Ce vendredi et après quelques jours de paix, la guerre a fait rage entre les différents protagonistes à la victoire finale, si tant est qu’elle est encore indécise. A l’arrivée de Saint-Amand-Montrond, Alberto Contador a été déclaré vainqueur de la bataille. Après une journée de cessé le feu, l’affrontement reprend ses droits dès demain, sur les pentes du Mont Ventoux.

Contador a repris confiance

Avec 1’09’’ de repris sur son grand adversaire Chris Froome, le Madrilène a marqué de gros points psychologiquement. Au classement, il n’est pas le mieux placé puisque le dauphin du Britannique est bien Bauke Mollema. Mais très clairement, on imagine mal quelqu’un d’autre que le leader de la Saxo mettre l’actuel maillot jaune en difficulté. Sur son terrain de prédilection, l’Espagnol a donc une nouvelle carte à jouer pour faire diminuer un peu plus l’écart qui le sépare de Froomey, actuellement de 2’45’’. Un gouffre, personne ne le conteste. Mais rien d’irréalisable pour un garçon capable de faire basculer une course annoncée perdue, comme ce fut le cas il y a quelques mois sur la Vuelta, qu’il a finalement remporté. Du coup, avant d’entamer ce qui est l’une des étapes phares de ce centième Tour de France, Alberto Contador peut se montrer un tantinet confiant. Malgré son retard, il se sait désormais capable de faire plier Froome.

Entouré par une équipe méconnaissable par rapport à celle qu’on a pu connaître sur d’autres courses, le protégé de Dave Brailsford ne peut pas vraiment compter sur ses équipiers depuis le début de la course. Si à Ax 3 Domaine, tout a parut simple, ce ne fut pas le cas le lendemain sur la deuxième étape pyrénéenne, ni ce vendredi, où esseulé, l’Anglais n’a pu que regarder le piège qui lui était tendu. Et depuis cette première étape de montagne où le Britannique a fait sensation, il n’y a bien que sur le contre-la-montre du Mont-Saint-Michel qu’il a impressionné : la seule fois où il n’avait pas besoin de ses équipiers. Contador, entouré pour sa part de solides grimpeurs, est dans une position bien plus rassurante. Suivi au classement général par Roman Kreuziger, il a de quoi se sentir en sécurité. De quoi, aussi, oser sur les pentes d’un Mont chauve qu’il est l’un des seuls à connaître.

Froome assez fort tout seul ?

Cependant, le maillot jaune déjà plusieurs fois esseulé, n’a perdu que 69 petites secondes. Un bilan plutôt bon quand on se rappelle de l’étape de dimanche dernier, où dans une très mauvaise posture il n’a pas vraiment eu à se défendre. Son équipe défaillante l’a donc handicapé en plaine mais pour la montagne, Chris Froome est toujours aussi fort, et ne craint personne. Cette dernière semaine jonchée d’arrivées au sommet, pourrait donc lui aller comme un gant. Et alors qu’on annonce des attaques à foison de ses concurrents, il pourrait finalement mettre tout le monde d’accord sur les grands cols au programme. A commencer par demain, au Ventoux. Car si le Kenyan blanc ne connaît pas très bien l’ascension, ça reste un col. Ca monte, longtemps, et semble parfaitement convenir à un garçon impressionnant de facilité il y a une semaine, lorsque déjà, l’arrivée était jugée au sommet.

Y’a-t-il donc vraiment une chance de voir Froome faiblir ? C’est la question. Est-ce que malgré une possible alliance de circonstance entre Saxo, Belkin et Movistar, l’Anglais pourrait perdre encore du temps, et laisser ses concurrents revenir sur ses talons au général ? C’est – malheureusement ? – fortement improbable. Touché dans son orgueil par sa vulnérabilité hier, on peut logiquement imaginer que le garçon de 28 ans voudra remettre les pendules à l’heure. Sur cette centième Grande Boucle, le patron c’est lui. Il voudra le rappeler à Contador, Mollema et les autres, qui devront alors s’accrocher et se montrer bien meilleurs qu’il y a une semaine pour garder la roue de Froomey. Si le leader de la Sky ne reprend pas de temps, il sera alors temps de tout mettre en œuvre pour le faire craquer en dernière semaine. On sait jamais ; à coup de batailles perdues, le Britannique pourrait finir par perdre la guerre.

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