En 2012, c'est dans la côte de Saint-Nicolas que Maxim Iglinskiy, futur vainqueur, avait fait la différence - Photo Astana
20 avril 2013
Par  Robin Watt 

Qui domptera la Doyenne ?

En 2012, c'est dans la côte de Saint-Nicolas que Maxim Iglinskiy, futur vainqueur, avait fait la différence - Photo Astana
En 2012, c’est dans la côte de Saint-Nicolas que Maxim Iglinskiy, futur vainqueur, avait fait la différence – Photo Astana

Liège-Bastogne-Liège va marquer la fin des classiques printanières, après plusieurs semaines d’engouement. Avant du repos bien mérité pour certains, ou la fin d’une préparation cruciale avant le Giro pour d’autres, il va donc falloir affronter la plus ancienne des classiques et ses 260 kilomètres. Les vainqueurs potentiels sont nombreux mais c’est une certitude, dimanche, de nombreux prétendants se verront naturellement éliminés de la course à la victoire. Pour franchir la ligne d’Ans en vainqueur, il faudra être dans un grand jour, si ce n’est dans le meilleur de sa saison. Et pour ne pas terminer cette campagne sur un goût d’inachevé, il faudra tout donner !

– Les Favoris

***** Philippe Gilbert : Aucun favori ne se détache véritablement pour cette 99e édition de la Doyenne. Mais le Belge, expérimenté, connaît l’épreuve. De quoi le placer parmi les sérieux prétendants à la victoire finale, sans qu’il puisse se vanter d’être vraiment au dessus du lot. Bon sur l’Amstel, un peu juste sur la Flèche, sa campagne n’est pas aussi catastrophique que l’an passé, mais n’a toujours rien rapportée. Sur l’épreuve de ses rêves, il est donc temps de se réveiller, et de mettre les pendules à l’heure. Son maillot de champion du monde le portera peut-être, tout comme son coéquipier Greg Van Avermaet, omniprésent à ses côtés depuis plusieurs semaines.

**** Alejandro Valverde : Puisqu’il faut bien un challenger n°1 à celui que l’on désigne favori, en voici un. L’Espagnol s’est bien moins montré que lors de son début de saison 2012, comme la preuve qu’il se préparait cette fois pour le mois d’avril. Ne perdant pas d’énergie dans des courses sans grand intérêt, le Murcian est arrivé en forme, comme le prouve sa deuxième place sur l’Amstel Gold Race la semaine dernière. Lui aussi connaît le terrain pour y avoir déjà gagné, et sera donc un sérieux prétendant à la victoire finale. Valverde n’est pas surnommé « El Imbatido » pour rien, et l’équipe mise en place autour de lui devrait l’amener très loin.

**** Vincenzo Nibali : Dans le même style que Valverde, le Squale peut légitimement espérer remporter la Doyenne. Vainqueur du Tour du Trentin, l’Italien monte en puissance en vue du Giro, son principal objectif. Liège-Bastogne-Liège pourrait donc être un succès arraché au passage d’une préparation rondement menée. Déjà trois fois dans le top 10 de l’épreuve, Nibali a surtout terminé deuxième l’an passé, après s’être fait grillé la politesse dans le dernier kilomètre par Iglinskiy. Cette fois, le Kazakh sera dans son équipe, et si le leader est devant, le tenant du titre ne bougera pas. Un atout non-négligeable pour le principal intéressé, qui pour la première fois, affiche ses ambitions.

– Les Outsiders

*** Maxim Iglinskiy : Difficile de considérer le tenant du titre comme le favori à sa propre succession puisque désormais, Vincenzo Nibali porte les mêmes couleurs que lui. Cependant, le Kazakh s’est imposé une fois, et n’est pas moins bon cette année. Liège-Bastogne-Liège avait été son seul fait d’arme en 2012, et s’il venait à recréer l’exploit, la situation serait identique. Peu probable toutefois, car il n’y aura plus d’effet de surprise. Il devrait davantage servir d’équipier de luxe à son leader, tout en jouant une place d’honneur dans le final.

