sonne comme une revanche. Cela faisait deux ans que les grands chronos lui échappaient, successivement battu – notamment – par Bradley Wiggins et Vasil Kiryienka aux Mondiaux, et par Fabian Cancellara aux Jeux Olympiques. Au moment de passer la trentaine, le puissant rouleur allemand l’avait mauvaise. C’est à cet âge que son modèle et rival Cancellara avait régné au maximum sur la discipline. L’enfant de Cottbus, lui, semblait décliner.

En reléguant ce mercredi Kiryienka à 45 secondes, Martin a donc pris sa revanche et mis les points sur les i. Il a aussi frappé presque aussi fort que Cancellara – toujours lui –, dont le dauphin Tom Dumoulin avait, sur un parcours plus long de 14 kilomètres, concédé 47 secondes à Rio. Alors oui, les plus pointilleux noteront que le Suisse s’était payé cet été le scalp de Froome et Martin, justement, alors que l’Allemand a « profité » de quelques absences, parmi lesquelles Canci et Froomey. Qu’importe, celui que l’on surnomme « Panzerwagen » (le char d’assaut) a récupéré son paletot irisé. Celui qu’on l’imaginait ne plus lâcher pendant de nombreuses années après son triplé, mais qui a voulu lui résister pour finalement lui faire prendre son temps pour rentrer dans l’histoire de son sport. Les vieux briscards hors-jeu, le polyvalent Froome déjà en vacances et les jeunes pas encore assez armés, Martin est redevenu le patron.

La chasse au record

Avec ce nouveau titre, Tony Martin reprend l’histoire là où il l’avait laissé. Stoppé dans sa série sur un triplé que seuls lui et Michael Rogers avaient réalisé, il est revenu pour s’offrir un quatrième sacre et égaler le recordman Cancellara. En position pour devenir, dans un an, le premier quintuple champion du monde du contre-la-montre. Histoire d’asseoir son statut, celui d’un rouleur, et pas autre chose. Parce qu’il a suffi d’un Paris-Nice remporté en 2011 pour que certains voient en lui un spécialiste des courses par étapes, et d’une victoire sur l’étape des pavés du Tour 2015 pour nourrir le fantasme d’un Martin flandrien. Mais tout ça n’était qu’éparpillement. L’Allemand est un pur rouleur. Une machine, sans doute la plus efficace du peloton actuel. Qui a perdu un peu de temps en route à force de se chercher. Mais qui a désormais conscience de la direction à prendre : celle qui lui permettra simplement de marquer l’histoire.

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