Toute l'équipe OPQS, des leaders Cavendish ou Kwiatkowski jusqu'aux équipiers, ont été présents - Photo Mathilde L'Azou
5 novembre 2014
Par  Robin Watt 

OPQS au rendez-vous

La formation belge est censée être l’épouvantail du World Tour actuel, et en 2014, elle ne s’est pas défilée. Avec 62 succès sur l’année, Omega-Pharma Quick-Step domine largement le classement des victoires. Mais surtout, grâce à un effectif pléthorique, Patrick Lefevere et son staff ont pu se réjouir de succès sur les plus grandes épreuves du calendrier. Une saison réussie, une fois de plus.

Trois raisons d’être satisfaits

La confirmation de Kwiatkowski. Jusqu’à cette saison, on avait extrêmement de mal à définir le profil du Polonais. Encore brillant sur tous les types de terrain en 2014, Kwiatko semble quand même avoir fait un choix : les classiques. Puncheur de plus en plus redoutable, il a accumulé les « petits succès », comme sur les Strade Bianche ou au Challenge de Majorque, mais aussi les places d’honneur, comme sur le triptyque ardennais (5e de l’Amstel, 3e de la Flèche, 3e de Liège). Jusqu’à ces Championnats du Monde, et à cette attaque bien sentie et décisive à quelques kilomètres de l’arrivée sur le circuit de Ponferrada. Voici Michal Kwiatkowski avec le maillot arc-en-ciel, et cela vient finalement récompenser sa saison la plus aboutie depuis son passage chez les pros. En revanche, les courses par étapes ne sont pas pour lui, Tirreno, le Dauphiné et surtout la Grande Boucle en ont été des exemples assez criants.

Le Giro de Rigoberto Uran. Le Colombien n’a pas été très régulier cette saison. Pour tout dire, il n’y a même que durant le mois de mai qu’il a été au niveau attendu. Mais quel niveau ! Derrière l’intouchable Nairo Quintana, il a pris la deuxième place du Tour d’Italie sans trembler. Une performance similaire à celle de 2013, sous les couleurs de l’équipe Sky, avec cette fois encore une victoire d’étape pour parachever son grand objectif de l’année. La suite de la saison aura été plus compliquée, mais l’important était acquis. Après des années à ne briller que sur les classiques ou dans les sprints, OPQS a enfin trouvé le leader qu’il lui fallait pour se montrer à son avantage sur les courses par étapes. Si être capable de monter sur la boîte du Giro ne signifie pas être capable de gagner une épreuve de trois semaines, Uran est sur le bon chemin.

La force de frappe sur les classiques. S’il a par le passé été un habitué des doublés Ronde-Roubaix, Tom Boonen n’en est vraisemblablement plus capable. Mais cela ne semble pas être un problème tant l’équipe dispose de solutions crédibles pour le suppléer. Sur le Tour des Flandres, Stijn Vandenbergh fut un peu court (4e), au même titre que Niki Terpstra (6e), alors que Tommeke ne pouvait faire mieux que septième. Mais la semaine suivante sur Paris-Roubaix, le Néerlandais a prouvé qu’OPQS n’avait pas d’équivalent sur les pavés. L’équipe belge comptait trois hommes parmi les dix qui se jouaient la victoire, et Terpstra s’est envolé magnifiquement pour aller conquérir un succès de prestige. La preuve que Lefevere ne compte pas que sur Boonen, mais surtout que les habituels coéquipiers du Flamand ont les qualités pour jouer leur propre carte avec brio dès qu’on leur en laisse l’opportunité.

Deux raisons d’être déçus

Les résultats de Martin en chrono. Si l’Allemand se diversifie, allant chercher des bouquets sur le Tour (ou sur la Vuelta l’an dernier) lors d’étapes en ligne, il semble aussi perdre un peu de son pouvoir de domination dans l’effort solitaire. Avec « seulement » sept victoires dans l’exercice cette saison, il est en dessous de ses résultats de 2013 (dix succès) ou 2011 (neuf). Mais surtout, il a perdu le chrono qu’il était obligé de gagner : celui des Mondiaux. Qu’il aurait été beau le bilan d’OPQS avec les titres Mondiaux contre-la-montre et en ligne. Mais Martin a cédé face à Wiggins, comme face à d’autres au court de la saison. Pour peu certes, mais c’est ce qui l’empêche de décrocher un quatrième sacre mondial consécutif et d’ainsi égaler Cancellara. L’accroc de la saison.

Les succès de Mark Cavendish. La déception est forcément relative quand on évoque un homme qui compte onze bouquets au compteur en 2014, se classant en sixième position du classement des coureurs les plus prolifiques. Mais qu’il semble bien loin malgré tout le Cavendish qui pouvait remporter six étapes sur un même Tour de France, sans que l’on ne trouve cela si anormal. En 2014, le Britannique n’a décroché que deux succès en World Tour, un sur Tirreno et un autre en Suisse. Pas très glorieux. Alors bien sûr, il y a cette chute sur la première étape du Tour de France, chez lui à Harrogate. L’épaule en vrac, il ne prend pas le départ du lendemain. Qui sait s’il n’aurait pas été capable de concurrencer Kittel, de re-gagner sur les Champs après y avoir été vaincu en 2013, voire de titiller Sagan pour le maillot vert ? Mais on ne peut refaire l’histoire, et c’est incontestable : Cavendish n’a été lui-même que par moments cette saison.

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