On parlait d’une étape de transition entre Tours et Saint-Amand-Montrond. Finalement, il y aura eu énormément de mouvement et de conséquences importantes. Le tout en deux épisodes : celui de Valverde, et celui de Contador. Explictations.

Valverde perd le Tour

Omega-Pharma Quick-Step venait de lancer son coup de bordure et de lâcher la terreur Marcel Kittel, déjà triple vainqueur d’étape sur le Tour. Une aubaine pour l’équipe de Mark Cavendish, qui voyait déjà la victoire se profiler. Alejandro Valverde a alors eu la malchance de crever, sûrement au pire des moments. Malgré une équipe à sa disposition et un écart réduit à seulement douze secondes du peloton, le Murcian ne revient pas, la faute aux Belkin qui viennent aider en tête de groupe. Pour Mollema et Ten Dam, les Néerlandais roulent à bloc et prennent même plus de relais que les coéquipiers de Sylvain Chavanel. Avec en plus de ça une aide surprenante des Europcar avec notamment Jérôme Cousin, les Movistar ne peuvent rien faire, et voient même le groupe Kittel revenir sur eux après quelques kilomètres. Avec environ une minute de retard, on pense que le retour est possible tant le groupe est conséquent. Il n’en sera rien…

Malgré l’aide des Argos et des Orica, jamais Valverde ne reviendra. Les Belkin enfoncent le clou jusqu’au prochain épisode, celui des Saxo. A bloc, la tête de course creuse l’écart à la fois sur le peloton mais aussi sur le groupe du Murcian. Résigné, les protégés d’Eusebio Unzué abdiquent. A l’arrivée, le bilan est catastrophique : près de dix minutes de perdues, un Valverde qui perd évidemment sa deuxième place au général, un Costa sacrifié et une place de leader au classement par équipes qui s’envole. Il ne reste que le Colombien Nairo Quintana dans le bon groupe, qui conserve sa huitième place au général. Une très maigre consolation pour une équipe et surtout un homme qui ne s’était jamais montré aussi fort sur la Grande Boucle, et qui semblait presque capable de faire trembler Chris Froome dans les Alpes…

Contador ne l’a pas encore perdu

L’autre acteur espagnol de ce Tour n’a pas voulu abdiquer. Refusant de collaborer avec les Belkin pour distancer son compatriote, il ne s’en est toutefois plus soucié à 31 kilomètres de l’arrivée, lorsque la Saxo a décidé de mettre en route. Toute l’équipe réunie à l’avant du peloton, il a suffit de se concerter quelques secondes pour prendre la décision. Une accélération fulgurante et voilà Chris Froome distancé. Sagan et Cavendish, le futur vainqueur, sont là, tout comme les Hollandais Mollema et Ten Dam. Alberto Contador roule sans relâche, aidé par Kreuziger, Roche, Rogers, Bennati et Tosatto. L’écart se creuse ainsi doucement mais sûrement, et derrière, on ne sait trop quoi faire. Les Lotto, conscients qu’ils ne feront pas revenir Greipel, se relèvent. Froome n’a plus d’équipier et la poursuite est très désorganisée.

Finalement, c’est BMC dans un premier temps puis AG2R La Mondiale qui sauveront la mise au maillot jaune. Mais la Saxo était trop forte, et sur la ligne, ça fait 1’09’’ de reprise au grand méchant loup Christopher Froome. Assez pour dire que le Tour est relancé ? Difficile, car Valverde, sacré concurrent en montagne, n’est plus. Et Contador demeure à plus de 2’30’’ au général. Le rapproché est donc intéressant mais encore loin de mettre le Britannique en danger. Toutefois, on peut espérer, et se mettre à rêver. La Sky s’est encore une fois montrée friable, et la Saxo affreusement efficace. Les Belkin, aussi, ont prouvé qu’ils étaient capables de faire mal. Et la Movistar, même sans Valverde, peut très bien s’allier contre Froomey pour placer Quintana le plus haut possible. A l’aube des Alpes, une chose est sûre : tout est encore possible.

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