L'équipe PDM de Gerrie Knetemann était infestée par le dopage collectif - Photo Flickr, Numerious

En l’espace de quelques jours, le monde du vélo et en particulier le cyclisme néerlandais a pris connaissance de deux nouvelles assez peu glorifiantes. Les formations emblématiques qu’étaient PDM et Rabobank étaient infestées par le dopage collectif, et ce peu importe les époques…

PDM : 7 sur 8 sur le Tour 1988

Gerrie Knetemann, Greg Lemond, Erik Breukink, Sean Kelly, Peter Van Petegen ou encore Pedro Delgado, la formation PDM a vu passer de très grands noms du cyclisme. Mais durant toute son existence, le dopage a été au cœur de la structure dirigée par Jan Gisbers. Le Tour de France 1991 aura été l’apothéose, avec l’abandon de toute l’équipe en seulement deux jours. Pas moins de cinq explications différentes seront données successivement par l’encadrement, avant les révélations du leader Erik Breukink quelques semaines plus tard.

Le dopage, évidemment, était à la source des problèmes causés au sein de la formation. Infestée par ces pratiques, l’équipe a même du se retirer du peloton un an plus tard, faute de sponsors. Mais aujourd’hui, nous en apprenons encore un peu plus sur l’organisation des PDM. Toujours sur la Grande Boucle, mais en 1988 cette fois, sept coureurs sur les huit présents étaient dopés. C’est le journal néerlandais Volkskrant qui l’a révélé ce mercredi, publiant en une les pages de carnet du soigneur de l’époque, Bertus Fok. Sur ces petits bouts de papier étaient notés les noms des coureurs et les produits qui leur étaient attribués. Inquiétant…

Les langues se délient chez Rabobank

Se basant sur une dizaine de témoignages, dont celui du repenti Thomas Dekker, le NRC Handelsblad révèle que « de 1996 à 2008, la formation Rabobank fonctionnait avec le dopage ». Les langues se sont déliées au sein de la formation néerlandaise, et notamment celle de l’actuel coureur de Garmin. Le natif de Dirkshorn a commencé sa carrière chez « Rabo » et affirme avoir eu recours au dopage durant ses quelques années au pays, entre 2005 et 2008. Par la suite contrôlé positif, il a récemment décidé d’aider les autorités antidopage en dévoilant tout ce qu’il savait.

« J’ai choisi de dire tout ce que je sais : les noms, les données, les détails, mes connaissances (concernant les pratiques dopantes), explique-t-il dans un communiqué de presse. Vu les valeurs défendues par mon équipe, Garmin, […] en tant qu’ex-dopé suspendu deux ans, et en tant que militant pour un cyclisme propre: j’annonce que je vais témoigner et coopérer pleinement avec les autorités antidopage pour aider à rendre le monde du cyclisme propre ». Puis le coureur de 28 ans a affirmé qu’il n’était pas le seul à utiliser de ces pratiques : « Il était facile d’être influencé, le dopage était monnaie courante et une façon de courir pour de nombreux coéquipiers, collègues et, donc, moi aussi. Le dopage fait partie du métier. Les transfusions sanguines, je pensais que c’était la voie du succès. Tous les grands coureurs le faisaient. » Certains ont peut-être du soucis à se faire, mais en attendant, c’est le cyclisme néerlandais qui en prend un coup.

Robin Watt

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