Tous serrent les dents sur les monts pavés des Flandres, à l'occasion d'un GP E3 ressemblant étrangement à ce qui se profilera lors du mythique Ronde... - Photo Belga
29 mars 2014

La répétition générale

C’est le printemps qui règne au départ du Grand Prix de l’E3, avec 15 degrés à l’ombre, pas de vent et un soleil rayonnant. Les meilleurs coureurs de classiques pouvaient donc batailler dans de très bonnes conditions, contrairement à l’hiver tardif d’une année 2013 maussade. Le parcours avait pour sa part beaucoup de points communs avec celui du Ronde, et porte bien son nom du mini tour des Flandres… la sécurité gênante en moins. En bref, ça montait et descendait pendant 210 kilomètres, et il n’y a rien de plus usant pour un coureur cycliste.

Une ambiance particulière

Les coureurs étaient tendus, la chute survenue un kilomètre après le départ en était la preuve. Cinq coureurs prennent la poudre d’escampette, dont le leader d’Europcar, en l’occurrence Jérôme Cousin. Ils étaient bien courageux pour se lancer dans de telles épopées ! Après une centaine de kilomètres parcourus sans encombre se profilait La Houppe. Cela devait être une montée normale mais non : chute collective, la radio crie et la course s’emballe littéralement. « Valpatij, valpartij  (chute, chute) », peut-on entendre. Boonen ne tombe pas mais est retardé. Il est tiré par un train Giant Shimano qui ramène sa figure de proue allemande, John Degenkolb, mais aussi une cinquantaine d’autres retardés, ayant tous pris 45 secondes dans le vent. Un effort inutile qui lui coûtera peut-être bien plus cher qu’on ne l’imagine. Cependant, d’autres profitent usent d’astuces un peu plus subtiles. En effet, aller sur place c’est aussi voir des coureurs un peu fous. Car rester accroché au technicien de la voiture à plus de 50 km/h sur des petites routes de campagne, je veux bien qu’on ne vit qu’une seule fois, mais c’est un truc de malade !

Malgré tout, tout rentrera dans l’ordre. Revenues doucement mais sûrement dans la course, les victimes de ce fait de course sont pour la plupart bien au chaud dans le peloton à l’abord du Taaienberg. Les Cancellara, Devolder et Sagan prennent les pavés à l’aise, pas besoin de la rigole pour eux ! Et Hushovd ? Loin, très loin, il craquait déjà dans le Taaien « Boonenberg », 80 kilomètres avant l’arrivée, où il prenait quelques mètres de retard sur le reste du peloton. Le champion de Norvège n’est vraiment pas en grande forme cette année, et son rêve de tutoyer enfin les sommets sur les grandes classiques semble s’éloigner pour de bon. Qu’importe, il n’y a pas le temps de s’attarder sur cet aspect. Le public, lui, attire bien plus l’attention. Et à regarder la foule présente, et on se rend compte que l’E3 est devenu une grande course, pas promue World Tour pour rien. Ma curiosité m’amène rapidement à demander à ces spectateurs comment ça ce fait qu’un vendredi, à 15 heures, ils ne travaillent pas. Quatre personnes m’ont répondu à l’unanimité, et le ton est posé. « C’est simple, pour une course comme ça, on prend congé. » Bienvenue en Flandre, mesdames et messieurs !

Il faut bien une fin, mais ce n’est que le début

Pendant que les cow-boys de la route roulent d’un endroit à un autre, que la trentaine de bus VIP passent d’un berg à un autre et que la police participe à la fête en guidant le tout dans la campagne, je me cale dans un peloton de 50 cyclistes. Franchement, ça devient dingue! Pendant que je patiente dans le Oude Kwaremont, la course s’emballe sur le Paterberg situé quatre kilomètres en amont. Boonen attaque, Terpstra aussi, Sagan, Cancellara et un invité surprise – Valverde – suivent. Cette course devient vraiment intéressante, et nous, on est complètement immergés ! Sylvain Chavanel, lui, rate le coche. Il roule fort derrière mais c’est trop tard, ils sont partis, irrémédiablement… Dans le Oude Kwaremont, Niki Terpstra, très fort en ce moment, mène la course. La suite, on la connaît. La course quitte doucement les Ardennes flamandes pour rejoindre Harelbeke, qui accueille le groupe des leaders composé de Terpstra, Sagan, Vandenbergh et Thomas. Le Slovaque est le plus rapide au sprint, tout le monde le sait. C’en est scellé. Mais comme l’a dit Cancellara, c’est maintenant que commence la vraie saison cycliste. Gent-Wevelgem, demain, est une course bien différente de part son parcours : mais l’action, elle, sera à n’en pas douter au rendez-vous. Car c’est l’heure des derniers réglages avant l’apothéose des classiques belges la semaine prochaine. Le Ronde arrive.

Maxime Hantson

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