En 2012, après s'être imposé au Monte Termillo puis au Gavia, Joe Dombrowski a remporté le Baby Giro - Photo Girobio
En 2012, après s’être imposé au Monte Termillo puis au Gavia, Joe Dombrowski a remporté le Baby Giro – Photo Girobio

Depuis des années déjà, le Baby Giro donne lieu quelques semaines après l’épreuve élite à une prestigieuse bataille entre les meilleurs jeunes des pelotons. Venant du monde entier pour briller sur une épreuve reconnue par les équipes professionnelles, tous ces champions en devenir pourraient se retrouver orphelins durant les prochaines saisons. La faute à des moyens financiers limités…

Une épreuve mythique…

Chez les amateurs, le Girobio est l’une des épreuves phares de la saison. L’équivalent italien du Tour de l’Avenir attire chaque année de nombreux talents. Créée en 1970, la course qui a évolué pour passer de douze étapes au début à neuf aujourd’hui a vu éclore certains des plus grands champions. Ce véritable grand tour miniature a ainsi sacré Francesco Moser, Giovanni Battaglin, Marco Pantani, Gilberto Simoni ou encore Danilo di Luca, sans oublier plus récemment Carlos Betancur. Et ce n’est là qu’un échantillon du palmarès très fourni de l’épreuve, dont les vainqueurs se sont très souvent affirmés au plus haut niveau par la suite. C’est d’ailleurs ce palmarès qui a forgé la légende et la réputation de la course, attirant actuellement et malgré une organisation de plus en plus limitée financièrement les plus grands espoirs du cyclisme mondial.

Avec souvent une étape chronométrée, quelques unes de plaines pour laisser la place aux sprinteurs, eux aussi nombreux chaque années, mais surtout plusieurs journées montagneuses très difficiles – comme avec les arrivées au Monte Termillo et au Gavia l’an passé -, le parcours se révèle être très varié, faisant office d’un joli condensé du véritable Giro. Cette saison, en s’élançant dans un peu plus d’une semaine – le 7 juin -, l’épreuve peut même espérer ne pas connaître les mêmes problèmes météorologiques que la course élite, chose indispensable lorsque les coureurs ne sont là que pour une dizaine de jours. Cependant, après avoir été annulé en 1987 mais surtout plus récemment en 2005, 2007 et 2008, le Baby Giro est de nouveau en danger à cause de problèmes financiers. Le lot des courses amateurs, et même du cyclisme italien en général.

…mais orpheline de sponsors

C’est un comble ! Une si belle épreuve qui ne parvient pas à trouver de sponsors assez investis pour pouvoir organiser sereinement une belle compétition. La faute à l’amateurisme, comme le confiait dernièrement l’organisateur, Giancarlo Brocci : « Les courses amateurs ne rapportent pas d’argent. Ceux qui ont les moyens de m’aider ne le font pas parce qu’ils savent qu’ils n’en tireront pas de profits. » Un constat cru mais qui a le mérite d’être clair, et malheureusement trop véridique. Celui qui se décrit comme « un passionné de sport » et non « un entrepreneur » ne peut pas mener à bien son épreuve, au grand dam des fans et des participants. Brocci a donc beau demander de l’aide, notamment aux équipes italiennes, les réponses sont négatives. Pourtant il ne cesse de le répéter, après avoir contribué à forger des héros, il lui faut de l’aide pour pouvoir continuer.

L’épreuve 2013 est elle-même menacée après les grandes difficultés qu’a eu l’organisation à verser les primes aux vainqueurs de 2012. Cependant, Brocci et son Baby Giro ne sont pas les seuls à avoir des problèmes financiers. Dans l’élite aussi, la crise fait rage. Après l’arrêt de certains sponsors et mêmes d’équipes l’hiver dernier – avec notamment Liquigas et Acqua e Sapone -, c’est tout le cyclisme italien qui est dans le rouge. Il y a un mois et demi seulement, la Gazzetta dello Sport livrait ainsi qu’en vue des Mondiaux de Florence, il manquait encore près de trois millions d’euros. Les tifosi espèrent que la victoire de Vincenzo Nibali dimanche dernier sur la course rose permettra au cyclisme de reprendre une part importante dans le cœur des transalpins, mais rien n’est joué d’avance. La botte va mal, et ce malgré une place prépondérante dans l’histoire de notre sport…

Robin Watt


 

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