*** Les Saxo-Bank : Alberto Contador s’est aligné sans grande ambition sur la Flèche wallonne en milieu de semaine. Après la course, il a même affirmé s’être économisé dans la montée de Huy en vue de dimanche. Le signe qu’il souhaite jouer la gagne ? Pas forcément, car Roman Kreuziger pourrait s’approprier le rôle de leader. Toujours à l’aise sur Liège, il a confirmé ses prédispositions en s’imposant il y a une semaine sur l’Amstel. De quoi, peut-être, améliorer sa meilleure performance. C’était en 2011, et le Tchèque s’était classé 4e.

*** Simon Gerrans : On le sait, l’Australien est opportuniste. De cette façon, il était parvenu à s’octroyer Milan-Sanremo la saison passée. A l’instar de Valverde, il avait été en forme très tôt dans la saison et n’avait pas pesé sur les ardennaises. Cette fois, il n’a pas souhaité faire l’erreur et s’est jusqu’à maintenant montré plutôt discret. Pouvant compter sur l’admirable Michael Albasini dès que la route s’élève, Gerrans est capable d’un coup d’éclat le menant vers la victoire. Malin comme peu de coureurs dans le peloton, il sera forcément à surveiller.

** Samuel Sanchez : L’Asturien n’a pas participé à l’Amstel Gold Race, ni à la Flèche wallonne, laissant à Igor Anton le soin de ramener des résultats pour la formation Euskaltel. Avec l’âge, Samu n’a plus les moyens de rivaliser sur ces pentes abruptes. En revanche, sur Liège, où la distance joue un rôle prédominant, Sanchez est beaucoup plus à l’aise. Avec déjà cinq tops 10 sur la Doyenne, on se dit que l’emblématique coureur de la formation basque a souvent été proche de l’emporter. Et si c’était pour cette année, sûrement l’une de ses dernières ?

– A ne pas sous-estimer

** Enrico Gasparotto : Il s’était révélé sur les ardennaises en 2012. Vainqueur de l’Amstel puis troisième de Liège-Bastogne-Liège, l’Italien incarnait alors la pléiade de surprises découvertes sur cette campagne. Cette année, le voilà plus discret et cantonné à un rôle d’équipier, le plus souvent pour Nibali. Mais contrairement à son compatriote, l’ancien de la Lampre offre une véritable alternative en cas d’arrivée en petit comité. A n’en pas douter, Astana saura mettre à profit sa puissance quantitative pour décrocher le meilleur résultat possible.

** Michal Kwiatkowski : Surprenant ,le Polonais. A l’avant sur les flandriennes, puis encore sur les ardennaises, on a du mal à identifier son profil. Mais sur le Tour des Flandres, on a pu être sûr d’une chose : la distance ne lui fait pas peur. Puis cette semaine, sur l’Amstel et sur la Flèche, on a pu constater que les bosses non plus ne l’arrêtent pas : 4e dimanche dernier, 5e mercredi, le coureur d’Omega Pharma – Quick Step sera à Liège la meilleure – pour ne pas dire la seule – arme de son équipe. Patrick Lefevere compte sur lui !

* Les Katusha : Rodriguez, Moreno ? Moreno, Rodriguez ? Lequel des deux aura le leadership ? Normalement, c’est le Catalan qui décide, et qui devrait reprendre les commandes. Mais difficile de demander au vainqueur de la Flèche wallonne de se remettre tout de suite au travail en tant qu’équipier. La décision devrait donc se prendre en fonction des circonstances de course. Mais de toute façon, l’un comme l’autre n’ont pas de grandes chances de victoire. Le parcours ne semble pas assez montagneux pour les deux ibériques.

* Rigoberto Uran : Après la très belle montée de ses compatriotes Henao et Betancur sur le Mur de Huy, c’est à Uran de se montrer. Le vice-champion olympique ne viendra pas en débutant sur la Doyenne, il y a déjà décroché une cinquième place en 2011. Mais à côté de ça, il dispose encore d’une expérience restreinte sur les courses d’un jour. Toutefois, la Sky n’a pas véritablement le choix et devra compter sur lui, la seule véritable chance pour l’équipe britannique de faire une place dans les 10, voire dans les 5 premiers à l’arrivée.

Mentions : Daniel Martin, Jelle Vanendert, Ryder Hesjedal, Damiano Cunego, Paul Martens, Michael Albasini, Rinaldo Nocentini, Arthur Vichot, Björn Leukemans et Simon Geschke.

Robin Watt


 

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