Le maillot jaune de Chris Froome sur le Tour de France, l'aboutissement de la saison de Sky - Photo Getty Images
30 novembre 2013
Par  Robin Watt 

Sky, presque parfait

La saison 2013 de l’équipe britannique, à l’instar de la précédente, a été des plus fructueuses. 35 victoires dont le maillot jaune de Christopher Froome sur les Champs-Elysées : Sky a touché le ciel. La saison fut aboutie de bout en bout, avec un unique impair, nommé Bradley Wiggins.

Froome, reçu 5 sur 6

Tout le monde a déjà analysé la saison de Froomey. Débutée sur le Tour d’Oman, et achevée sur le Tour de France, la suite étant totalement anecdotique. Et sur cette période, de février à juillet, le natif de Nairobi a été quasiment imbattable. Au Moyen-Orient, pour sa course de reprise, il a remporté une étape, assez pour s’adjuger le général final devant ses futurs rivaux. Un mois plus tard, et alors qu’on ne l’avait pas vu entre temps, il est réapparu sur Tirreno-Adriatico. A cause d’une journée noire vers Sant’Elpidio, il a perdu le maillot de leader, cédé à un Nibali qui sera le seul à battre l’Anglais sur l’un de ses objectifs en 2013. Deuxième en Italie, il fallait donc vite se rattraper, et Froome, par la suite, n’a pas fait de détail. Critérium International, Tour de Romandie et Dauphiné, il n’y a pas eu de soucis pour à chaque fois étriller la concurrence. La seule course qu’il n’a pas remporté ? Liège-Bastogne-Liège, où il allait en touriste.

Le plus souvent, c’est même son coéquipier Richie Porte qui pris la deuxième place, histoire d’assurer les arrières de la formation de Dave Brailsford. La préparation pour la Grande Boucle était donc idéale, le semi-échec de Tirreno laissé loin derrière, et les yeux rivés vers l’arrivée à Paris, le 21 juillet. Alors le Kenyan blanc a accéléré, étape après étape, enchaînant les coups de force phénoménaux – à Ax 3 Domaines et au Ventoux notamment -, presque insolents, et pris à défaut à une seule reprise, lors de la deuxième montée de l’Alpe d’Huez. Derrière, les Movistar, les Saxo et les Belkin avaient beau essayer, jamais ils ne seront parvenus à déstabiliser le gringalet britannique, pas toujours élégant sur son vélo, mais d’une efficacité rare. Peut-être même trop, tant les suspicions de dopage se sont vite propagées, avec un sentiment de légitimité des plus surprenants. Mais le garçon, toujours, y a répondu. Et jusqu’à preuve du contraire, il est le meilleur coureur du peloton sur les courses par étapes.

L’imbroglio Wiggins

Malheureusement, la saison de la Sky a été marqué par un autre épisode, celui de Wiggins sur le Tour d’Italie. Celui-ci nous ferait presque oublier que l’équipe anglaise a impressionné et gagné avec d’autres garçons : Sergio Henao, Rigoberto Uran, Richie Porte, Edvald Boasson Hagen et même Vasil Kiryienka. Mais le Tour d’Italie, grand objectif de la saison de Wiggo, a eu bien plus d’impact que les performances des espoirs ou équipiers de l’équipe. L’Anglais pur souche était parvenu à gagner le Tour de France en 2012, la « course la plus dure du monde. » Alors, pourquoi pas le Giro ? Le froid, sans doute, a beaucoup gêné le leader des bleu et noir sur la course rose. Affuté comme jamais, pour ne pas dire maigre, Brad a rapidement craqué face à un Nibali bien plus costaud, encaissant parfaitement les conditions météos capricieuses. Et la Sky a dû se rendre à l’évidence : Wiggins a abandonné, et s’est caché pendant deux bons mois avant de revenir dans l’anonymat le plus total.

Le Tour de Pologne et l’Eneco Tour passés de façon transparente, il aura fallu attendre le Tour de Grande-Bretagne pour revoir l’Anglais à son aise. Face à une concurrence des plus faibles, il a alors décroché une étape et le général final. Avant de terminer second du chrono des Mondiaux, derrière l’intouchable Martin. Réussir ses dernières semaines de course, la seule façon de faire oublier un tant soit peu la performance de mai dernier. Car Wiggins a planté tout le Giro de son équipe, forçant Rigoberto Uran à se sacrifier pour lui en première semaine, alors que le Colombien, finalement deuxième à Brescia, aurait peut-être pu titiller le Squale. A l’heure où les relations entre les deux leaders emblématiques, Froome et Wiggins, sont des plus mauvaises, il est peut-être temps de se séparer de l’un des deux éléments. Et le choix risque d’être vite fait. Avec le premier, Sky peut viser les sommets, et pour longtemps. Plus avec Wiggo

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