Alejandro Valverde vient sur les Championnats du Monde pour gagner. Le parcours lui est favorable, mais sa saison pas vraiment. Peut-il l’emporter dans une équipe espagnole aux allures de dream team ?

Rarement gagnant et menacé

Chez les voisins italiens, l’équipe espagnole compte bien tirer son épingle du jeu, grâce à des cadres de talent comme Joaquim Rodriguez, Samuel Sanchez, Daniel Moreno, Alberto Contador et surtout Alejandro Valverde. Pour sa préparation, et ce depuis le début de sa carrière, le Murcian adopte une tactique simple : ardennaises, Tour de France, Vuelta viennent s’ajouter à quelques tours d’une semaine. Seulement, à 33 ans, on peut se demander si Balaverde a encore les moyens d’enchaîner à ce niveau là. Le parcours florentin, sur le papier, lui convient parfaitement, mais la fatigue est là. Sur les routes du Tour d’Espagne, le leader de la Movistar, encore placé, n’a pas été capable de rivaliser avec le duo Horner-Nibali.

Nombreuses ont été les tentatives de prendre la course en main en mettant José Herrada – présent dimanche – à rouler, sans succès. L’Espagnol aurait-il perdu cette culture de la gagne ? Il faut dire que le protégé d’Eusebio Unzué a été souvent placé cette année, notamment sur les classiques où il a terminé deuxième de l’Amstel et de la Classica San Sebastian, troisième de Liège-Bastogne-Liège et septième de la Flèche wallonne. Ces bons résultats permettent de confirmer que Valverde est l’un des favoris pour le titre de champion du monde. Mais, ayant terminé la Vuelta sur les rotules, El Imbatido pourrait accuser le coup physiquement. Surtout qu’il s’inscrit de plus en plus comme le Poulidor des Championnats du Monde (2è en 2003, 2è en 2005, 3è en 2006, 3è en 2012).

Du coup, Bala se retrouve menacé par ses compatriotes. En effet, l’Espagne peut compter sur plusieurs autres cartouches importantes, comme Rodriguez et Moreno. Le premier possède des qualités similaires à celles de Valverde – la giclette en plus, la qualité de sprinteur en moins – et pourrait le suppléer en cas d’imprévu. Pour le second, il sort d’un grande Vuelta où il a gagné deux étapes, après déjà avoir brillé au printemps en remportant la Flèche wallonne. La tentation d’associer les deux Catalans pourrait donc être forte, surtout que les deux garçons ont pris l’habitude de gagner ces dernières années, alors que Valverde a du mal à lever les bras depuis son retour de suspension. Le leadership destiné au Murcian n’est donc pas assuré de le rester.

Un finisseur expérimenté

Malgré tout, Valverde n’est pas là pour se laisser marcher dessus. Sur un tel parcours, la sélection se doit de lui faire confiance, et lui de se montrer présent. Ce dont on ne doute pas. L’homme de 33 ans, si on peut lui reprocher de n’avoir jamais levé les bras sur les Mondiaux, a le mérite de savoir comment les gérer, au moins pour faire partie de la bagarre finale. Et cette année, avec les difficiles montées florentines, il ne pourrait rester dans les derniers kilomètres que les meilleurs grimpeurs. Surtout si la sélection ibérique prend les choses en main, leur seule solution compte tenu de leurs chances quasi nulles en cas d’arrivée avec des coureurs comme Sagan, Van Avermaet ou Gilbert. De quoi imaginer un sacrifice collectif autour de Valverde, à l’exception sans doute de Rodriguez, qui devrait être protégé.

Et dans cet optique, si une arrivée en comité réduit a lieu avec les grimpeurs du peloton, le Murcian se retrouverait en position de force. Car face à ses concurrents, il serait sans doute le plus à même de remporter le sprint. C’est l’un de ses gros points forts, il est capable de faire la différence sur le plat, du moins s’il compte comme adversaires des non-spécialistes. C’est le cas de ceux qu’on annonce comme ses rivaux, de Nibali à Froome en passant par les Colombiens, des coureurs dont la pointe de vitesse laisse à désirer. Clairement, jamais le parcours n’a semblé aussi favorable à l’Espagnol. Reste à savoir si lui et son équipe auront les jambes pour écarter les puncheurs – voire quelques sprinteurs – de la course à la victoire finale. Et ainsi laisser un boulevard à un homme qui est si souvent passé proche de la victoire mondiale…

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