Vainqueur du GP de Montréal ce week-end, le Slovaque ajoute une énième victoire à sa collection. Mais surtout, c’est là son huitième bouquet en seulement un mois, et ce après une longue coupure post-Tour de France. De quoi faire le plein de confiance avant le dernier grand objectif de la saison, les Mondiaux de Florence.

L’Amérique du Nord lui réussit

La dernière fois que l’on a vu Peter Sagan en Europe, c’était le 4 août dernier. Après son maillot vert acquis sur la Grande Boucle, il reprenait en Grande-Bretagne, sur la Ride London Classic. Le garçon de 23 ans ne termine pas la course et pense déjà à la suite, de l’autre côté de l’Atlantique. Direction donc les Etats-Unis, dans un premier temps. Et si le plateau de l’USA Pro Challenge n’est pas très relevé, les quatre victoires d’étapes de Sagan, dans des conditions différentes, prouvent à ceux qui en doutaient que sa pause de plus d’un mois et demi ne lui a en rien coupé les jambes. Aussi fort que lorsqu’on l’avait quitté fin juillet, il rayonne et impressionne déjà. Tout le monde le voit pas ses victoires, mais tout le monde sait qu’il les enchaîne. Et le peloton ne peut y rester indifférent.

Surtout qu’après cette jolie razzia, Sagan décide de rester en Amérique du Nord. Un programme particulier puisqu’il doit attendre quinze jours avant de recourir. Mais ce n’est pas un problème. Au Canada cette fois, sur le Tour d’Alberta, il paraît encore plus fort. Trois victoires d’étapes viennent remplir son palmarès, ainsi que le classement du meilleur sprinteur, comme ça avait aussi été le cas à l’USA Pro Challenge. Trop facile, dites-vous ? Le vainqueur du dernier Gand-Wevelgem est d’accord, et voit enfin les classiques canadiennes se profiler. Trop généreux dans le GP de Québec, il ne peut disputer le sprint honorablement. Il s’est donc rattrapé, ce dimanche, à Montréal. En solitaire, pour mettre tout le monde d’accord, le Slovaque a montré à tous qu’il était bien le patron. Et pose les bases de ce qu’il espère être un succès dans quelques semaines à Florence.

Le parcours parfait ?

Déjà l’an dernier, on imaginait Sagan se battre pour le titre mondial. On avait eu droit à une relative déception, tant on attendait d’un coureur seulement âgé de 22 ans et qui connaissait sa première saison ponctuée de grands succès. Cette année, le leader de la Cannondale a franchi un cap, a gagné ses premières classiques World Tour avec Gand-Wevelgem et le GP de Montréal. S’est aussi adjugé, presque facilement, un deuxième maillot vert sur le Tour, et a terminé deuxième de trois grosses épreuves (Milan-Sanremo, GP E3, Tour des Flandres). Le nouveau Sagan ? Difficile à dire, car contrairement à l’année dernière, on ne l’a pas vu aussi bien placé sur les Ardennaises. Vainqueur de la Flèche brabançonne, il a échoué sur l’Amstel et la Flèche wallonne – 36e et 12e. Alors, au moment de mater les Italiens chez eux, à Florence, en sera-t-il capable ? C’est là toute l’énigme des ces Championnats du Monde.

Car le parcours sélectif évincera les purs sprinteurs, et permettra à de nombreux grimpeurs de tirer leur épingle du jeu, dont Vincenzo Nibali, qui a fait de l’épreuve son grand objectif de fin de saison. Les puncheurs seront sûrement aussi présents, mais pourraient voir leurs réserves entamées dans le final. Et le cas de Sagan continue de faire parler tellement il est difficile de le classer dans une catégorie. Ces deux dernières saisons, le garçon s’est montré à la fois capable de briller sur les flandriennes comme le Tour des Flandres ou Paris Roubaix et sur les ardennaises comme l’Amstel Gold Race. Sans oublier la si spéciale Primavera et bien sûr, les sprints. Trouver plus polyvalent est difficile, et pas mal de scénarii pourraient lui convenir sur le parcours transalpin. Alors, imbattable, Peter Sagan ? C’est ce qu’il aimerait démontrer. Et on l’en croit de plus en plus capable.

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