Sagan, Cavendish, Degenkolb ? Faites vos jeux, la Primavera pourrait s'offrir à un sprinteur - Photos EFE et AFP
21 mars 2014

La chance des sprinteurs

La Primavera devait changer de visage et s’offrir enfin aux puncheurs, en échec constant depuis maintenant deux décennies sur la classique italienne. La météo en aura décidé autrement, rendant la Pompeina, nouvelle difficulté majeure du parcours, totalement impraticable. Autre ascension importante des dernières éditions, Le Manie ne sera pas non plus au programme. Dans de telles conditions, les sprinteurs, qui s’étaient résignés à laisser filer leur bien, n’auront donc aucun mal à se disputer la victoire.

– Les Favoris  

 ***** Peter Sagan : Il tourne autour depuis le début sa jeune carrière. Surpris par le revenant Ciolek l’an passé, la jeune star avait montrée ses limites après 300 kilomètres d’effort, manquant de fraîcheur dans le sprint final. Beaucoup moins dominateur que les années précédentes sur les premières courses de la saison, le Slovaque semble avoir fait le choix d’arriver en forme lors des grands rendez-vous. Gagner moins mais gagner mieux, voilà la nouvelle devise de Sagan. 

***** John Degenkolb : Véritable sprinteur de classiques, le leader de l’équipe Giant-Shimano a l’envergure et le profil pour devenir un vainqueur de Milan-Sanremo. Après la Vattenfall et Paris-Tours l’an dernier, il doit encore franchir un cap en dominant l’épreuve italienne. Son duel avec Sagan rythmera les prochaines éditions. Point important, la solidité de sa formation dans l’organisation des sprints qui contraste avec la fébrilité de Cannondale, qui laisse Sagan bien esseulé. 

**** Mark Cavendish : Passera, passera pas ? L’Express de Man, qui devait initialement faire l’impasse sur cette nouvelle version de la Primavera, fera finalement partie du jeu. Allégé, le menu reste indigeste pour un Cavendish souvent épuisé par le Poggio. Si un groupe s’extirpe comme ces trois dernières années, il n’en sera pas. Sa seule chance réside en une arrivée vraiment massive. La puissance du groupe Omega a les moyens de contenir les velléités des attaquants.

**** Michal Kwiatkowski : Le Polonais n’est pas un sprinteur, c’est vrai. Mais il est toujours présent lorsque l’emballage final approche, et après une course aussi longue, les pointes de vitesse pourraient s’équilibrer. En ajoutant ses qualités de puncheur qui devraient lui permettre de passer les bosses sans trop souffrir, il sera un homme à suivre de près.

– Les Outsiders 

*** André Greipel : Dans l’optique d’un sprint massif, le concurrent majeur de Mark Cavendish sera une nouvelle fois son éternel rival André Greipel. Multiple vainqueur au Down Under, puis en Oman, l’Allemand est en grande forme. En manque de réussite sur les sprints de Tirreno-Adriatico, Greipel n’a jamais trouvé la faille sur les grandes classiques, d’autant plus lorsqu’elles affichent un gros kilométrage. Difficile donc d’en faire un grand favori. 

*** Fabian Cancellara : Poulidor de Milan-Sanremo, le Bernois ne quitte plus le podium mais manque inévitablement le coche. Trop dominateur, trop marqué, Cancellara garde une énorme pancarte dans le dos qui l’empêche de faire la différence. Un peu lent au sprint même si les écarts se resserrent après 300 kilomètres, il devra sortir seul, en costaud, pour briser le signe indien. 

*** Luca Paolini : Comme le bon vin, l’Italien se bonifie avec le temps. De plus en plus fort malgré ses 37 printemps, Paolini est devenu par la force des choses la meilleure carte italienne, lui, l’ancien gregario de Paolo Bettini. Doté d’une pointe de vitesse intéressante, il pourra faire parler la poudre en cas d’arrivée au sein d’un groupe réduit. 

*** Daniele Bennati : Ex-grand sprinteur, l’ancien champion, qui n’a plus qu’un rôle de protecteur de leader au sein de la Saxo-Tinkoff, ne tente même plus sa chance lors des sprints massifs. Cependant, il reste capable de fulgurances sur des étapes difficiles, comme sur la 3e de Tirreno-Adriatico ou plus anciennement sur des semi-classiques comme le GP de Nobili ou le Grand Prix de Plouay. Ciolek l’a prouvé l’an dernier, un coup est toujours possible pour un sprinteur endurant et peu surveillé.

– A ne pas sous-estimer   

** Gerald Ciolek : Forcé de s’exiler dans la petite équipe MTN, Gerald Ciolek était revenu du néant pour décrocher la plus belle victoire de sa carrière en devançant les deux grands favoris lors d’un sprint d’anthologie. Revenu à un niveau décent, il avait ainsi confirmé en remportant quelques victoires ici et là. Insuffisant pour que le miracle se reproduise. 

** Fran Ventoso : Il cohabitera avec le surprenant 4e de Paris-Nice, le sprinteur hybride José Joaquin Rojas. Toutefois, Ventoso est un véritable habitué des courses italiennes et possède un certain sens de la gagne qui fait défaut à son coéquipier. Voilà pourquoi la balance penchera en sa faveur dans l’optique d’une belle performance de la Movistar. 

** Sacha Modolo : Révélé par sa 4e place de 2010, Modolo a pris son temps avant de devenir un sprinteur de très haut niveau. Pour sa première saison dans le World Tour avec Lampre-Merida, il semble avoir franchit un cap en enlevant quatre bouquets sur de belles épreuves. Un début de confirmation est attendu sur les terres de son premier exploit. 

** Tom Jelte Slagter : Homme en forme de Paris-Nice, le Néerlandais a les jambes pour porter l’estocade dans le Poggio et rallier l’arrivée en vainqueur. Dans une équipe dépourvue de sprinteurs compétitifs mais ayant les moyens de peser sur la course en lançant de grandes offensives, Slagter a toutes les cartes pour réaliser l’exploit. 

** Taylor Phinney : Revenu en force sur le groupe de costauds qui s’était disputé la victoire l’an dernier, Phinney avait marqué les esprits en prouvant qu’il était plus qu’un simple rouleur. Avec son profil à la Cancellara, il est capable de réagir à toute configuration de course pour faire jeu égal avec les meilleurs. 

* Edvald Boasson Hagen : Les années passent et les victoires se raréfient pour l’ancien grand espoir du cyclisme mondial. Totalement rentré dans le rang, Hagen embrasse un destin à la Ciolek. Milan-Sanremo est le meilleur endroit pour relancer sa carrière qui bat de l’aile. En cas de défaillance, Bernie Eisel sera toujours là pour sauver Sky d’un nouvel échec cuisant sur une grande classique. 

Mentions : Arnaud Démare, Rinaldo Nocentini, Manuel Belleti, Vincenzo Nibali, Heinrich Haussler, Simon Gerrans, Ian Stannard, Simone Ponzi, Alexander Kristoff, Bryan Coquard et Alessandro Petacchi. 

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