PLACE AU TOUR 12
Vainqueur en solitaire à Peyragudes, Valverde avait sauvé son Tour 2012 ; mais on attend mieux en 2013 – Photo Movistar

Il y a un an, El Imbatido était au départ du Tour. Dans la peau d’un outsider potentiel après deux ans de suspension et un retour surprenant sur la première moitié de saison. Mais pendant trois semaines, le Murcian n’a pas été dans le rythme, et s’en sorti miraculeusement avec une victoire d’étape à Peyragudes. Heureusement, sa saison s’était terminée avec une belle deuxième place sur la Vuelta et des Mondiaux réussis. Mais Valverde a une revanche à prendre sur la Grande Boucle, et il semblerait que ce soit l’année ou jamais.

Conscient qu’il peut aller très loin

Bien que nous ne sommes pas là pour lui chercher des excuses, l’échec de Balaverde l’an passé est sûrement – en partie – dû à ses doutes à l’approche du Tour. Trustant le haut de l’affiche en début de saison, l’euphorie était retombée et il était arrivé à Liège largement moins bien que prévu. Sur la Vuelta, visiblement plus motivé que jamais, il a livré une merveilleuse bataille avec ses compatriotes Alberto Contador et Joaquim Rodriguez. Avec des arrivées au sommet régulières dans lesquelles il n’a jamais craqué face à deux grimpeurs parmi les meilleurs au monde, il s’est sans aucun doute rassuré. Alors même si c’était il y a plusieurs mois déjà, il se sait capable de suivre dans les plus forts pourcentages, avec des attaques fusant de tous les côtés. Le train Sky, à priori, ne devrait donc pas lui faire peur après les fulgurantes accélérations du Pistolero et de Purito.

Avec les nombreuses arrivées au sommet que comporte cette centième édition, on a donc logiquement tendance à penser que Valverde a de quoi se montrer, et en étant régulier, ainsi jouer une place au général. La concurrence s’annonce évidemment très rude mais derrière les deux grands favoris que sont Froome et Contador, personne ne semble vraiment se détacher. Ce qui signifie que la troisième place tend les bras au leader de la Movistar ? Pas si simple, mais celui qui n’a jusque là jamais fait mieux que sixième sur les routes françaises y croit : « Dans ma tête, l’objectif est le podium. A quelle place ? Je ne sais pas. Plus haut ce sera, mieux ce sera. Mais j’espère y être. J’arrive sur le Tour en bonne forme, mais il est clair qu’il faudra être a 100% dans une troisième semaine qui sera beaucoup plus décisive que la première.» A désormais 33 ans, cela pourrait être la dernière chance pour Valverde, tout le monde sachant qu’il ne rivalisera plus avec les meilleurs très longtemps. Pour cela, l’Espagnol a mis toutes les chances de son côté, à commencer par ses équipiers.

L’un des leaders les mieux accompagnés

Certes, la Sky fait peur, comme toujours. Certes, la Saxo a aussi très fière allure. Mais la Movistar n’a pas grand chose à envier aux deux plus grosses formations qui se pointeront au départ de Corse. Les rôles sont établis depuis longtemps chez Eusebio Unzué, et le leader peut être satisfait de l’armada qu’on lui propose. Avec Nairo Quintana et Rui Alberto Costa comme lieutenants, il y a matière à emmener l’Espagnol assez haut sans trop d’effort. Le Colombien avait déjà aidé Alejandro sur le Tour d’Espagne en fin d’été dernier,lui étant d’une grande aide et s’avérant même être souvent le seul capable de suivre l’infernal trio ibérique qui fit la pluie et le beau temps durant trois semaines. Le retrouver à ses côtés est donc forcément une bonne chose pour Valverde, d’autant que le grimpeur de poche a encore prouvé ces derniers mois qu’il escaladait les cols comme peu d’autres dans le peloton.

Et puis il y donc le Portugais, double vainqueur du Tour de Suisse et meilleur Movistar au général l’an passé. Sûrement le moins à l’aise des trois en haute montagne, il pourra évidemment apporter un soutien non-négligeable en première partie des grands cols, voire un peu plus si la course ne s’emballe pas. Le tout réuni fait donc de Valverde un prétendant légitime au haut du classement. A quelle place, il faudra attendre pour le savoir. Mais après plusieurs échecs sur la Grande Boucle malgré des statuts différents selon les années, le poulain d’Unzué sera plus motivé que jamais pour réaliser enfin cette grosse performance dont on le sait capable suit à ses résultats de l’autre côté des Pyrénées. Le principal intéressé, sûr de sa force, est confiant : « Je me rendrai à Bembibre pour faire le point une dernière fois et aller avec de meilleures garanties sur sa forme en France. Le travail est fait, les choses doivent juste suivre leur cours. »

Robin Watt

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