Sur le Tour 2012, André Greipel, accompagné de Greg Henderson, a remporté trois étapes - Photo Chronique du Vélo

Au terme d’une saison plus que mitigée, « sauvée » par un André Greipel étincelant avec 19 victoires et par la séduisante quatrième place de Jurgen Van den Broeck sur les routes du Tour, un bouleversement radical du noyau de la formation belge aurait donc été justifié. Mais pas du tout. Au contraire, la formation de Marc Sergeant ne laisse aucun élément de côté, jugeant la malchance plus responsable que l’effectif lui-même des déconvenues de 2012. C’est donc un groupe soudé par les années et bien décidé à justifier sa place dans le club très prisé des équipes World Tour qui va entrer en compétition dès le 20 janvier, lors de la Down Under Classic en Australie.

La recrue : Y’en a-t-il une ?

Dirk Bellemakers, 29 ans dans quelques jours et hommes de classiques, constitue l’unique recrue de la formation Lotto – Belisol. A côté de cela, la formation belge a enregistré en juillet dernier la signature en tant que néo-professionnel du jeune Tim Wellens, 21 ans. En optant pour ces deux seules recrues en vue de la saison 2013, Lotto a pris, on peut le dire, un certain risque… Le premier, transfuge de Landbouwkrediet, n’a connu que cette formation au cours de sa carrière. Il n’offre donc aucune garantie, et ne devrait servir que d’équipier modèle pour ses leaders. Vainqueur en 2006 de la Meeus Race Lierop et en 2008 du GP de Geraadsbergen, le Hollandais fait partie des hommes de l’ombre du peloton.

Tim Wellens, lui, laisse un peu plus d’espoirs aux fans de Lotto. Vainqueur de la Classique des Alpes Juniors en 2009, il a cette même année accumulé quelques victoires mineures, ainsi que de nombreuses places d’honneur. Malheureusement, jusqu’à 2012, on n’a plus eu trace du jeune belge. Mais le grimpeur s’est bien rattrapé avec une fin d’année très correcte : 2e de Toscane-Terre de cyclisme, 10e du Tour de l’Avenir puis de celui de Pékin, Wellens fera partie des espoirs à surveiller l’an prochain, du côté de la formation de Marc Sergeant. En revanche, pour une équipe World Tour, ce recrutement demeure famélique et assez incompréhensible compte tenu du pedrigee de la structure.

Le coureur à suivre : André Greipel

Avec 22 victoires en 2012, “Le Gorille” fait incontestablement partie de la crème des sprinteurs mondiaux. Surement le meilleur, avec Mark Cavendish. Cependant, difficile de départager les deux produits de l’ancienne T-Mobile, qui ont fait route ensemble jusqu’à 2010. Le Britannique alors trop encombrant, ne laissait que les courses de seconde zone à son aîné, et l’Allemand a souhaité partir, pour montrer ce qu’il valait. La première saison chez Lotto l’aura vu en dessous de son ennemi juré. Mais la seconde, avec 3 victoires sur le Tour de France notamment, le met au moins au même niveau que Cav’. Aujourd’hui, André Greipel connait très bien son équipe. Avec Marcel Sieberg, Jurgen Roelandts et Gregory Henderson comme rampe de lancement, le natif de Rostock peut être serein.

Cavendish va pour sa part changer de bord, encore une fois. Et même si on lui promet une équipe à sa disposition, la concurrence de Greipel sera rude. Lui aussi triple auréolé de trois étapes sur la Grande Boucle en 2012, il sera de nouveau à la bataille avec le double vainqueur du Tour Down Under cette saison. A qui l’avantage donc ? C’est l’une des questions que l’on se pose déjà. Poussés par les Kittel, Degenkolb et autres Sagan qui aspirent à leur chiper des victoires importantes, les deux monstres du sprint mondial vont avoir fort à faire. Et le meilleur des deux ne se fera pas prier pour clamer haut et fort qu’il est le maître.

Les points positifs :

– Une équipe toujours portée par André Greipel, le sprinteur le plus prolifique du peloton ces dernières années
– La complicité du groupe, qui devrait perdurer compte tenu des infimes changements qui ont eu lieu
– L’évolution linéaire de Jurgen Van den Broeck, deux fois 2e du Tour, qui visera cette fois un podium sur les Champs-Elysées
– L’envie de revanche de Jurgen Roelandts, qui n’a pu prouver réellement ce qu’il valait en 2012, la faute aux blessures

Les points négatifs :

– La concurrence toujours plus forte sur les Ardennaises, et qui sera décuplée sur le 100e Tour de France. La tâche ne sera pas aisée pour les leaders.
– Le manque de recrues pourrait peser à un moment dans la saison, face aux armadas concurrentes qui se sont renforcées
– Trois leaders qui doivent rapporter des victoires et derrière qui c’est le vide

Tom Duterme & Robin Watt

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