Sur le podium de Roubaix, Sep Vanmarcke prenait place aux côtés de Fabian Cancellara - Photo Blanco Pro Cycling
Sur le podium de Roubaix, Sep Vanmarcke prenait place aux côtés de Fabian Cancellara – Photo Blanco Pro Cycling

Un séisme ou un tsunami n’aurait pas provoqué plus grand émoi. Au terme de ce printemps, le Belge est en deuil. Si l’attente avant la course d’ouverture fut presque insoutenable, la déception des plus chauvins d’entre nous au terme de la Doyenne a été bien plus douloureuse encore. Et pourtant, au bord des routes, dans un café ou simplement devant son téléviseur, il y a cru à cette victoire belge, il a même parfois vibré, avant d’enterrer ses espoirs, dans un premier temps, et puis de se rassurer en les rapportant sur la prochaine course à venir, dans un second temps. Jusqu’au jour tant redouté où il n’y eut plus de classique en vue, jusqu’au jour … des bilans. Et il est vrai, ils ne sont pas bons, ils sont même catastrophiques. Jamais, de l’ère moderne, la Belgique, terre cycliste, n’était sortie des classiques avec un tel bilan, n’ayant pour se consoler que la victoire au GP Cerami du jeune et prometteur Jonas Van Genechten.

Placés oui, gagnants non…

Mais parmi toutes ces statistiques qui font froid dans le dos, une diffère des autres et se distingue par son optimiste inhabituel en ce temps de crise : « Le 21 avril au soir, la Belgique est le troisième pays au classement UCI ». S’il est vrai que les Belges ne se sont presque jamais imposés, il est vrai aussi qu’ils étaient omniprésents sur ces classiques, tant dans le déroulement de la course que sur le podium. 7 coureurs y ont figuré lors des principales classiques durant ce début de saison, peu de nations peuvent se targuer d’une telle représentation.

De plus, certaines performances laissent présager de beaux jours pour le cyclisme du plat pays. Plus qu’une révélation, Sep Vanmarcke a véritablement confirmé qu’il serait un des hommes à suivre durant les prochaines années sur les flandriennes. En dépit d’une tristesse inconsolable sur le vélodrome de Roubaix, le Courtraisien a marqué les esprits des téléspectateurs qui le voyaient bien comme sauveur du printemps… Un autre Flamand, Jürgen Roelandts, a prouvé avec sa troisième place sur les Tour des Flandres à celui qui en doutait encore qu’il peut endosser le statut de leader sur des courses comme le Ronde. Cela dit, lorsque les bêtes à gagner de ces dernières années, Tom Boonen et Philippe Gilbert, ne sont pas à la hauteur, il manque encore un petit quelque chose aux Greg Van Avermaet et autres Stijn Vandenbergh pour décrocher un grand succès.

Enfin, la méforme de Phil et la malchance de Tommeke ne peuvent pas, à elles seules, expliquer la contre-performance des Belges. En effet, depuis plusieurs années déjà, la mondialisation ne cesse de croître dans le milieu du cyclisme. Un fléau pour certain, une bonne chose pour le cyclisme selon d’autres ; les avis divergent. Quoiqu’il en soit, avec un Irlandais qui succède à un Kazakh au palmarès de Liège-Bastogne-Liège, il est évident que la Belgique ne retrouvera jamais sa sur-domination d’avant-guerre ! Ensuite, un autre phénomène envahi également peu à peu le cyclisme : la spécialisation. De plus en plus de coureurs ne s’alignent qu’à un certain type de courses et calquent toute leur saison sur cet objectif. De ce fait, rares sont devenus les coureurs à l’effigie de Philippe Gilbert qui combinent flamandes et ardennaises. Il est donc devenu difficile pour un coureur tout terrain de rivaliser avec ceux dont la saison se joue sur une seule et même course…

Tom Duterme


 

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