Après une sévère chute dans le chrono de Belfast, Dan Martin, clavicule cassée, a abandonné - Photo Jim Stokes
12 mai 2014
Par  Robin Watt 

L’Irlande leur a fait mal

Les trois première étapes de ce Tour d’Italie 2014 n’avaient sur le papier rien d’incroyablement difficiles pour les principaux leaders. Pourtant, quelques uns ont déjà perdu gros, voire tout. Le chrono par équipes inaugural est le principal responsable, mais les deux étapes suivantes, très nerveuses et disputées avec une météo difficiles, ont corsé l’addition pour certains.

Dan Martin et Ryder Hesjedal / Garmin-Sharp

Au départ de ce 97e Giro, l’équipe américaine alignait deux leaders. Un local en grande forme, tout proche de remporter un deuxième Liège-Bastogne-Liège il y a quinze jours, mais malchanceux dans le dernier virage ; et un ancien vainqueur de l’épreuve, plutôt discret depuis mais qu’il ne fallait surtout pas oublier. De quoi nourrir des ambitions légitimes avec deux cartes différentes à jouer. Sauf que tout s’est écroulé lors de la première journée de course, sur le contre-la-montre par équipes dans Belfast. L’Irlandais Martin, soutenu par un public acquis à sa cause, n’a pu éviter la chute sur une route humide et parsemée de quelques plaques d’égouts destructrices d’espoirs. D’autant que le neveu de Stephen Roche a entraîné dans son malheur Hesjedal, son coéquipier et deuxième leader des hommes de Jonathan Vaughters. Résultat : clavicule cassée et abandon pour Martin, près de 3’30’’ de concédées pour le Canadien. Les 11 secondes lâchées dans la cassure de dimanche sont alors presque anecdotiques. Hesjedal n’a pas abandonné, mais a bien dit au revoir à ses ambitions.

Daniel Moreno / Katusha

Le Madrilène venait sur ce Giro en équipier de Joaquim Rodriguez, absolument pas pour jouer sa carte  au général. Mais la Vuelta 2012, où Purito avait terminé sur le podium et Moreno juste derrière, cinquième, nous laissait l’espoir de voir les deux hommes aux avant-postes. Finalement, c’est déjà compliqué pour Rodriguez, qui a lâché beaucoup de temps sur le chrono, et c’est terminé pour Moreno, déjà pointé à plus de quatre minutes de Michael Matthews au classement général. Au moins, c’est une certitude, ses ambitions n’interféreront pas avec celles de son leader, mais Katusha a perdu un plan B qui valait de l’or. Hier, alors que la majorité des favoris concédaient 11 secondes à un groupe de 32 coureurs ayant créé une petite cassure, l’Espagnol pointant à Dublin à plus de 2’30’’. Le Tour d’Italie, cela commence à se préciser, n’est pas fait pour Moreno, qui n’y a jamais vraiment brillé malgré trois participations, toutes sous le maillot de l’équipe russe.

Pierre Rolland / Europcar

On ne savait pas trop quoi espérer pour la meilleure chance française de ce Tour d’Italie. Un top 10, un peu mieux ? Après le chrono inaugural, au moins, on sait qu’il sera très difficile de faire mieux qu’une place parmi les dix premiers. En effet, l’équipe vendéenne a concédé pas loin de deux minutes en seulement 21 kilomètres à la formation Orica-GreenEdge. Lorsqu’on y ajoute les secondes perdues sur l’étape de ce dimanche, Rolland pointe donc assez loin de la tête de course, et des hommes qui se disputeront les victoires en haute montagne. Difficile de l’imaginer combler un tel retard, surtout avec autour de lui une équipe qui paraît plutôt limitée pour l’accompagner dans les cols transalpins. Entre l’énigme Sicard et le local souvent critiqué Malacarne, cela fait assez peu. Rien à voir avec les équipes que peut aligner Jean-René Bernaudeau en juillet, sur la Grande Boucle. Peut-être le signe qu’intégrer le World Tour avec un tel effectif n’était une idée des plus lumineuses.

Igor Anton / Movistar

Le malheur du Basque ne semble plus surprendre personne. En effet, que la Movistar prenne un peu de retard sur le chrono était attendu, et finalement, les coéquipiers de Nairo Quintana ont bien limité la casse. Mais sans Igor Anton, victime d’une chute et contraint de terminer presque au ralenti. Au final, cela fait plus de quatre minutes concédées. Alors comme pour Moreno, ce n’est pas dramatique, car il ne venait pas en leader mais simplement en lieutenant de Quintana. Mais quid de sa condition désormais ? Sera-t-il a 100% pour les premières étapes de montagne pour aider son leader colombien ? Les doutes persistent, et pourtant, il nourrissait de réels espoirs sur ce Giro. Vainqueur au sommet du Zoncolan en 2011, Anton fait partie de ces purs grimpeurs capables d’exploits détonnants. On se rappelle encore de cette Vuelta 2010 qui lui était passée sous le nez à cause d’un poignet cassé. Ce Giro 2014 ne lui réussit pour l’instant pas beaucoup plus…

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