Après l’étape du Tour d’Andalousie, Daniel Moreno s’offre une première victoire de prestige - Photo AFP
17 avril 2013
Par  Robin Watt 

Moreno, avec l’aval du patron

On savait à quoi s’attendre, et malheureusement, rien n’a été chamboulé. Une course de côte comme on en a désormais l’habitude sur la Flèche wallone, voilà ce à quoi on a eu droit. Le tout retransmis piteusement hors de la Belgique, et sacrant un habituel lieutenant. Une édition au rabais ? Peut-être pas, mais clairement, la Flèche 2013 ne rentrera pas dans les annales.

204 kilomètres soporifiques

Des échappées reprises, un peloton qui, emmené par les grosses formations, contrôle la course, deux premiers passages à Huy complètement symboliques et des leaders qui restent au chaud jusqu’au dernier kilomètre, c’est ça, la Flèche wallonne. La faute, sans aucun doute, au parcours, qui donne lieu à une course de côte. Simplement douze difficultés dans la journée, soit presque trois fois moins que sur l’Amstel Gold Race. Seulement 205 kilomètres, soit 50 de moins que sur Liège-Bastogne-Liège. Et une course disputée en milieu de semaine, soit au moment où les coureurs ont besoin de repos. Les voici peut-être, les raisons de l’ennui annuel sur la Flèche wallonne. Mais il faut le dire, cette 77e édition a sûrement battu des records. La faute, aussi, à une retransmission française indigne d’une épreuve World Tour. Qui en est le responsable ? On ne le saura jamais vraiment, mais on n’avait clairement pas l’impression de voir une épreuve importante du calendrier mondial.

Cependant, les coureurs ne le savaient pas, et auraient pu nous gratifier d’un minimum de spectacle. Que nenni, c’est seulement à 800 mètres de la ligne – et encore, c’était un peu tôt pour lui – qu’on a aperçu le maillot de champion du monde de Philippe Gilbert, avec dans sa roue les autres prétendants à la victoire. On entrait alors dans le dernier kilomètre, celui de la dernière ascension du terrible Mur de Huy ; véritablement la seule chose qui procure encore un intérêt à la course. Ses pourcentages monstrueux et presque introuvables sur les autres épreuves font son charme, et il est difficile de s’y imposer sans être à 100 %. Cependant, un mauvais placement au pied de la montée finale anéanti en quelques secondes vos chances de victoires. Aujourd’hui encore, on a eu le droit à ces cas de figure, avec un Rodriguez diminué et un Valverde mal placé. Ils termineront aux sixième et septième places.

Moreno, bienvenu dans la cour des grands

Mais cette année comme rarement, celui qui a gagné était totalement inattendu, tout simplement parce qu’il n’était pas le leader de sa formation. Pire, Joaquim Rodriguez, qu’il devait épauler, était le tenant du titre et principal favori. Enfin ça, c’était avant dimanche. Car depuis, le Catalan a chuté, et s’est retrouvé amoindri au départ de Binche ce mercredi matin. Du coup, dans l’ascension finale, Purito a laissé carte blanche à son habituel lieutenant, de grand luxe soulignons-le. Et force est de constater que le grimpeur de 31 ans a parfaitement suppléer le patron de la Katusha. Ne s’affolant pas lorsque Carlos Betancur a pris plusieurs dizaines de mètres d’avance, il a ensuite profité de l’effort de Philippe Gilbert pour revenir progressivement sur le Colombien. Avant de déborder le Belge lorsqu’il a commencé à faiblir, puis d’aller chercher le grimpeur d’AG2R La Mondiale.

Le messe était dite, Betancur totalement cuit, regardait alors passé Moreno. Equipier modèle l’an passé, il avait emmené dans un carrosse Joaquim Rodriguez. Aujourd’hui, le n°1 mondial de 2012 a rendu la pareille à son fidèle gregario. En sachant très bien que celui-ci pourrait aller chercher la victoire. Car Moreno, s’il est un second couteau, n’est pas né de la dernière pluie. Déjà huitième de la Flèche en 2011, l’Espagnol savait où il s’aventurait. D’autant plus que ses qualités de grimpeur ne sont plus à prouver après sa cinquième place sur le dernier Tour d’Espagne, l’un des plus montagneux des dernières années. Finalement, si cette victoire parait aujourd’hui surprenante, elle pourrait donc amener Daniel Moreno à s’émanciper et à sortir de son rôle d’équipier. En montrant à tous qu’il était capable de devancer Gilbert, Valverde ou Sagan sur le Mur de Huy, le Madrilène s’est offert une place sous le feu des projecteurs.

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