Vainqueur à Milan il y a un an, Ryder Hesjedal ne rêve que d'une chose : reconquérir ce maillot rose - Photo Reuters
Vainqueur à Milan il y a un an, Ryder Hesjedal ne rêve que d’une chose : reconquérir ce maillot rose – Photo Reuters

Il n’était qu’un simple outsider au départ d’Herning l’an dernier, il a fini la course en rose. Surprenant de régularité en haute montagne et opportuniste sur le chrono milanais, Ryder Hesjedal a déjoué tous les pronostiques  pour remporter son premier grand tour à 31 ans. Et s’il se présente cette année en tant que tenant du titre, il reste néanmoins dans l’ombre de Wiggins et Nibali. Mais c’est comme ça qu’il surprend le mieux.

Tenant du titre, nouveau statut

Quand la Chronique du Vélo établissait ses pronostiques à l’aube de la 95ème édition du Giro, pas une seule fois le nom de Ryder Hesjedal  ne ressortait dans le Top 5, et c’était tout à fait justifié. Depuis sa révélation sur le Tour 2010 avec sa sixième place finale, Hesjedal n’avait pas établit de nouvelle référence sur un grand tour, et sa régularité sur trois semaines n’était pas encore prouvée. Mais au fur et à mesure que la course rose avançait, l’hypothèse de l’outsider trouble-fête est devenue de plus en plus crédible, au point qu’il devienne le grand favori à la victoire finale au soir de la 19ème étape, à la suite d’une démonstration de force sur l’Alpe di Pampeago. Opportuniste sur le chrono final dans les rues de Milan, il crucifiera Joaquin Rodriguez pour 16 petites secondes.

Venu sur la pointe des pieds, le Canadien repartait avec la victoire finale et un sentiment de maitrise totale laissée à ses adversaires. Et si une chute sur le Tour l’a coupé dans son élan vers la fin de saison, nul doute que le coureur de la Garmin-Sharp a engrangé une énorme confiance en ses capacités et provoqué peut-être le déclic, certes tardif, qui pourrait lancer sa carrière sur les courses de trois semaines. L’objectif pour cette saison fut alors très vite annoncé : conserver son titre sur le Giro.

Discret mais dans les temps

C’est donc avec son nouveau statut de vainqueur de grand tour que Hesjedal abordait ce nouvel exercice. Revenu plutôt tard à la compétition, il a effectué un début de saison très discret, se contentant de faire monter progressivement sa forme physique. Au point qu’on oubliait complètement sa présence dans les pelotons au moment où les cadors des cimes allumaient leurs premières mèches. Mais la récente semaine ardennaise est venue nous rappeler que le Canadien est un coureur qui sait parfaitement gérer sa forme et ses objectifs, montrant qu’il était totalement dans les temps en vue du départ de Naples. Après avoir travaillé pour ses leaders Martin et Danielson en Catalogne et au Pays-Basque, il s’est rassuré dans les Ardennes belges avec un courageux raid solitaire dans le final de la Doyenne suivi d’un gros travail d’équipier menant à la victoire de Dan Martin. Présent sur le Tour de Romandie pour parfaire encore sa condition, il a abandonné la veille de la grosse étape de montagne, qui proposait des conditions climatiques très difficiles, pour pouvoir souffler un peu et préserver son corps en vue de son objectif de l’année.

Lui-même le dit, la forme est meilleure cette année encore, et la préparation a été optimale. Si tel est le cas, le leader de la Garmin devrait être un acteur majeur du prochain Giro et nul doute qu’il faudra compter sur lui. Le parcours de cette année parait encore un  peu plus équilibré que celui l’an dernier avec ce fameux chrono de 55 kilomètres en fin de première semaine, qui pourrait le propulser prématurément parmi les favoris les mieux placés au général. Et avec l’effort par équipe dès le deuxième jour, nul  doute que le Canadien arrivera au pied des premières difficultés avec un avantage comptable non-négligeable sur les moins bons rouleurs. Mais bien qu’il soit tenant du titre et en meilleure forme que l’an dernier, Hesjedal est éclipsé par le très attendu duel entre Bradley Wiggins et Vincenzo Nibali. On ne parle que de ça de l’autre coté des Alpes et ce n’est pas pour déplaire au natif de Victoria, qui marche mieux lorsqu’il est dans l’ombre. Ce ne serait donc pas une surprise que de le voir tenir tête aux meilleurs sur ces trois semaines de course. Mais de là à aller chercher une nouvelle victoire, il y a un pas. Le franchira-t-il ? La question reste en suspend…

Amine Ladouani


 

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