Sur le Tour de Catalogne, Meersman a remporté ses deux premiers bouquets de la saison – Photo Mathilde L'Azou
24 avril 2013
Par  Robin Watt 
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Quand Meersman devient un formidable finisseur

Sur le Tour de Catalogne, Meersman a remporté ses deux premiers bouquets de la saison – Photo Mathilde L'Azou
Sur le Tour de Catalogne, Meersman a remporté ses deux premiers bouquets de la saison – Photo Mathilde L’Azou

Un sprint en bosse, et le Flamand qui surgit. Voici le scénario qui commence à devenir une habitude sur les épreuves World Tour. Après deux étapes au Tour de Catalogne, Gianni Meersman a récidivé en Romandie, ce mercredi. Le col placé à une quarantaine de kilomètres de l’arrivée a fait sauter un certain nombre de sprinteurs, avant que le faux plat final ne trace une voie royale pour le Belge. Empochant une nouvelle victoire cette saison, l’ancien de la FDJ s’impose comme un homme qui compte au sein de l’armada Omega Pharma – Quick Step.

De plus en plus finisseur

Lorsqu’il évoluait sous la houlette de Marc Madiot, Gianni Meersman n’avait rien d’un sprinteur. C’est tout juste si le Belge se débrouillait dans les bosses, passant pour un coureur banal, qui après quelques années à espérer, était voué à devenir un équipier. Rien de véritablement dégradant, mais quand on voit la dimension qu’il a pris aujourd’hui, on se dit que cela aurait été un beau gâchis. Car depuis son départ de la structure française – preuve d’ailleurs que l’on ne comptait pas beaucoup sur lui -, l’homme de 27 ans a changé. Le retour au pays lui a peut-être fait du bien, puisqu’avec Lotto-Belisol en 2012, il a trouvé le chemin de la victoire sur une épreuve World Tour. C’était sur Paris-Nice en début de saison, et le Belge prouvera par la suite qu’il se débrouille plutôt bien lorsque la route s’élève assez pour éliminer les grosses cuisses du peloton, mais pas assez pour le faire sauter lui-même.

Sûrement pas sprinteur, pas tout à fait puncheur – comme le montrent ses piètres performances sur les ardennaises, qui ne s’améliorent pas d’année en année -, Meersman s’est visiblement longtemps cherché. Jusqu’à ce qu’il trouve sa voie, toujours en Belgique. Non conservé par Marc Sergeant, il a trouvé refuge chez l’autre ogre du pays, OPQS. Patrick Lefevere peut aujourd’hui se targuer d’avoir eu le nez creux, puisque son poulain lui rapporte des victoires précieuses. Lorsque Mark Cavendish est absent, la faute à des étapes trop vallonnées pour lui, mais que les quelques grimpeurs emmenés par Peter Velits ne peuvent s’exprimer, Meersman prend ses responsabilités. Seul coureur capable d’être l’intermédiaire dans son équipe, il a de plus en plus souvent carte blanche. Et avec ses performances actuelles, il n’y a pas de raisons que cela change.

Doit-il se spécialiser ?

Cependant, s’il parvient, grâce à ses qualités de puncheur-sprinteur, à glaner quelques jolis bouquets, Meersman ne pourra jamais remporter une grande course dans ce rôle. Ainsi vient la question de la spécialisation, soit en tant que pur sprinteur, soit comme véritable puncheur. Le troisième de la dernière Clasica San Sebastian fait dans ce sens penser à Philippe Gilbert, qui l’a précédé à la Française des Jeux, et qui possédait un profil assez similaire. Mais le désormais champion du monde a rapidement fait son choix, s’orientant vers les classiques ardennaises. Restant puissant de par son poids naturel, Gilbert ne sera jamais un Joaquim Rodriguez. Mais ça ne l’a pas empêché de remporter des courses mythiques, et d’être un temps le meilleur coureur du monde. Aujourd’hui, Meersman est dans une situation presque identique.

Certes beaucoup moins talentueux que son compatriote, le natif de Tielt a quand même la possibilité de devenir un coureur important dans un certain domaine. Certainement plus proche d’un Gilbert actuel que d’un Cavendish, s’il devait faire un choix, ça ne fait aucun doute qu’il s’orienterait lui aussi vers les classiques printanières. Mais dans sa situation et à déjà 27 ans, il n’est pas dit que Meersman ait envie de changer ses habitudes. Parvenant enfin à lever les bras régulièrement, et sur des épreuves tout de même réputées, il se satisfait sûrement pleinement de ses performances actuelles. Pas de quoi lui faire prendre le parti d’une spécialisation qui si elle pourrait le propulser à un rang plus élevé, n’est pas sans risque. S’il n’est pas assez bon pour faire son trou, Meersman retrouvera son ancien statut, celui d’un coureur lambda. A n’en pas douter, c’est tout ce qu’il ne veut pas, et le Flamand devrait poursuivre dans la voie qui lui réussit le mieux : saisir toutes les occasions qui se présentent.

Robin Watt


 

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