11 avril 2013

Sagan trop fort, même sur les ardennaises ?

Après sa victoire sur la Flèche brabançonne, on se demande jusqu'où peut aller Peter Sagan - Photo Cannondale
Après sa victoire sur la Flèche brabançonne, on se demande jusqu’où peut aller Peter Sagan – Photo Cannondale

En remportant la Flèche brabançonne, Peter Sagan n’a fait que confirmer qu’il était le grand favori de la prochaine édition de l’Amstel Gold Race. Mais sera-t-il capable de réaliser un exploit encore plus important sur les deux classiques ardennaises les plus prestigieuses : la Flèche wallonne, et surtout Liège-Bastogne-Liège ? Peut-il rêver du fameux triplé réalisé précédemment par les légendaires Philippe Gilbert et Davide Rebellin ?

La Flèche n’est pas forcément trop rêche !

Juge de paix de la Flèche wallonne, le traditionnel Mur de Huy constitue un obstacle redoutable pour n’importe quel coureur, et bien plus encore pour un jeune inexpérimenté. Exactement comme Paris-Roubaix, c’est une course de purs spécialistes, qui demande des années de perfectionnement et de pratique avant de pouvoir espérer y décrocher un résultat convaincant. Mais un « débutant » bien préparé comme Sagan a aussi ses chances de briller. Le Mur de Huy et ses forts pourcentages occasionnent une forte production d’acide lactique qui tétanise de douleur bon nombre de coureurs. Sagan, lui, est connu pour justement dépasser la douleur et s’en servir comme d’un moteur qui le pousse à aller plus loin ; son seuil de résistance est plus élevé que celui de ses congénères.

Autre facteur clé : son explosivité. Comme Philippe Gilbert, qu’on pensait lui aussi trop juste en 2011, le leader de l’équipe Cannondale a prouvé qu’il avait la faculté d’accélérer au bon moment d’une ascension. C’est un maître dans la gestion de l’effort. Il a d’ailleurs acquis cette capacité bien plus rapidement que le Belge, qui a longtemps pêché par manque de bagage tactique lors de ses débuts à la FDJ. Clairement, si le Slovaque arrive au pied de l’ascension finale en aussi bonne forme qu’on l’a vu ces dernières semaines, il est tout à fait capable de s’imposer en haut. Reste à être parfaitement placé avant les premiers mètres de forts pourcentages, pour ne pas être obligé de partir trop tôt, ni de faire un gros effort pour se replacer dans la roue des meilleurs.

Liège en ligne de mire

Comme la suppression de l’arrivée au sommet du Cauberg sur l’Amstel Gold Race, un autre retrait salutaire, celui de la Roche-aux-Faucons, côte phare de la Doyenne, viendra donner un précieux coup de main à Peter Sagan sur cette campagne de classiques. Plus rapprochée du final que la côte de la Redoute, la Roche-aux-Faucons avait tendance ces dernières années à devenir le pilier stratégique de Liège-Bastogne-Liège, permettant à l’ancien vainqueur Andy Schleck de prendre la fuite en 2009, ou à Vinokourov de décanter la course l’année suivante. Sa remplaçante, la côte de Colonster, aura l’avantage de ne pas observer de partie descendante, mais sera aussi nettement moins difficile, puisque sa pente maximale ne dépasse pas les 10%. Une aubaine pour Sagan.

Notons également que plus les années passent, plus les arrivées en solitaire se font rares. A l’exception des cas Schleck et Iglinskiy, on a souvent eu droit à des arrivées de petits groupes composés parfois d’outsiders plutôt inattendus. Pour cette 99e édition, aucun grand cador ne semble pouvoir imposer sa suprématie sur la course : Schleck est hors de forme, Gilbert n’est plus tout à fait le même qu’en 2011, Evans a un pied et demi à la retraite et Vinokourov n’est plus là ! Valverde, Nibali, Quintana, Uran et Gasparotto semblent donc être les plus à même de servir de rivaux au coureur slovaque. Mais mis à part le dernier cité, ce sont avant tout des grimpeurs, dotés d’une belle explosivité en côte. Un avantage très ponctuel sur la classique liégeoise, qui les obligera en contre-partie à distancer le Slovaque pour ne pas se faire aligner au sprint. Finalement, Liège ne semble donc pas si loin de s’offrir à Sagan, et seul un Gilbert des grands jours pourrait dans ce cas l’empêcher de lever les bras. Mais verra-t-on le champion du monde à 100% de ses moyens ? Rien n’est moins sûr…

Louis Rivas


 

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