L’ouverture du calendrier belge s’est bien déroulée ce week-end, effaçant ainsi des mémoires l’édition précédente, marquée par les conditions climatiques difficiles et la suppression de Kuurne-Bruxelles-Kuurne. Après les victoires de Ian Stannard et Tom Boonen, c’est l’heure des premiers bilans. Mais attention, ce n’est pas encore l’heure des conclusions, le Tour des Flandres n’ayant lieu que dans un peu plus d’un mois. Seulement l’heure de faire le point à l’approche du printemps.

Ils étaient au top

Sep Vanmarcke : L’ancien coureur de la Garmin avait annoncé à l’agence Belga, quelques jours avant le début du Nieuwsblad être “bien, mais loin d’être prêt physiquement.” Si c’est vraiment le cas, Sep Vanmarcke en surprendra plus d’un au mois d’avril prochain. Malgré sa simple participation au Tour d’Algarve comme préparation, le coureur de Belkin a déjà semblé très affûté. Grillant la politesse à Tom Boonen sur le Taaienberg, il a prouvé avec ses coéquipiers qu’il était bien le coureur le plus costaud en ce début de mois de mars. Après sa surprenante victoire à Gand il y a deux ans, Sep Vanmarcke commence de plus en plus à s’affirmer en tant que gros outsider et la confiance engrangée ce week-end ne sera pas anodine au moment de prendre sa revanche sur le prochain Paris-Roubaix.

Omega-Pharma Quick-Step : Avec le départ de Sylvain Chavanel et la saison quasi blanche de Tom Boonen, la domination de la formation de Patrick Lefevere sur les classiques pavés était remise en cause il y a encore une semaine. Mais les critiques ont vite été balayé par ses coureurs. Emmené par son leader emblématique, le bloc OPQS est sorti renforcé d’un week-end d’ouverture rarement facile à aborder. Éclaboussant face au vent avec l’équipe Belkin sur KBK, la formation belge a offert à l’ancien champion du monde un énième record, Tommeke devenant le seul triple vainqueur de l’épreuve. Seul point noir, la défaillance de l’équipe lors des derniers kilomètres de l’Omloop. Mais cette contre-performance s’explique par les mauvaises conditions climatiques, qui ont touché une grande partie du groupe.

Topsport Vlaanderen – Baloise : Les coureurs de la Sky auraient bien entendu mérité de figurer dans cette liste, mais la performance de l’équipe dirigée par Walter Planckaert est aussi à prendre en considération. Depuis plus de 25 ans, la formation Topsport Vlaanderen a pour habitude de faire éclore les jeunes coureurs flamands, le dernier en date étant Sep Vanmarcke. Lors de l’Omloop Het Nieuwsblad, c’est le sprinteur Kenneth Vanbilsen qui s’est illustré. Vainqueur du GP de la Marseillaise cette saison, le coureur de 23 ans a longtemps fait partie du groupe de tête, avant de lâcher lors des dernières difficultés. Le lendemain, c’est Yves Lampaert qui s’est montré à son avantage, terminant à une très belle 4e place sur Kuurne. Mais outre ces deux coureurs, c’est l’ensemble de l’effectif qui a été à la hauteur, en courant intelligemment et en prouvant sa valeur. À confirmer sur Le Samyn, ce mercredi.

Ils ont déçu

Lotto – Belisol : C’est incontestablement le gros flop de ce week-end. Malheureusement comme à son habitude, l’équipe belge a encore déçu. La formation de Marc Sergeant avait pourtant tout pour briller, avec André Greipel et Jürgen Roelandts qui ont montré leur très bonne forme au Moyen-Orient ces dernières semaines. Mais les équipiers n’auront pas été à la hauteur. Absent dès les premières difficultés samedi, les coéquipiers du champion d’Allemagne auront été pathétiques le lendemain, incapable de s’organiser pour rattraper les dix hommes à l’avant de la course. Lotto-Belisol devra s’appliquer les prochaines semaines, si elle ne veut pas encore finir avec un bilan vierge de victoire au lendemain de Paris-Roubaix. Une mauvaise habitude depuis le départ de Peter Van Petegem.

BMC : À deux kilomètres de l’arrivée de l’Omloop Het Nieuwsblad, la formation américaine était en position de force pour figurer dans nos points positifs du week-end. Avec Greg Van Avermaet en embuscade pour remporter sa première classique flandrienne et Taylor Phinney en état de grâce, peu de choses auraient pu leur être reprochées . Mais la malchance a une nouvelle fois frappée. Et Greg Van Avermaet a encore une fois échoué dans sa conquête de victoire sur une grande classique. Un énième couac qui va malheureusement renforcer les doutes sur les capacités du Flandrien de l’année à remporter une épreuve digne de son talent. Derrière, ce sont les chutes qui inquiètent. Après une excellente journée samedi, Taylor Phinney a chuté dimanche, l’obligeant à abandonner. 24 heures plus tôt, c’était Thor Hushovd qui abandonnait. Même s’il n’y a apparemment pas de séquelles physiques, ces incidents accentuent les doutes au sein de l’effectif. Mieux vaut ne pas être superstitieux chez BMC.

Ils ont brillé par leur absence

Il y a encore quelques années, une grande majorité des favoris et outsiders se préparaient sur ces deux classiques d’ouverture afin peaufiner leurs automatismes. Mais ce temps est maintenant révolu. Avec l’internationalisation du cyclisme, de nombreuses équipes préfèrent partir en stage au soleil ou encore se préparer sur les classiques italiennes. L’absences des équipes Trek, Cannondale, Lampre ou encore Orica font défaut à l’organisation de ces épreuves mythiques. Avec en plus de cela, des formations qui se présentent à 7 voire 6 coureurs au départ, le tout fait un peu tâche par moments. Si ces deux classiques ne veulent pas perdre de leur intérêt, elles devront les rendre plus attractives pour les autres grosses armadas du peloton, au risque de perdre dans les année à venir une part de leur crédibilité.

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