Parfaitement entouré par une équipe à son service, Sagan a réalisé le coup parfait entre Montpellier et Albi - Photo ASO
Parfaitement entouré par une équipe à son service, Sagan a réalisé le coup parfait entre Montpellier et Albi – Photo ASO

65 à 0. C’est le score de ce vendredi, et il est en faveur de Peter Sagan. Le Slovaque a cumulé 65 points pour le maillot vert alors que ses concurrents, de Cavendish à Greipel en passant par Kittel et Kristoff, n’en ont pris aucun. Un coup de force réalisé par lui et son équipe, la Cannondale.

Seuls contre tous

A un peu plus de 100 kilomètres de l’arrivée se dressait devant les coureurs le col de la Croix de Mounis : l’endroit où la Cannondale avait décidé de lancer son opération. Le but ? Rouler à bloc et lâcher les rivaux de Sagan : Cavendish, Greipel et Kittel, tous déjà vainqueurs d’étapes sur ce centième Tour de France, contrairement à un Sagan trois fois deuxième… Dans la bosse, ce n’était pas bien difficile. L’équipe américaine a mis le turbo et la sélection fut impressionnante. Plusieurs minutes de perdues par beaucoup, on se disait que Sagan pouvait aller jusqu’au sprint intermédiaire et mettre vingt points dans la vue de ses concurrents pour le paletot vert. Sauf que les Cannondale ont fait bien mieux. Ils ont maintenu le rythme, se sont tous mis à plat ventre pour leur leader de 23 ans et lui ont offert bien plus qu’un simple sprint intermédiaire.

Cavendish à la rue, il a fallu que les OPQS roulent à bloc pour revenir sur le groupe Greipel, un tout petit peu moins loin. Une fois fait, tous les sprinteurs étant réunis, on a alors eu une bataille entre deux pelotons. 90 coureurs à l’avant, autant à l’arrière. Sept Cannondale qui se donnent à fond devant, des Omega, des Lotto et des Argos qui se relaient derrière. C’était donc une évidence, l’un des deux groupes allait finir par céder. Et alors qu’on pensait que ce serait les hommes en vert, ce fut finalement le second groupe. Pourtant, après le sprint de Viane, à 70 kilomètres du but, il n’y avait que deux minutes d’écart. Mais contre toutes attentes, les sept hommes roulant seuls en tête, avec une aide très sporadique des Orica-GreenEdge, ont tenu. Une poignée de main à l’arrière a signifié l’abdication. La Cannondale avait réussit son coup, Sagan sera emmené dans un fauteuil jusqu’à l’arrivée pour décrocher son premier succès sur ce Tour 2013.

Un maillot vert déjà conquis ?

Ce coup de force parfaitement réalisé est donc pleinement réussi à l’arrivée. Venue uniquement pour Sagan, la formation de Roberto Amadio ne se préoccupe pas de l’étape d’aujourd’hui dans les Pyrénées, et s’est permise de mettre tout ses hommes au service du Slovaque sans avoir à gérer pour le lendemain. A Albi, le maillot vert du dernier Tour de France a donc fait le trou dans un classement qu’il espère bien remporter une seconde fois. A la faveur de quatre podiums depuis le départ de Corse, Tourminator portait déjà le maillot de meilleur sprinteur. Mais les rivaux n’étaient pas loin. Cette fois, avec 224 points, Sagan a de la marge. Greipel est à 130 et Cavendish à 119, et le déjà septuple vainqueur d’étapes sur les grands tours est sans aucun doute le sprinteur le plus apte à franchir les bosses, et donc à aller chercher des points quand les autres serreront les dents pour entrer dans les délais.

Ce maillot qu’on lui prédisait donc avant le départ est déjà très bien accroché à ses épaules, et il est presque déjà inimaginable qu’il le perde. Son dernier défi sur cette centième Grande Boucle sera donc de gagner le maximum de victoires, et si possible d’égaler son score de l’an passé. Avec Kittel, Cavendish et Greipel, ils sont à égalité. C’étaient les quatre têtes d’affiches annoncées, ils ne déçoivent pas. Mais il va bien falloir qu’un ou deux prennent le dessus, et Sagan voudra évidemment être de ceux-là. Il en a les capacités, à lui donc de montrer que le maillot vert qu’il devrait glaner sur les Champs-Elysées n’est pas dû qu’à sa régularité et à son opportunisme. Comme à Metz l’an dernier où il avait battu à la régulière André Greipel, le Slovaque voudra réitérer ce genre de performances. Il lui reste deux semaines de course.

Robin Watt


 

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