En remportant Tirreno-Adriatico, Contador emmagasine de la confiance et envoi un message à ses adversaires - Photo Tirreno
19 mars 2014
Par  Robin Watt 

Paris-Nice, Tirreno : les enseignements

Les deux épreuves d’une semaine, comme chaque année, étaient attendues. Avec des parcours et des plateaux radicalement différents, Paris-Nice et Tirreno-Adriatico nous ont offert du spectacle (ou du suspense), et la possibilité de tirer quelques enseignements importants à l’approche des grandes classiques, et à plus long terme, des grands tours.

Tirreno est bien un cran au dessus

C’est le débat depuis quelques années : Paris-Nice ou Tirreno ? Un casse-tête pour les coureurs, qui doivent choisir une épreuve de préparation en tenant compte de tous les paramètres. Mais aussi pour les observateurs, qui durant quelques jours, doivent faire un choix dans le courant de l’après-midi : quelle course regarder ? Et très clairement, cette année, il n’y a pas eu photo. A chaque fois qu’un choix était nécessaire, c’est la Course des Deux Mers qui a conquis le plus de monde. Evidemment, il y a quelques irréductibles de la Course au Soleil, mais ASO avait voulu favoriser le suspense plus que le spectacle en 2014. Du coup, pas de chrono, et même pas de montagne significative. Alors oui, le général final se joue pour quelques secondes, à coup de bonifications. Mais ce n’est pas vraiment ce qu’on espérait. De l’autre côté des Alpes, le suspense a été tué par un homme en grande forme, Alberto Contador. Mais on préfère quand même ça, car le spectacle était clairement au rendez-vous !

Contador et ses outsiders présents

C’était la grande question : quel est le niveau de l’Espagnol en 2014 ? Par rapport à la saison dernière, chez Tinkoff, on a décidé de changer beaucoup de choses dans la préparation du Tour de France. Mais quoiqu’il arrive, Tirreno-Adriatico restait un test important. Sans Chris Froome, forfait de dernière minute, le Madrilène a donc écrasé la concurrence en un week-end, d’abord sur les pentes de Cittareale, puis sur celles du Passo Lanciano, où il a pris la poudre d’escampette à 32 kilomètres de l’arrivée pour ne plus être revu. Un sacré coup de panache, rendu possible par des jambes étincelantes du Pistolero. Mais il n’est pas le seul à avoir brillé durant dix jours. Carlos Betancur, premier vainqueur colombien de Paris-Nice, et Rui Costa, qui a lutté pour le général jusqu’au bout, ont montré, sur un parcours moins exigeant, qu’ils seraient bientôt prêts pour les classiques. Enfin, un dernier Colombien, Nairo Quintana, a terminé deuxième en Italie. Parce que Contador était intouchable. Sinon, il demeure dans ses temps de passage, de bon augure pour le Giro.

Sky dans l’inconnu

Chris Froome avait dû renoncer à Tirreno-Adriatico quelques jours avant le départ, la faute à une douleur persistante au dos. Quelques jours de repos plus tard, il a repris l’entraînement, mais a loupé un test important. Lui qui avait été battu il y a un an par Nibali sur les routes transalpines n’a pas pu prendre sa revanche. Et Richie Porte, son habituel lieutenant désigné par le staff britannique dans le but de reprendre le flambeau à la dernière minute, a échoué dans sa quête. Un temps placé au général, il a abandonné à mi-course, officiellement malade. Sur l’étape phare, il n’y avait donc plus de Sky. Enfin il en restait bien un en la personne de Bradley Wiggins, mais le vainqueur du Tour 2012 a prouvé qu’il n’avait plus rien d’un coureur de courses par étapes, relégué à presque 30 minutes au terme de l’épreuve. Enfin, sur Paris-Nice, l’équipe anglaise n’a pas plus convaincu. Un temps leader, Geraint Thomas a dû abandonner au moment où Betancur lui était passé devant au général. Résultat, aucun coureur n’a la certitude d’être actuellement au niveau.

Kwiatkowski, Sagan et Cancellara prêts pour samedi

Ce week-end aura lieu la première grande classique de la saison, Milan-Sanremo. Et trois des principaux favoris se sont montrés à leur avantage cette semaine sur Tirreno-Adriatico. En effet, le Polonais d’OPQS a longtemps été leader, ne craquant que dimanche dans le Passo Lanciano. Qu’importe, il a prouvé ses facultés à tenir dans les bosses, et même à sprinter, terminant deuxième à Arezzo. Un lieu théâtre de la victoire de Peter Sagan, qui a semblé long à la détente ces dernières semaines, mais désormais lancé. Vainqueur d’étape puis troisième à Sant’Elpidio, il monte en puissance et pourrait enfin être sacré ce samedi. Toutefois, il faudra pour cela s’affranchir d’un concurrent de taille, le Suisse Cancellara. Celui qu’on ne présente plus était au départ de Donoratico dans un relatif anonymat. Au terme d’une semaine, il a accompagné les puncheurs dans le Passo Lanciano puis vers Guardiagrele, avant de prendre la deuxième place du chrono final derrière Malori. Pour lui aussi, le moment pourrait être venu de remporter la Primavera, après plusieurs années à échouer près du but.

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