Pour beaucoup de suiveurs et de coureurs, la démonstration de Froome au Ventoux a permis de parachever le premier succès du Britannique sur le Tour, et le suspense était plié. Mais certains coureurs ne l’entendent pas de cette oreille, en particulier les Espagnols, emmenés par Alberto Contador. Le Madrilène n’abdique pas et l’a encore montré ce mardi, sur les routes menant à Gap.

« J’ai un plan »

Voici un extrait des paroles de Contador lors de la conférence de presse donnée hier à l’occasion de la journée de repos. Comment croire l’Espagnol quand on à encore en mémoire les accélérations presque faciles de Froome sur le Ventoux ? C’est mal connaître la force de caractère du Pistolero, véritable matador des routes. Premier acte pour nous faire mentir dans le Col de Manse, à Gap. Quatre attaques successives, sur les lieux même de son coup de trafalgar de 2011, où il avait fait payer le prix fort aux frères Schleck. Des attaques qui n’ont pas fait tremblées le patron du Tour, mais qui ont lancé un message. Le col de Manse, ce n’est qu’un modeste hors d’œuvre de ce qui attend les forçats de la route dans les Alpes. Alors on peut se le demander : et si ce plan, ce n’était pas du bluff ? Et si Contador, plus habitué à gagner qu’à jouer la deuxième place sur le Tour de France, espérait encore secrètement faire basculer la hiérarchie ?

Il l’avait en tout cas réussi il y a quelques mois, sur le Tour d’Espagne. Après une offensive complètement folle sur l’étape de Fuente Dé, Contador avait repris la tête du général et endossé un maillot rouge qu’il n’avait plus quitté jusqu’à Madrid. Un coup exceptionnel qu’il espère sûrement rééditer. Alors même sur ce Tour 2013, ce n’est pas impossible, même si c’est très improbable. De l’extérieur, ces tentatives semblent vouer à l’échec, et on ignore comment le Madrilène voit les choses. Mais il tente, il attaque, sait-on jamais. Et au moins, cela nous offre un spectacle auquel on n’avait pas vraiment eu droit il y a un an, lorsque c’était Bradley Wiggins qui avant endossé le maillot jaune.

Purito, Quintana et les autres

Mais ce qui pourrait vraiment aider Contador, c’est l’aide qu’il pourrait avoir. Et à ce sujet, Joaquim Rodriguez, qui est resté discret jusque là, pourrait faire vaciller les choses : le Catalan monte en puissance. On avait déjà eu des signes dans le final du Ventoux, où il nous avait offert sa traditionnelle attaque « flamme rouge » pour reprendre du temps à quasiment tous les concurrents au podium. La condition monte. L’Espagnol l’avait déclaré lorsqu’il avait officialisé sa venue sur ce Tour, tout se jouera dans la dernière semaine. Et aujourd’hui, il n’a pas attendu la flamme rouge pour accélérer. C’est lui l’initiateur du grand essorage du jour, qui n’était pas forcément attendu pour les spécialistes. On le sait, sur le papier le coureur de la Katusha est l’un des plus redoutables grimpeurs du monde lorsqu’il est à 100%. Alors même s’il ne joue plus le maillot jaune, il n’a sûrement pas abdiqué en vue du podium à Paris.

Et puis il y a Quintana, le troisième larron. Lui aussi a des intérêts à faire exploser la course, notamment faire craquer les Belkin et pourquoi pas s’offrir un podium sur la Grande Boucle. Grimpeur hors pair, la dernière semaine lui convient au moins aussi bien qu’à Froome, Contador et Rodriguez. Alors avec l’aide d’un Alejandro Valverde transformé en équipier de très grand luxe, le Colombien pourrait lui aussi se mettre à attaquer le maillot jaune, comme il l’avait fait dans les Pyrénées alors au service de son leader. A eux trois, les deux Espagnols et le Colombien, peuvent peut-être faire changer de physionomie une course jusqu’à maintenant assez prévisible. Alors messieurs, on compte sur vous !

Kévin Busschots

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